À la période de questions, la plus grande partie des interventions a porté sur ce sujet. La mairesse, Lise Landry ainsi que le président de la Corporation du Parc de l'Île-Melville, Robert Dupont, en ont eu pour leur argent.
Invoquant un achalandage insuffisant pour justifier un investissement de près de 100 000$ pour réparer les deux remonte-pentes des pistes de ski, les élus ont convenu que cette activité serait condamnée cet hiver à cet endroit.
Les amateurs de glisse devront se contenter des tubes. L'an prochain, la Corporation du Parc de l'Île-Melville devra présenter un plan détaillé sur ses intentions par rapport à ce centre de ski.
M. Dupont a expliqué que tant que cet exercice n'était pas complété, il se voyait mal engager des sommes importantes sans savoir si la clientèle serait au rendez-vous.
La présentation de ses arguments n'a fait que stimuler les tirs nourris de parents aussi déçus que frustrés.
Le clou s'est produit juste avant la levée de la séance. Alors que tous les parents mécontents semblaient s'être prononcés, Chantale Ricard s'est présenté au micro avec du feu dans les yeux.
Un à un, elle a pointé les conseillers en déplorant ne les avoir jamais aperçus à la Station plein air Val-Mauricie, sauf pour la remise des médailles à la fin de la saison dans le meilleur des cas.
«On ne vous a jamais vus et c'est vous qui allez prendre une décision au sujet d'une station qui nous tient tant à coeur? Ça fait dur, pas à peu près!», s'est-elle élancée, avant d'être bruyamment applaudie.
Statistiques discutables
Pendant la séance, le conseil municipal a adopté une résolution portant sur la fin du contrat entre la Ville de Shawinigan et la Corporation du Parc de l'Île-Melville le 31 décembre 2009.
Dans la résolution, il est stipulé que «certaines modalités du contrat nécessitent une révision», dont les conditions d'exploitation du centre de ski.
Au vote de cette proposition, la conseillère du district 4, Josette Allard-Gignac, a manifesté son opposition. Un geste qui a réjoui les parents, qui ont ensuite profité de la période de questions pour se défouler au micro.
Par exemple, Steve Gauthier s'est avancé pour parler au nom des nombreuses familles monoparentales qui n'avaient pas les moyens de se payer un abonnement de saison à Vallée-du-Parc.
Il ne comprend pas qu'une Ville qui se targue d'avoir adopté une politique familiale mette la hache dans un centre de ski qui remplit si bien cette vocation.
Les statistiques de fréquentation, selon lesquelles près de neuf utilisateurs sur dix opteraient pour les tubes en hiver, suscitent beaucoup de scepticisme. De son côté, Julien Lacoursière se demande pourquoi le conseil municipal ne peut pas trouver 90 000$ quand à lui seul, Gilles Marchand avait adopté pour deux millions $ d'emprunt le soir même!
Les parents demandent évidemment aux élus de reconsidérer leur décision, mais difficile de savoir s'ils seront entendus. Pour Mme Allard-Gignac, le doute n'est plus permis.
«La population ne veut pas que le ski ferme, c'est très clair», témoigne-t-elle. «Ce n'est pas fini, la machine vient de partir!»











