Ces manoeuvres indiquent que le gouvernement fédéral a finalement décidé de ne pas se prévaloir de son option de renouvellement de bail pour une période de cinq ans sur ce terrain, qui appartient à la Ville de Shawinigan.
Pour protéger la résidence de M. Chrétien, la GRC avait loué ce lot en 1998 à l'ex-Ville de Grand-Mère, pour une période de dix ans, à raison d'un dollar par année. À son terme, le 31 juillet 2008, le bail prévoyait que le locataire pouvait renouveler pour trois périodes de cinq ans, en donnant un avis de six mois au propriétaire.
Quelques jours avant cette échéance, l'éleveur de moutons Yves Gélinas avait interpellé les élus à la séance publique du conseil municipal pour connaître leur intention à ce sujet. La Ville attendait alors une réponse du Solliciteur général.
Finalement, le gouvernement fédéral a décidé de ne pas se prévaloir de son option. La Ville de Shawinigan reprend donc son terrain et pour le moment, elle ne souhaite pas l'offrir au marché.
En avril dernier, M. Chrétien a obtenu une servitude lui permettant de continuer à utiliser le chemin qui avait été aménagé sur ce terrain et qui constituait un deuxième accès à sa propriété.
Ce passage avait défrayé la manchette au pays en 1999, car le gouvernement fédéral avait reconnu qu'il n'avait pas suivi les règles normales pour l'embauche de l'entrepreneur qui avait réalisé ces travaux. Le contrat avait été accordé à Construction R. Cloutier sans appel d'offres, pour des «raisons de sécurité», avait justifié l'ex-ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano.
Deux contrats d'une valeur de 137 000$ avaient été accordés à l'entreprise pour cet aménagement. À ce moment, M. Gagliano avait fermement nié que le gouvernement cherchait à encourager un contributeur régulier à la caisse du Parti libéral du Canada. M. Cloutier avait également été engagé par l'ex-premier ministre pour la construction de sa résidence secondaire au lac des Piles.
Chemin maintenu
Selon le contrat signé en octobre 1998, la Municipalité pouvait exiger que les constructions, ouvrages ou plantations soient enlevés dans l'année suivant l'expiration du bail, aux frais du locataire, et que le tréfonds soit remis dans son état initial. Or, Me Yves Vincent, greffier à la Ville, estime que le maintien de l'accès a été préféré à la remise à l'état naturel.
«Nous avons relevé la GRC de l'obligation de tout remettre en état, pour garder le chemin qui donne, selon nous, une plus-value», explique-t-il. «Par ailleurs, la GRC nous a donné une génératrice qu'elle avait sur ce terrain. Le poste de garde est démoli, mais la guérite demeurera sur place. Pour nous, ça limite l'accès aux abords de la prise d'eau.»
Rappelons que ce terrain, d'une superficie de 8800 mètres carrés, était auparavant protégé par l'ex-Ville de Grand-Mère en raison de la présence de cette prise d'eau du lac des Piles. Des citoyens du secteur, dont M. Gélinas, se sont inquiétés du sort que la Ville réserverait à cette propriété étant donné son emplacement stratégique.
Or, si jamais le conseil municipal choisissait le scénario de la rivière Saint-Maurice pour l'approvisionnement en eau potable, ce lot situé un bordure du lac des Piles pourrait être offert à fort prix.
«Pour l'instant, il n'est pas question de vendre ces terrains», assure Me Vincent.
Rappelons que le maire de Shawinigan, Michel Angers, a déjà mentionné que le conseil municipal se pencherait sur le dossier d'approvisionnement en eau potable en janvier.











