La Ville de Shawinigan vient de publier un avis public dans lequel elle explique comment les citoyens des onze territoires concernés pourront s'élever contre le changement de zonage proposé, qui permettrait l'exploitation d'une nouvelle sablière dans ce secteur.
Il s'agit d'un dossier qui a soulevé bien des passions dans la salle du conseil municipal depuis le début de l'année. La pression des citoyens a déjà convaincu les élus d'abandonner ce projet à deux reprises.
Mais le promoteur, Excavation RMG, est revenu à la charge avec un plan modifié, au printemps, provoquant ainsi la reprise du processus de consultation.
Pour l'homme d'affaires René Ricard, il s'agit d'une question de survie de son entreprise puisque sa sablière, située dans le même secteur, arrive au bout de son exploitation.
Cette fois, le conseil municipal est donc bien décidé à laisser les citoyens trancher la question.
«Nous avons une pétition pour la sablière, une autre contre la sablière et certains noms se retrouvent sur les deux!», rappelait la mairesse, Lise Landry, lors de la dernière séance publique régulière. «On fait quoi dans ces conditions? Nous avons décidé d'aller au bout du processus.»
Le conseiller du district 7, Steve Martin, considère également qu'un «vote démocratique, sans pression» demeure la meilleure avenue pour régler ce dossier.
Par contre, le processus de contestation prévu dans la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme s'avère complexe.
Dans les zones concernées, soit celle où le projet est prévu et les zones contiguës, les opposants doivent d'abord déposer une demande de tenue de registre, avec un certain nombre de signatures en appui. Cette obligation doit être remplie d'ici au 3 septembre.
Quand la demande est jugée recevable, une tenue de registre est organisée. Si un nombre suffisant de signatures est recueilli, un scrutin référendaire suivra pour trancher la question. À tout moment, le conseil municipal peut intervenir pour interrompre le processus et abandonner le projet.
Pas d'orientation
Les opposants dénoncent que le conseil municipal ne possède pas une vision claire en ce qui concerne le développement de ce secteur, où se côtoient des entreprises et des résidences.
Lors de cette assemblée publique, ils ne se sont pas gênés pour relever les contradictions des élus, qui ont adopté un plan de développement stratégique vantant la qualité de vie à Shawinigan.
Dans ce contexte, ils ne comprennent pas pourquoi le conseil municipal donne autant de chances au promoteur. M. Ricard assistait au débat, mais il n'est pas intervenu.
«Je travaille dans une école et il y a des règlements à suivre», soumettait une dame pendant la période de questions. «Quand un petit garçon n'est pas content, on ne change pas les règlements pour lui!»
Richard Dontigny, un opposant de la première heure, a directement interpellé les élus.
«À part Gilles Marchand, qui connaît ça les sablières, autour de la table?», a-t-il questionné. «Vous avez tous voté en faveur du projet de règlement, mais connaissez-vous vraiment ça?»
Lors de la même séance, un comité a été formé pour modifier le schéma d'aménagement de l'ex-MRC du Centre-de-la-Mauricie. Cette dernière prévoyait protection de 600 mètres pour permettre l'exploitation d'une sablière. Or, pour la réalisation du projet de M. Ricard, cette zone tampon doit passer à 150 mètres.
«Si on vous disait qu'une sablière s'établissait à 150 mètres d'une maison, seriez-vous intéressé à l'acheter?», a demandé Steve Dontigny aux élus. «Vous êtes tous en faveur du règlement, mais personne ne voudrait de cette maison? Je n'y comprends rien, ce n'est pas logique!»










