Fin du projet de condos au lac des Piles

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Fin du projet de condos au lac des Piles

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La cueillette de données pour vérifier la capacité des terrains à accueillir un immeuble à condos avait inquiété plusieurs résidents au lac des Piles.

Photo: Stéphane Lessard

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La Ville de Shawinigan ne modifiera finalement pas le zonage du terrain autrefois occupé par l'hôtel Bella Vista, au lac des Piles, pour permettre à un promoteur d'y aménager des immeubles à condominiums.

La mairesse, Lise Landry, confirme que cette décision a été prise en comité privé la semaine dernière. Les résidents du secteur peuvent donc pousser un soupir de soulagement... pour le moment. Car jusqu'à preuve du contraire, cet engagement ne vaut que pour ce projet spécifique, proposé par Gestion immobilière Normanville de Trois-Rivières.

 

Rappelons que lors de la séance régulière du 8 juin, Robert Deschamps, ex-député adéquiste de Saint-Maurice et candidat à la mairie de Shawinigan, avait questionné le conseil municipal à propos des manoeuvres effectuées sur ce terrain situé tout près de son domicile. Ses interrogations avaient semblé prendre les élus par surprise, y compris le conseiller du district 1, Sylvain Trudel, aucunement au courant que des tests de sols étaient effectués par un promoteur.

Le terrain en question avait été acquis par l'ex-Ville de Grand-Mère, notamment pour assurer une zone de protection à cette source d'eau potable. M. Deschamps ne comprenait pas que l'administration municipale laisse miroiter des possibilités de développement à un promoteur, compte tenu de l'importance stratégique de ce boisé.

L'Association des résidents du lac des Piles avait aussi communiqué son inquiétude à l'hôtel de ville. Son président, Patrice Trudel, avait envoyé une lettre à la mairesse dès le 12 juin pour partager ses appréhensions.

Visiblement, ces préoccupations ont été entendues. Mais nul ne connaît l'avenir, laisse entendre Mme Landry.

«Dans le zonage permis, c'est résidentiel», rappelle-t-elle. «C'est sûr que de grosses maisons peuvent se construire à cet endroit. Mais le conseil municipal a décidé de ne pas aller de l'avant pour un changement de zonage qui permettrait la construction de multi-logements. Par contre, d'autres personnes pourraient être intéressées à se construire au même endroit. Nous maintenons simplement le zonage résidentiel.»

Curieusement, Jean-François Corbeil, président de Gestion immobilière Normanville, attendait toujours la décision du conseil municipal lorsque Le Nouvelliste lui a appris qu'aucun changement de zonage ne serait effectué pour accommoder son projet.

«Ça aurait été le fun d'être mis au courant!», lance-t-il. «Je m'aperçois que ça va pas mal mieux travailler à Trois-Rivières qu'à Shawinigan!»

«Que voulez-vous qu'on fasse», reprend-il. «Évidemment, ça change le projet. Mais j'ai une promesse d'achat qui demeure valide avec la Ville. Il existe déjà un zonage résidentiel. C'est un terrain de 100 000 pieds carrés; on pourrait y construire deux ou trois maisons. On voyait le dossier s'en venir et nous avions un plan B. Ça reste un beau terrain. Il reste à voir ce que nous ferons avec les autres options.»

 

Trudel s'opposera bec et ongles

Ne comptez pas sur Sylvain Trudel pour accepter que la Ville cède un terrain voué à la protection du lac des Piles pour y faire du développement résidentiel, peu importe la forme. Le conseiller du district 1 doute que Gestion immobilière Normanville possède une promesse d'achat sur le terrain qui était visé par un projet de condos. Le président de cette firme, Jean-François Corbeil, souligne pourtant qu'il songe à modifier ses plans pour y construire des maisons unifamiliales.

«Je n'ai jamais entendu parler d'offre d'achat», assure le conseiller. «Présentement, le projet est avorté et mon intention n'est pas de vendre ce terrain ni à des fins de logements multiples, ni à des fins de résidences unifamiliales. Pourquoi faudrait-il absolument vendre ce terrain? Est-ce nécessaire pour boucler notre budget de 62 millions $?»

«Ce terrain est situé à proximité d'une prise d'eau», rappelle le conseiller. «On veut garder un cachet bucolique au lac des Piles. Je vais m'opposer bec et ongles à un projet de construction résidentiel ou à logements multiples à cet endroit.»

Voilà le genre d'engagement que recherche Robert Deschamps, plus ou moins rassuré par la décision de la Ville de ne pas modifier le zonage du secteur visé.

«C'est un voeu pieux», déplore-t-il. «La Ville créerait un précédent en vendant un terrain acheté pour la protection de la réserve d'eau potable de Grand-Mère. Ça va créer un effet d'entraînement! Moi, je demande une résolution de la Ville de garder les terrains intacts, sans construction, comme Grand-Mère le souhaitait.»

Patrice Trudel, président de l'Association des résidents du lac des Piles, partage cette opinion.

«Je déteste les demi-vérités», commente-t-il. «Comme association, on peut difficilement s'offusquer de voir des constructions unifamiliales, étant donné qu'il y en a tout le tour du lac. Mais si ça se rendait à l'île du lac des Piles, ça deviendrait un peu plus délicat. Ça ouvre la porte à un paquet de scénarios. On reviendrait en arrière!»

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