Conjuguer passion et bénévolat

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Joël Saint-Pierre

Photo: Andréanne Lemire

Serge L'Heureux
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) N'attendez pas de lui de grands discours, de déclarations fracassantes ou de sorties à l'emporte-pièce sur la place publique. Joël Saint-Pierre est davantage un homme de l'ombre, d'où il se sent le plus à l'aise pour diriger l'organisation du Grand Prix de Trois-Rivières, qu'il préside depuis cinq ans.

«Je ne suis pas le gars des grands discours, assure-t-il. J'aime mieux écouter, observer puis prendre des décisions à l'aide de mon équipe.»

Même à la tête d'un événement largement médiatisé comme le Grand Prix de Trois-Rivières, il trouve toujours le moyen de laisser l'avant-scène à d'autres, au point que la brièveté de ses discours publiques est devenue légendaire dans le milieu. «Tu ne vas pas là dans le but de te faire connaître, mais par amour du sport», croit-il.

Cette passion pour les voitures et le sport automobile a été cultivée très tôt chez lui. «Depuis ma tendre enfance!, sourit-il. Mon père m'assoyait sur ses genoux pour conduire l'auto sur les chemins de campagne quand j'étais tout petit. C'est de là qu'est partie l'amour de l'auto et du sport.» Le goût du bénévolat est venu avec.

«Ça vient de l'éducation de nos parents, c'est en-dedans de chacun de nous de s'impliquer dans la société. Et tant qu'à s'impliquer, autant que ce soit dans quelque chose qu'on aime!».

D'abord auprès du défunt Trois-Rivières Auto Club (TRAC), puis du Club Autosport Mauricien (CAM), l'ancêtre du Grand Prix actuel, M. Saint-Pierre a développé, dès les années 60, cet intérêt pour le sport automobile, qui l'a mené à s'impliquer dans l'organisation du Grand Prix.

«Au début, je m'occupais du montage des estrades avant la course, puis du démontage, après. Comme ça, j'étais libre durant le week-end: ça me permettait de voir les courses!». Il s'est ensuite occupé de la signalisation, avant de prendre une pause de quelques années, le temps de s'occuper de son entreprise, Maurecon.

Le portrait a changé en 2004. À l'instigation du maire Yves Lévesque, Joël Saint-Pierre a recruté d'autres passionnés pour relancer l'événement, dont il a accepté la présidence pour l'édition 2005.

«En 2004 et 2005, c'était quasiment du bénévolat à temps plein, parce qu'il fallait tout rebâtir à partir de rien, raconte-t-il. Mais depuis l'embauche d'un directeur général (François Bordeleau), ça allège beaucoup ma tâche.»

M. Saint-Pierre en est à sa cinquième année comme président, un rôle qu'il compte assumer pour quelques années encore. «On rencontre toujours quelque chose de nouveau, un petit défi qui fait une motivation qui t'aide à continuer dans ça. Quand on voit les retombées économiques que ça apporte en ville, ça donne la satisfaction du devoir accompli, sans compter que, au fil des ans, je me suis fait un groupe d'amis à l'intérieur de ces associations-là.»

Ces contacts lui ont servi, récemment, pour une toute autre cause, celle de Moisson Mauricie. «Quand j'ai reçu l'Ordre de Lavérendrye, en novembre dernier, l'abbé Jean Hamel m'a demandé d'accepter la présidence d'honneur d'un déjeuner pour amasser des fonds, raconte-t-il. L'objectif était de 15 000 $. J'ai fait plusieurs téléphones et nous avons finalement recueilli 55 000 $. Mettons que mes contacts du Grand Prix m'ont servi!».

Loin du milieu de la course automobile, où l'argent coule à flots, M. Saint-Pierre a découvert un autre monde chez Moisson Mauricie.

«C'est un milieu bien différent. Ce qui est touchant, ce sont les enfants qui vont à l'école et qui ont besoin de manger.» Cette première implication auprès de l'organisme lui a donné le goût d'y revenir. «C'était censé être une seule activité, mais c'est certain que je vais retourner aider. C'est une façon de remettre à la société ce qu'elle a bien voulu m'accorder», conclut-il.

 

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