On pourrait les dire passionnés, mais le mot ne décrit pas avec exactitude la relation qui lie Réal Lajoie et Carole Béliveau au baseball. On est plus près de la réalité en évoquant la relation qui unit le musicien et la musique, ou le marathonien à la course à pied: un lien omniprésent, permanent, indélébile, qui permet de réaliser de grandes choses.
Et des grandes choses, ils en ont réalisé. Sous leur impulsion ou avec leur collaboration, le stade Fernand-Bédard a été le théâtre de quatre championnats canadiens, quatre matchs des étoiles de la LBSÉQ, d'une multitude de championnats provinciaux et même d'un Championnat mondial. Grâce à leur travail, l'élite internationale junior pourrait à nouveau se donner rendez-vous ici en 2012, et les meilleurs canadiens devraient être de retour dès la saison prochaine.
Bref, le couple a fait de Trois-Rivières un chef de file qui rayonne à travers le pays et dont Baseball Québec et Baseball Canada chantent les louanges.
Depuis Fernand Bédard
Leur histoire d'amour avec ce sport typiquement américain date des années 70, alors que Lajoie avait une douzaine d'années.
«J'ai presque grandi dans le stade. À l'âge de 12 ans, je cirais des souliers dans la ligue Eastern», se souvient-il. «C'est Fernand Bédard qui m'avait emmené. Il a été comme un deuxième père pour moi. Il m'a toujours fait confiance», raconte celui qui a grimpé tranquillement les échelons dans l'organisation des Aigles à partir de là. Il devient directeur de la promotion lors de la saison 94-95, puis président de l'organisation en 96, poste qu'il occupe encore aujourd'hui.
«Jamais je n'aurais pensé devenir président un jour. J'avais de la misère en public et je ne me voyais pas très bien dans cette fonction», se remémore-t-il.
Entre-temps, en 1987, Carole Béliveau entre dans sa vie et les deux réalisent vite que la même passion les anime ? ils se sont d'ailleurs rencontrés, vous l'aurez deviné, sur un terrain de balle. Lajoie invite alors sa nouvelle compagne à venir donner un coup de main au stade, derrière le bar.
«On gagnait 5 cents par bière vendue, plus le pourboire. À ma première soirée, j'ai vendu une seule bière et j'ai fait 5 cents de paye. Ils ont eu pitié de moi et m'ont donné 2 $», raconte Béliveau en riant.
Ce maigre butin ne l'empêche heureusement pas de poursuivre son aventure avec les Aigles, et un peu à l'image de son conjoint, elle occupe plusieurs postes ? dont l'admission, son coup de coeur ? avant de grimper jusqu'à celui de vice-président. Lors du dernier Championnat canadien de cette année, c'est elle qui a assumé la présidence de l'événement. Une première: jamais une femme n'avait occupé un tel poste au pays.
«On ne compte pas les heures»
L'été, Lajoie et Béliveau passent une quarantaine d'heures au stade Fernand-Bédard. C'est beaucoup? Monsieur travaille aussi chez Plante Sports et pour les Patriotes de l'UQTR, en plus de s'impliquer auprès du hockey mineur et au tournoi bantam de Trois-Rivières, entre autres. Madame travaille au CSAD, s'implique au Salon des métiers d'arts, auprès des Patriotes et devrait bientôt obtenir un diplôme universitaire.
Le truc, pour concilier tout ça? «C'est de la pure passion», explique Béliveau.
«Et une chance qu'on a les mêmes implications, parce que je paierais probablement une pension», rigole Lajoie.
«C'est cliché à dire, mais notre paie, c'est quand les gens nous disent qu'on fait du bon travail. Parfois, des gens que je ne connais pas m'arrêtent à l'épicerie ou au magasin et me disent: ?c'est vous, le monsieur du baseball? Belle saison, félicitations?. Ça, ça fait plaisir».
Les hommages qu'ils ont reçu au cours des dernières années également: événement de l'année (pour le Championnat canadien) en 2004 et bénévole de l'année en 2005 au gala Sport-Hommage Mauricie, puis, plus récemment, événement de l'année de Baseball Québec pour le Championnat canadien de 2009.
Le couple n'a pas l'intention de s'arrêter là, surtout que la relève se pointe le bout du nez. Leur fils, Frédéric, a évolué pour les Aigles au cours des dernières saisons et c'est lui qui a bouclé le financement du Championnat canadien.
«Il a décidé de ne pas jouer cette année pour s'occuper davantage de gérance. Il adore ça».
Tels parents, tel fils.











