Dans une lettre adressée à la MRC, l'avocat Jean-Guy Provencher de Québec a interpellé de façon très directe ses représentants dans ce dossier.
Me Provencher mentionne dans sa missive qu'il est regrettable que la MRC soit aussi inflexible pour ne pas permettre certains agrandissements de terrains bénéficiant de droits acquis en bordure de l'autoroute 20.
«Comme je vous l'ai expliqué lors de la rencontre du 2 juin 2009, écrit-il, il ne s'agit pas de modifier le règlement de contrôle intérimaire (RCI) dans toutes les sorties de l'autoroute, mais uniquement dans les cas où l'on retrouve déjà un commerce comme c'est le cas notamment pour Pierre Constant (...) et Sylvain Lacharité (...) que je représente.»
Il ajoute qu'il est dommage que la MRC ne soit pas plus consciente du problème et des conséquences désastreuses pour les propriétaires concernés.
Dans sa lettre, Me Provencher dit s'interroger sérieusement à l'effet que «certaines personnes puissent défendre d'abord leurs intérêts personnels plutôt que les véritables enjeux économiques en cause»
Émettant le point de vue qu'il s'agit strictement d'une question politique, l'avocat de la Vieille Capitale affirme que «la position du Comité stratégique de la MRC est tout à fait illogique et indéfendable au point de vue de la protection du territoire et des activités agricoles».
Enfin, Me Provencher mentionne qu'il a rarement vu une MRC être (si) peu soucieuse de se porter à la défense des intérêts économiques d'une municipalité et des répercussions sur d'autres municipalités environnantes en matière de création d'emplois.
La réplique
Cette lettre n'a pas manqué de faire réagir, tant au sein des dirigeants de la MRC que des membres de son Comité stratégique.
Le directeur général de la MRC, Donald Martel, a même été mandaté par le conseil des maires pour répliquer aux propos de Me Provencher qui, à son tour, se fait taper sur les doigts.
Soulignant d'entrée de jeu que le ton et les propos utilisés par l'avocat lui apparaissaient «à plusieurs égards inappropriés», M. Martel signale qu'il peut comprendre que l'avocat veuille défendre les intérêts de ses clients pour qu'ils puissent plus librement mettre en oeuvre des projets de développement commercial.
«Par contre, écrit-il, en focalisant votre regard sur ces dossiers spécifiques, vous ne considérez pas le dossier dans son ensemble.»
M. Martel prend bien soin d'expliquer les fondements de la position adoptée par le conseil des maires dans le dossier concernant la propriété de M. Constant et des autres, et il semonce l'avocat pour ses propos à l'effet que certaines personnes du Comité stratégique puissent défendre d'abord leurs intérêts personnels, estimant que la lettre de l'avocat ne fait que mettre de l'huile sur le feu.
Il conclut en disant que la MRC ne pourra tolérer une fois de plus de recevoir de la part de l'avocat «des demandes formulées de façon aussi irrespectueuse à l'égard des élus».
La Municipalité se dissocie
Dans une autre lettre adressée à la MRC, le directeur général de la Municipalité de Sainte-Eulalie, Jacques Hamel, informe M. Martel que la Municipalité de Sainte-Eulalie se dissocie complètement des propos mentionnés dans la lettre envoyée par Me Provencher à la MRC.
«Il est inconcevable, écrit M. Hamel, que l'intégrité des membres du Comité stratégique de la MRC ait été mise en doute et qu'il y ait eu des intérêts personnels dans ce dossier.»
Le maire de Sainte-Eulalie, Jacques Tassé, a lui aussi endossé la réplique faite par M. Martel à l'avocat Provencher.











