Le propriétaire de la Ferme du Domaine et du Marché Saint-Michel, route 157, à l'entrée de la Ville, est sociologue de formation. Devenu agriculteur par passion et par amour de la nature et des grands espaces, il met dès lors à profit son sens inné des affaires. Il se démarque à un point tel dans sa communauté, à ce chapitre, que l'Association montréalaise des gens d'affaires et de profession de race noire lui remet le prestigieux prix Jackie-Robinson, faisant ainsi de lui l'homme d'affaires de l'année en 2004.
C'est que l'influence de Jean-Yves Renel déborde du monde de l'agriculture. En 1997, en effet, il décide d'aménager une partie de sa ferme en camp de vacances pour les enfants de la Martinique en collaboration avec sa fille, Chloé.
«En général, la plupart des Martiniquais vont du côté de l'Europe et depuis quelques années, il s'est développé un intérêt pour le Canada, en particulier pour la campagne, les grands espaces, la verdure. La Martinique est une toute petite île à peu près grande comme l'île de Montréal. Ils ont donc envie de respirer, de voir les grands espaces. C'est un petit peu dans ce cadre que les choses se sont développées», raconte-t-il.
«On a accueilli jusqu'à 60 enfants, mais en moyenne, c'était entre 35 et 40 enfants (par été)», dit-il.
«On a commencé à offrir des activités de découverte de la flore et de la faune, du vélo tout terrain, de l'exploration, de l'équitation, parce qu'on a un ranch à côté. Il y a un lac où ils peuvent se baigner. Il y a toute une dimension pédagogique rattachée à ça. Nous voulions qu'ils sortent de cette expérience avec un minimum d'acquis. Ça veut dire sensibiliser les enfants à la réalité du monde rural. C'est un monde qui se développe très rapidement, mais en même temps qui souffre de beaucoup de préjugés et il y a une désertification des régions qui se fait. La tendance forte, c'est que les jeunes vont vers la ville dans des métiers autres que l'agriculture. L'idée, c'était donc d'inoculer aux enfants cette idée du caractère vital qu'a le monde agricole», explique Jean-Yves Renel.
La Ferme du Domaine n'a cessé toutefois de se développer depuis 1997 et nécessite aujourd'hui l'embauche de personnel supplémentaire. Entre 20 et 45 personnes travaillent à la ferme car non seulement on y produit des poireaux, mais on en importe et on les emballe pour le marché québécois. Plusieurs travailleurs étrangers viennent y travailler. Le dortoir des camps de vacances sert donc maintenant à accueillir ces travailleurs.
Cette année, la Ferme du Domaine ouvrira son activité de camp de vacances aux familles, tant des autres pays que du Québec et s'affaire à aménager son ranch pour recevoir les visiteurs. Un premier groupe de 25 personnes est attendu en juillet. «L'idée des enfants est centrale», insiste M. Renel. Afin de compléter son offre touristique, ce dernier a effectué des démarches auprès du Parc de l'île Melville avec qui il amorce un partenariat.
Les visiteurs partiront ainsi à la découverte de la Mauricie, au cours de leur séjour. En plus de vivre au rythme de la ferme, ils seront invités à découvrir des attraits comme le Parc national de la Mauricie, l'île Saint-Quentin, les oeuvres d'Ozias Leduc et la Cité de l'énergie.
«On ne veut pas devenir une auberge. On est une ferme avant tout», rappelle M. Renel, «d'où le partenariat avec l'île Melville», explique-t-il.
Jean-Yves Renel avoue qu'il est guidé, dans sa vaste entreprise, par un idéal sociologique. «Un des aspects de cet idéal sociologique, c'est de dire à la société québécoise que les gens qui arrivent ici sont là pour travailler à développer le Québec», dit-il.











