Amputée mais déterminée comme pas une

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Amputée mais déterminée comme pas une

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Catherine Ménard-Hamelin

Photo: Stéphane Lessard

Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Catherine Ménard-Hamelin est une vainqueur. Amputée du bras gauche, jusqu'au dessus du coude, cette jeune femme de 21 ans ne connaît pas le mot inaction.

«Pour moi, ça n'a jamais été grave d'avoir un seul bras. Oui, je suis différente mais j'arrive quand même à tout faire. Différemment», explique celle qui, avec l'aide de différentes prothèses, peut jouer au billard, faire de la couture, éplucher des pommes de terre ou s'adonner à sa nouvelle passion, la photographie.

 

Originaire de Shawinigan, notre Tête d'affiche avait à peine un an lorsqu'elle et ses parents, Aline Ménard et Normand Hamelin, ont joint les Amputés de guerre du Canada, une association qui vise l'entraide entre personnes amputées, jeunes et moins jeunes. Catherine se souvient que très jeune, elle a aimé se retrouver avec d'autres enfants à qui il manquait également un membre. Dans son cas, l'amputation est congénitale.

«C'est difficile à expliquer mais à l'association, on vit les mêmes choses. Nous sommes comme une grande famille. Les liens sont tissés serrés», décrit-elle avec enthousiasme. Deuxième d'une famille de trois enfants, Catherine a rapidement eu l'impression, en se joignant aux Amputés de guerre, de vivre des expériences valorisantes avec des personnes uniques dont plusieurs, souligne-t-elle, sont devenues de véritables amis.

«J'y ai rencontré des gens que je n'aurais jamais connus sinon», dit-elle en parlant des jeunes amputés de son entourage comme des personnes qui sourient à la vie, peu importe les embûches rencontrées.

Dès l'âge de 12 ou 13 ans, Catherine a souhaité devenir conseillère junior auprès des plus jeunes de l'association. «J'ai eu envie de rendre ce qui m'a été donné», dit-elle simplement avant d'ajouter qu'annuellement, l'organisme des Amputés de guerre présente des séminaires à l'intention des enfants et de leurs familles.

Depuis quelques années, sa mère y joue aussi un rôle important, celui de «Mères solidaires», un programme de soutien pour les parents d'enfants amputés. Catherine explique que leurs témoignages peuvent se faire rassurants et réconfortants pour ceux et celles qui sont également appelés à vivre avec l'handicap de leur fille ou de leur garçon.

Catherine est reconnaissante envers ses parents qui n'ont jamais cherché à la surprotéger. Au contraire, ils lui ont appris à prendre sa place, malgré sa différence, quitte à devoir se montrer plus patiente devant l'obstacle.

Catherine n'était qu'une enfant lorsqu'elle a exprimé le souhait de devenir une conseillère junior au sein de l'organisme. Elle voulait sans doute imiter cet adolescent, également amputé, qui avait profité d'un séminaire annuel pour l'encourager à apprendre à attacher toute seule ses lacets de souliers, un défi de taille lorsqu'on a 5 ans, une main et une prothèse pour manipuler le tout.

«Les conseillers juniors jouent un rôle de modèle pour les enfants amputés» résume Catherine qui est très fière d'être à son tour un exemple à suivre, une leader. Adepte de la planche à neige, musicienne à ses heures, elle avoue que la persévérance fait partie de son quotidien.

Diplômée du programme techniques d'éducation à l'enfance du Collège Shawinigan, Catherine revient d'un séjour de quelques mois à London, en Ontario, où elle a travaillé dans une garderie, auprès de jeunes enfants, voire des bébés encore aux couches. Ici aussi, elle n'a pas hésité à relever le défi, malgré le fait qu'elle n'a qu'un seul bras pour s'occuper des bambins. Une fois de plus, la jeune femme a fait la preuve que malgré son handicap, elle arrive à développer des techniques de travail tout aussi efficaces.

L'automne prochain, Catherine poursuivra ses études au Collège Laflèche, cette fois, en éducation spécialisée. Elle veut élargir son champ d'expérience auprès des personnes âgées ou déficientes.

«Je suis une fille active. J'ai besoin de travailler dans un milieu où je peux intervenir auprès des gens», dit celle qui espère qu'une fois son deuxième diplôme en main, un employeur voudra lui donner sa chance de prouver qu'une personne amputée est riche de détermination et a beaucoup à offrir.

Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'émission matinale CHEZ NOUS LE MATIN animée par Jean-Sébastien Bernatchez au 96,5 FM, entre 6h et 9h, ainsi que le reportage présenté par Nancy Sabourin au TÉLÉJOURNAL MAURICIE, à 18 h.

 

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