Les membres des conseils des maires de cette MRC et de celles de Bécancour et de Pierre-de-Saurel, à Sorel-Tracy, ont en effet adopté une résolution, lors de leurs assemblées régulières respectives tenues les 14 et 15 octobre, en vertu de laquelle ils ont accepté de participer à un comité formé de représentants de ces trois MRC afin non seulement de regrouper leurs forces, mais aussi d'améliorer leurs connaissances du dossier du développement gazier dans la région, et ce, dans l'objectif de se positionner politiquement sur le sujet dans les prochains mois.
La résolution adoptée par chacune des trois MRC rappelle que des forages d'exploration ont déjà été réalisés sur le territoire en vue d'une exploitation éventuelle du gaz naturel.
Ainsi, les élus prévoient qu'il se fera une exploitation commerciale de cette ressource à plus ou moins court terme et ils constatent qu'ils n'ont actuellement aucune idée précise de l'ampleur des activités d'exploitation à venir et de leurs impacts éventuels sur les milieux naturels et le cadre de vie des résidents.
Or, les maires estiment qu'il est impératif d'approfondir leurs connaissances relativement aux impacts économiques, environnementaux et sociaux d'une éventuelle exploitation à grande échelle du gaz naturel et ils comprennent que cette recherche pourrait générer des coûts que les trois MRC se montrent prêtes à assumer.
Selon eux, la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme et les règlements actuels ne peuvent avoir pour effet d'empêcher l'exploration, la recherche, la mise en valeur ou l'exploitation de substances minérales et de réservoirs souterrains, faits conformément à la Loi sur les mines.
Par ailleurs, ils ne savent pas avec précision dans quelle mesure la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles peut encadrer les droits d'exploitation que confère la Loi sur les mines.
Les maires rappellent que l'expérience texane semble indiquer que les activités agricoles peuvent être sérieusement perturbées par la présence de nombreux îlots gaziers disséminés en zone agricole.
La résolution mentionne aussi que les procédés de fragmentation hydraulique utilisent de la nitroglycérine liquide et d'autres composés chimiques susceptibles de polluer les nappes phréatiques.
Elle signale de plus que les dégagements de méthane dans l'air occasionnés par ces techniques ne sont pas récupérables et contribuent à l'accroissement de l'émission de gaz à effet de serre.
Un autre constat relevé par les MRC a trait au manque de compatibilité de certains lixiviats produits par ces techniques d'exploitation avec les systèmes de traitement des eaux usées actuellement utilisés par les municipalités.
Selon les maires, une éventuelle exploitation commerciale de gaz naturel va nécessairement entraîner des coûts directs aux municipalités.
Or, signalent-ils, il n'existe actuellement aucun programme de compensation ou de redevance prévu par la loi pour l'exploitation des ressources naturelles sur le territoire dont les revenus reviendraient au milieu.
Si les maires croient nécessaires de se positionner politiquement sur le sujet, c'est pour protéger la qualité de vie des citoyens du territoire, allèguent-ils. C'est pourquoi ils veulent être outillés pour pouvoir poser des actions éclairées dans ce dossier.
Dans le but de mettre les ressources en commun et de partager les connaissances, une rencontre exploratoire a été organisée, le 23 septembre dernier, avec des représentants des trois MRC concernées.
Les participants ont échangé sur cette question du point de vue environnemental et social, mais aussi du point de vue des compensations et redevances.
Cette rencontre a débouché sur une volonté d'étudier plus en profondeur ce dossier afin de mieux appréhender les effets de l'exploitation du gaz naturel dans la région et d'élaborer, s'il y a lieu, un plan d'action à cet effet.











