La Ville remet enfin son plan d'action

Après avoir bénéficié de nombreux reports du ministère... (Photo: Stéphane Lessard)

Agrandir

Après avoir bénéficié de nombreux reports du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, la Ville de Shawinigan acheminera finalement son plan d'action qui mènera à sa solution pour se conformer au Règlement sur la qualité de l'eau potable. Ce document n'apprendra rien de nouveau, puisque la Ville veut toujours s'approvisionner aux lacs des Piles (photo) et La Pêche.

Photo: Stéphane Lessard

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La Ville de Shawinigan décide de prendre l'avis d'infraction du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs au pied de la lettre. Aujourd'hui même, elle acheminera son plan d'action pour se conformer éventuellement au Règlement sur la qualité de l'eau potable, un document qui ne révélera toutefois rien de bien nouveau dans ce dossier.

Aussi étrange que cela puisse paraître, le MDDEP n'avait encore reçu aucun écrit précisant la démarche de la Ville.

Depuis le 9 juin, toute la population de Shawinigan sait que le conseil municipal souhaite poursuivre l'exploitation des lacs à la Pêche et des Piles pour l'approvisionnement en eau potable.

Il reste à savoir comment la Ville compte s'y prendre, car au MDDEP, cette avenue était écartée en raison d'une mesure qui démontre que ces sources sont présentement surexploitées.

Le maire Michel Angers a toujours prétendu que la direction régionale du ministère connaissait les étapes et l'échéancier que s'imposait l'administration municipale dans ce dossier. Les échanges verbaux entre fonctionnaires tendaient à démontrer que le processus rencontrait les exigences du ministère.

Deux événements ont toutefois changé la donne. Primo, la lettre du directeur régional du MDDEP du 12 juillet qui invitait Shawinigan à modifier son scénario a suscité bien des interrogations. Puis, l'avis d'infraction du 23 juillet émis parce que la Ville avait omis de présenter son plan de travail avant le 28 juin a semé la consternation. La direction régionale donnait alors une nouvelle prolongation, jusqu'au 20 août.

Toujours sans nouvelle de la Ville, le MDDEP examinait la possibilité de pousser le dossier devant les tribunaux. Mais en coulisses, vendredi dernier, un nouvel appel était logé à l'hôtel de ville pour suggérer une autre date butoir, celle du 3 septembre.

Réunis en comité privé lundi soir, les élus ont convenu d'acheminer au MDDEP le plan d'action, qui comprend essentiellement les étapes déjà rendues publiques.

Ainsi, la Ville réitérera qu'elle procède actuellement à une étude de caractérisation de l'eau des lacs, amorcée à la mi-juillet et qui devrait se terminer en novembre. Les données recueillies permettront de connaître précisément la qualité de l'eau des deux lacs afin de définir le type de traitement qui devra être retenu.

Parallèlement, une étude d'impact du maintien du débit écologique est réalisée. Il s'agit de la pièce de résistance, qui vise à apporter un nouvel éclairage sur la fameuse mesure du débit à l'étiage. Jusqu'ici, ce calcul désavantage nettement le scénario du maintien des deux lacs, puisqu'il établit qu'ils sont surexploités. Rappelons que selon les dernières analyses, cette norme du MDDEP est surpassée de 125 % au lac à la Pêche et de 370 % au lac des Piles.

Une étude d'avant-projet de construction doit également être conçue au cours des prochains mois. M. Angers s'attend à ce que d'ici la fin de l'année, la Ville possédera une évaluation assez juste des coûts engendrés par le scénario retenu.

Il répète que la facture s'éloignera des 115 millions $ prévus pour l'approvisionnement dans la rivière Saint-Maurice, voie vers laquelle l'administration municipale précédente s'orientait.

Difficile de savoir si la simple énumération des étapes à rencontrer dans ce dossier satisfera les exigences du ministère.

«Nous en étions à évaluer les recours possibles», rappelle Pierre Boucher, directeur régional du Centre de contrôle environnemental de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

«Nous venons d'être informés que nous recevrons leur plan de travail mercredi (demain). À partir de là, nous allons l'étudier et nous verrons s'il satisfait aux exigences du ministère.»

Angers se considère blindé

Oubliez les dérogations ou toute mesure exceptionnelle visant à permettre à la Ville de Shawinigan de continuer à puiser son eau potable dans les lacs à la Pêche et des Piles, malgré l'indicateur défavorable du débit d'étiage.

Le maire, Michel Angers, assure que l'administration municipale possédera les cartes pour jouer à la même table que les fonctionnaires du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs.

En fait, la Ville s'appuie sur un passage du Guide de conception des installations de production d'eau potable du MDDEP pour étayer son argumentation. Au chapitre 9 portant notamment sur la capacité des sources d'approvisionnement, elle détecte une ouverture.

Dans ses échanges avec la Ville, le MDDEP considère que 15 % du débit d'étiage sur sept jours consécutifs pour une récurrence de deux ans constitue une mesure fiable pour établir la capacité d'un lac. Cette mesure est communément appelée Q2-7.

Or, dans le guide en question, le ministère indique noir sur blanc que «Dans le cas où la capacité de la source d'approvisionnement (...) est insuffisante (inférieure aux besoins en eau futurs), il est possible de démontrer, par des méthodes plus évoluées (méthodes hydrauliques et méthode des habitats préférentiels), que le débit écologique nécessaire pour le maintien des écosystèmes existants est inférieur à celui établi par la méthode du Q2-7.»

Sans vouloir trop élaborer sur le plan de la Ville, M. Angers fait remarquer que la mesure traditionnelle pour calculer la capacité des lacs à la Pêche et des Piles ne doit pas être considérée comme une parole d'évangile. Il existe d'autres indicateurs et il compte bien le démontrer au MDDEP.

«Au-delà de dire qu'on ne respecte pas les normes du débit d'étiage, il faut aller un peu plus loin», suggère-t-il. «Ils prennent l'entrée et la sortie d'eau, ils font une règle mathématique et c'est tout. On ne se pose pas plus de questions? Pourquoi puise-t-on notre eau au même endroit depuis 85 ans sans qu'il y ait d'impact? Le débit d'étiage, ce n'est qu'un guide. Nous savons qu'il y en a d'autres. On va prouver qu'on ne prend pas trop d'eau.»

Au cours des prochaines semaines, le maire de Shawinigan visitera cinq municipalités pour prendre des informations sur leur filière de traitement et les coûts engendrés par chaque processus. M. Angers tente également d'obtenir une rencontre avec le nouveau ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand.


publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer