En effet, même si seulement deux conseillers du régime précédent ont été réélus, quatre des six autres possèdent une longue expérience autour de la table. Bref, un petit air de déjà-vu plane au-dessus de la tête du nouveau conseil de ville.
Au scrutin de 2005, Jean-Yves Tremblay, Lucie DeBons et Serge Aubry étaient retournés à la maison avec leur petit bonheur. Dimanche, la population leur a réitéré sa confiance, une chance qu'ils comptent évidemment saisir.
«C'est spécial de revenir», sourit M. Tremblay. «J'étais amer après ma défaite la dernière fois. Le Groupe des six avait obtenu beaucoup le vote des jeunes. Cette fois, je m'y suis pris d'une autre manière. Je suis d'abord allé voir les jeunes, puis les personnes âgées pour leur expliquer pourquoi je tenais tant à revenir.»
«Les gens ont voulu recommencer à neuf», constate Mme DeBons. «Certains m'ont dit qu'ils n'avaient pas voté pour moi en 2005, mais que ça avait été une gaffe. Il y avait eu une vague de changement mais maintenant, les électeurs sont revenus vers des valeurs sûres et de l'expérience.»
De son côté, Serge Aubry convient que Robert Dupont a sans doute subi le même traitement que lui en 2005.
«J'étais arrivé en élection peu de temps après le débat sur la défusion et il y avait beaucoup de mécontentement dans le secteur», rappelle-t-il. «Quand on est en place et que ça ne fonctionne pas au goût des gens, on subit les conséquences.»
Bernard Cayouette, maire de Lac-à-la-Tortue de 1991 à 2001, possède aussi une vaste expérience du monde municipal. Seul candidat du Groupe des six défait en 2005, il réintègre maintenant la table du conseil dans le district des Boisés.
Résister à la vague
Sans surprise, dans Almaville, Josette Allard-Gignac a résisté aux critiques qui ont été formulées au conseil au cours des quatre dernières années en obtenant une monstrueuse majorité de 1313 voix sur Sylvie Picard. Elle a enlevé 73,4% des suffrages, un record, tous quartiers confondus, depuis la fusion.
«Malgré tout ce qu'on a entendu au cours du dernier mandat, les gens sentaient que j'étais proche d'eux et que j'étais capable de défendre les dossiers du secteur Shawinigan-Sud», explique-t-elle.
Le seul autre rescapé du dernier conseil, Alain Lord, mentionne qu'il ne savait pas trop à quoi s'attendre dans son nouveau quartier, qui comprend maintenant le centre-ville.
«Je redoutais surtout Bob Vallières, un gars qui a déjà siégé et qui est connu», rappelle-t-il. «Je suis bien content de voir d'anciens collègues revenir autour de la table. C'est comme mon slogan de campagne: l'expérience d'abord!»
Seulement deux novices feront leur apprentissage en politique municipale à Shawinigan. Il s'agit de Jacques Grenier, dans le district de la Rivière et de Pierre Giguère, dans Val-Mauricie.
«Tout le monde a de bonnes intentions, comme c'est toujours le cas», observe M. Grenier.
«La seule promesse que j'ai faite, c'est d'en faire plus pour mon secteur. La barre n'est pas très haute!»
De son côté, Pierre Giguère est passé à travers la course la plus serrée. Il a devancé Donald Drouin par seulement 53 voix.
M. Giguère ne partage pas l'avis de ceux qui croient que le dynamisme du conseil municipal souffrira de voir arriver si peu de «vrais» nouveaux visages.
«Certains ont connu la défaite, il y a quatre ans», rappelle-t-il. «Je m'attends à ce qu'ils aient maintenant le couteau entre les dents, qu'ils soient motivés. De toute façon, à huit conseillers, on n'aura pas le choix de travailler!»










