Appuyé par Ottawa, le gouvernement du Québec s'engage à payer 75 % des travaux admissibles à ce vaste chantier. Il s'agirait d'une subvention de 58 millions$, selon les dernières estimations du projet qui s'élèvent à 87,1 millions $.
Sur ce montant, les coûts admissibles aux programmes de subventions s'arrêtent à 78 millions $.
La Ville de Shawinigan, qui souhaitait obtenir 95 % du coût total des travaux, se fait tirer l'oreille, peu intéressée à ajouter 30 millions $ sur sa dette.
Le dossier serattu entre les élus en séance privée, lundi. En attendant, les candidats à la mairie ont exprimé comment ils voyaient l'avenir de ce dossier.
Michel Angers veut que ça bouge
La Ville de Shawinigan a déjà assez perdu de temps pour évaluer les pour et les contre d'une subvention qui ne satisfait pas entièrement ses attentes, croit Michel Angers.
«Il faut passer à l'action le plus rapidement possible», opine-t-il. «Je trouve dommage de voir le manque de communication entre la Ville de Shawinigan et le gouvernement du Québec sur un dossier aussi important que celui de l'eau potable.»
M. Angers comprend la stratégie du conseil municipal, qui souhaitait obtenir 95 % des coûts totaux de cet investissement de près de 90 millions $. Mais à un moment donné, il faut se faire une raison.
«Je comprends que la Ville tente de négocier la meilleure subvention. Mais plus on retarde le début des travaux, plus il faudra payer une facture plus importante que les 87 millions $ déjà annoncés.»
«Il faut donc inviter les deux paliers de gouvernement à s'asseoir le plus rapidement possible et à terminer cette négociation.»
Ce candidat à la mairie considère qu'il ne faut pas détourner l'attention de la population en proposant des solutions miracles qui permettraient de conserver les sources actuelles, soit les lacs des Piles et La Pêche.
«On n'a pas le choix», rappelle-t-il. «Ce n'est pas un caprice de la Ville. Qu'on le veuille ou pas, il faut se conformer aux nouvelles normes!»
Robert Deschamps garde le cap
Vous ne trouverez pas beaucoup de contradictions entre la position de Robert Deschamps, le député de Saint-Maurice et Robert Deschamps, le candidat à la mairie, dans ce dossier.
«À Shawinigan, l'eau est excellente», rappelle-t-il. «C'est un projet sans queue ni tête. L'histoire de problème de captage, ce n'est pas vrai. Comment peut-on prévoir que le lac des Piles va manquer d'eau? Ce n'est jamais arrivé avant et calculez toutes les grandes entreprises qui ont fermé à Shawinigan au cours des dernières années. La consommation est beaucoup moins importante qu'avant!»
M. Deschamps suggère à la ministre régionale, Julie Boulet, de distribuer les millions de dollars de son gouvernement ailleurs.
«Si j'étais élu, je demanderais que la priorité aille au lac à la Tortue pour régler un autre problème qui traîne depuis des années», commente-t-il. «L'eau potable à Shawinigan, ce n'est pas une urgence. Si Mme Boulet dit que les 58 millions $ pourraient être disponibles pour d'autres projets, qu'elle les mette au lac à la Tortue!»
«Moi, je n'accepterai jamais qu'on dépense inutilement l'argent des contribuables», termine-t-il. «On n'a qu'à réparer nos infrastructures et nos lacs suffiront amplement à la demande. Il suffit d'une bonne politique de protection et de contrôler les décharges avec des barrages adéquats. C'est tout ce qu'on doit faire!»
Claude Villemure propose un virage vert
Claude Villemure comprend les immenses réserves de la Ville de Shawinigan de se lancer dans un projet d'immobilisations de près de 90 millions $. S'il était élu, il entreprendrait des discussions avec le gouvernement pour contourner le problème.
«L'eau au lac des Piles est magnifique», explique-t-il. «Si on prouve, au gouvernement, qu'avec un développement durable, on réduit le gaspillage de l'eau potable, on réglerait le problème autrement.»
Le chef du Ralliement municipal cite l'exemple du lavage de voiture, du remplissage de piscines, d'arrosage d'entrées. En récupérant l'eau de pluie, ces corvées pourraient être réalisées sans solliciter nos sources d'eau potable.
Il s'agit évidemment d'un virage important, mais tout à fait envisageable, selon lui. Il cite l'exemple des immenses progrès réalisés en matière de récupération domestique.
«Il faut changer nos façons de vivre», convient-il. «Si on coupe 40 % de notre gaspillage, on comble ce que recherche le ministère de l'Environnement.»
«De plus, actuellement, on accepte n'importe quel bateau sur nos lacs», enchaîne M. Villemure. «On n'en prend pas soin! Il faudrait aussi interdire aux bateaux de passer près des prises d'eau. Ce sont des gestes environnementaux qui nous feraient épargner de l'argent.»
Selon M. Villemure, les Shawiniganais ne veulent rien savoir d'être approvisionnés en eau potable à partir du Saint-Maurice. «Ils n'en veulent pas, c'est très clair», assure-t-il.
Yves Duhaime prône la prudence
Si le passé est garant de l'avenir, Yves Duhaime préférerait que le gouvernement du Québec attende l'arrivée du nouveau conseil municipal avant de prendre connaissance de la position de la Ville sur l'aide financière proposée pour réaliser le projet d'approvisionnement en eau potable.
S'il est élu, l'ex-ministre péquiste craindrait que ce dossier se transforme en boite à surprise. Il aimerait donc avoir les commandes plutôt que de vivre avec la décision d'un conseil municipal à qui il ne reste que quelques semaines d'exercice.
«L'expérience que j'ai vécu avec les chiffres fournis par l'hôtel de ville de Shawinigan m'amène à dire: Sonnons des cloches, soyons prudents», commente-t-il.
«Le conseil actuel étant en fin de mandat, la sagesse indiquerait qu'il faut prendre le temps de s'assurer que les chiffres qui sont sur la table sont bien actualisés. Pour le reste, doit-il prendre la décision? À deux mois de la fin du mandat, il devrait peut-être attendre.»
Sur le fond des choses, M. Duhaime est convaincu que l'offre présentée ne sera certainement pas bonifiée, au risque de créer un inconfortable précédent. Il sait aussi que les contribuables devront payer un jour ou l'autre.
«Si le gouvernement dit qu'il faut cesser de puiser l'eau dans tel lac à compter de telle date, c'est comme une bulle du Vatican. On n'a pas le choix!»











