Si ces derniers sont dans la fleur de l'âge - pour des canotiers -, Corbin a l'expérience et Corlew la jeunesse et la vitesse. Un bon mélange pour espérer devancer deux excellents canotiers qui n'ont plus rien à prouver... sauf de démontrer qu'ils peuvent devancer le canot dans lequel se retrouve Corbin.
C'est ce que Lajoie et Triebold ont fait en 2004, en dépit d'une certaine controverse pour une bouée non contournée. La direction de la Classique leur avait cependant donné raison.
Corbin est confiant de gagner et d'inscrire son nom sur la Coupe Anne-McCormick pour une 27e fois. «Je ne m'engagerais pas dans une course si je n'avais pas la certitude que mon partenaire et moi avons de bonnes chances de la gagner», disait Corbin, à l'entraînement hier après-midi.
Corlew est tout aussi confiant que son célèbre partenaire. «Nous sommes ici, Serge et moi, pour gagner cette course. Même si nous savons que ça risque d'être difficile face à des adversaires coriaces. Steve (Lajoie) et Andrew (Triebold) ont peut-être l'avantage sur nous de ne pas avoir interrompu leur association ces trois dernières années. J'ai constaté que Serge paraissait en bonne condition physique et je le suis aussi moi-même. Nous allons être dans le coup, c'est certain», racontait Corlew.
Lorsque Corbin a inscrit sa 26e victoire à la Classique, et Corlew sa première, Lajoie et Triebold n'y étaient pas. Le premier avait alors pris du recul, alors que Triebold, après s'être présenté à Shawinigan à quelques jours de l'événement, était retourné d'urgence à la maison laissant son partenaire Matt Rimer tout seul.
Le dernier affrontement entre les duos Corbin-Corlew et Lajoie-Triebold remonte à l'épreuve de Boston en 2007, et les premiers l'avaient remporté.
Vieille blessure guérie
Absent de la Classique ces deux dernières années, Serge Corbin a eu le temps de guérir une vieille blessure à un pied.
«J'avais tellement mal que je ne pouvais plus faire de la course à pied. On sait que c'est important en canot car il y a les portages qui peuvent faire une différence dans une course. Et puis, mon partenaire Jeff Kolka avait mal à un genou. Lors des portages, nous étions désavantagés. Là, je ne peux plus me plaindre de mon pied, ni quand je suis dans le canot. Le seul facteur qui joue maintenant contre moi c'est l'âge», a confié Corbin dans un éclat de rire.
Disons qu'à ce chapitre, on peut croire que Lajoie et Triebold ont, à 34 ans, un léger avantage sur Corbin, à 53 ans.
«La course à pied c'est une chose, mais il faut aussi être rapide sur l'eau. Si Steve (Lajoie) et Andrew (Triebold) ont la même vitesse sur l'eau qu'ils avaient avant, alors Steve (Corlew) et moi avons des chances. S'ils ont pris de la rapidité, alors là je sais que la lutte sera plus intense», expliquait le Roi de la rivière Saint-Maurice.
Celui-ci reste une référence dans le monde du canot long-parcours. Il l'est pour son partenaire Steve Corlew. «Serge m'a appris et m'apprend encore beaucoup de choses. Je l'écoute constamment. Il est un bon professeur», disait Corlew.
Et lui, l'Américain de 29 ans, est-il un bon élève? «Je pense que oui», a-t-il répondu, avec un large sourire.
Ça promet pour la Classique, surtout que Lajoie et Triebold afficheront aussi beaucoup de confiance...











