Trudel demande au conseil de revenir sur sa décision

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Robert Trudel au conseil municipal de Shawinigan hier... (Photo: Stéphane Lessard)

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Robert Trudel au conseil municipal de Shawinigan hier soir.

Photo: Stéphane Lessard

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) À la fin d'une épuisante séance du conseil municipal couronnée d'une période de questions de plus d'une heure, l'homme d'affaires Robert Trudel a demandé aux élus de Shawinigan de revoir leur décision de geler leur traitement salarial pour les quatre prochaines années. Mais pour le maire, Michel Angers, l'affaire est entendue et plus question de revenir là-dessus.

Précisant qu'il souhaitait intervenir dans ce rocambolesque débat à titre de citoyen et d'hommes d'affaires et non comme directeur général de la Cité de l'énergie, M. Trudel a mis son grain de sel dans ce débat émotif, hier soir.

Équipé d'une valise et d'une pancarte qu'il a installée devant le bureau du maire, le coloré personnage voulait démontrer que l'augmentation de salaire sollicitée par les élus ne représentait qu'une infime goutte dans le budget municipal.

Rappelons que le 18 janvier, un avis de motion avait été déposé concernant l'adoption prochaine d'un règlement prévoyant un important rattrapage salarial pour les élus. Se basant sur le traitement dans une douzaine d'autres villes du Québec, le maire haussait son salaire de 20 % et les conseillers, de 6 % en 2010.

Cette intention a suscité une vague de réactions, parfois très émotives. La semaine dernière, M. Angers annonçait que le conseil municipal reculait sur cette question et qu'il gelait les salaires pour toute la durée du mandat.

Hier soir, l'entrepreneur Alain Hébert, qui avait initié une pétition en ligne pour contester l'ampleur de la hausse de salaire proposée, a déposé le fruit de sa démarche au conseil. En tout, 3483 personnes ont manifesté leur désaccord.

«Une tempête dans un verre d'eau», réplique M. Trudel, qui déplore que les élus aient reculé alors que seulement 6 % de la population avait signé cette pétition.

Le propriétaire du Figaro souligne que les élus ont agi avec honnêteté et transparence dans ce dossier. Pour une fois, fait-il remarquer, des politiciens prenaient une décision sans se soucier des impacts politiques de leur démarche.

La volte-face des élus a donc déçu M. Trudel. «Nous avons des gens sous-payés au conseil municipal», laisse-t-il tomber. «Je demande à la majorité silencieuse de se lever debout et je dis aux élus que dans la vie, changer d'idée, c'est faire preuve d'intelligence.»

Par la suite, M. Trudel a ouvert son intrigante valise pour présenter divers objets à 1 $, ce qui représentait environ le montant équivalent à la hausse de salaire proposée en janvier pour une maison évaluée à 100 000 $. Dans son empressement, il a échappé une soucoupe qui s'est cassée sur le plancher de la salle du conseil.

Il a aussi déposé des rouleaux de 25 sous dans un bol, également pour illustrer la contribution exigée pour chaque citoyen pour consentir cette hausse de traitement.

Il s'agissait évidemment de l'intervention la plus colorée de la soirée sur cette question. D'autres citoyens se sont manifestés, certains partageant l'opinion de M. Trudel, tandis que d'autres dénonçaient cette tentative.

Juste avant la période de questions, M. Angers s'est adressé aux quelque 80 personnes présentes pour expliquer à nouveau la démarche du conseil municipal. Ses propos ont été interrompus de quelques remarques désobligeantes, mais il a tout de même réussi à maintenir l'ordre.

Après la séance, le maire assurait que peu importe les avis exprimés, la position du conseil municipal demeurait ferme dans le dossier du traitement des élus.

«J'ai déjà dit que je ne reparlerai pas de rattrapage salarial», commente-t-il. «Moi, je n'ai plus de temps à perdre avec ça. Je n'y toucherai plus, c'est terminé.»

 

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