Départ de Claude Villemure: «Ça ne change rien»

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La décision de Bernard Cayouette de déchirer sa carte de membre du Ralliement municipal n'influencera pas l'avenir de cette formation politique, selon le chef, Claude Villemure.

Lundi soir, en assemblée publique, le conseiller du district des Boisés a annoncé qu'il siégerait dorénavant comme indépendant à l'hôtel de ville de Shawinigan.

Or, M. Cayouette constituait le seul ancrage du Ralliement municipal au conseil. Maintenant que les liens sont coupés, quel avenir les membres réserveront-ils à ce parti? La question pourrait être répondue dès la semaine prochaine.

«Je suis convaincu que la décision de Bernard Cayouette n'influencera personne», commente M. Villemure.

«Dans ces circonstances, tout le monde trouve ça normal. Ça ne change rien!»

M. Cayouette a expliqué qu'il souhaitait lever toute ambiguïté sur son rôle autour de la table. Il ne voulait pas que ses collègues voient en lui un empêcheur de tourner en rond.

«Les gens de son district espéraient qu'il ne soit pas mis de côté parce qu'il était relié au Ralliement municipal», raconte M. Villemure.

«Il s'est dit qu'il voulait faire avancer ses dossiers et qu'il ne voulait pas incarner l'opposition. Si nous étions parvenus à faire élire trois ou quatre candidats, ça aurait été très différent. Bernard a toujours été un gars d'équipe et maintenant, il fait partie d'une nouvelle équipe!»

Reste à voir ce que ce nouvel épisode provoquera comme réflexion, lors d'une importante rencontre entre les membres qui pourrait être organisée le 17 février.

Déjà, le chef ne s'attend pas à un enthousiasme délirant chez la majorité des candidats défaits. Par exemple, Marie-Louise Tardif, au Parc de l'Île-Melville, de même que Marc Lafrenière et Claude Leclerc, à la Commission scolaire de l'Énergie, entretiennent les liens réguliers avec l'hôtel de ville dans leur vie professionnelle. Dans ce contexte, on peut difficilement les imaginer en train de déchirer leur chemise pour l'avenir du parti.

Le Ralliement municipal peut-il survivre en surveillant les activités du conseil municipal? Peut-il se faire oublier avant de se préparer adéquatement pour le rendez-vous électoral de 2013? Les questions demeurent en suspens, mais M. Villemure dissimule mal son intérêt pour participer à la vie publique.

«Les gens n'ont aucune idée de tout le travail que nous avons abattu en l'espace de huit mois», indique-t-il. «Dans l'histoire de l'augmentation du salaire des élus, c'est incroyable le nombre d'appels que j'ai eus. Des gens que je ne connaissais pas me disaient que le parti devait continuer à vivre. On va écouter le monde et on verra.»

Pas d'avenir?

La décision de M. Cayouette rappelle celle d'André Lamy, élu sous la bannière du Rassemblement pour l'action municipale de Trois-Rivières en 1994. À peine quelques semaines après le vote, il avait annoncé qu'il siégerait comme indépendant.

Ces échecs amènent de l'eau au moulin des personnes qui croient qu'un parti politique municipal ne possède guère de chance de survie en Mauricie. M. Cayouette nuance cette observation.

«Je ne suis pas sûr que ça ne fonctionnera jamais», commente le conseiller. «Avec le Ralliement municipal, nous n'avons pas eu beaucoup de temps pour nous faire connaître, pour présenter notre programme. À Trois-Rivières, Force 3R aura beaucoup plus de temps. Ce sera intéressant de voir ce que ça donnera dans quatre ans.»

De son côté, Claude Villemure reconnaît qu'il avait sous-estimé l'ampleur des attaques qui seraient dirigées contre le Ralliement municipal en campagne électorale. En fait, tous les candidats indépendants finissent par déblatérer contre le parti.

«Ça faisait beaucoup de monde qui parlait contre nous», rappelle-t-il.

«Ça n'a vraiment pas aidé. L'idée du parti n'a pas passé cette fois-ci. On fera notre analyse et nous verrons à quelles décisions ça nous mènera.»

 

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