Dans ce contexte, le gouvernement du Québec entend inciter les sociétés d'exploration à poursuivre leurs investissements dans des activités de mise en valeur du potentiel pétrolier et gazier, et ce, «de façon responsable et respectueuse pour l'environnement et les communautés».
Malgré l'expression de ces bonnes intentions, plusieurs élus municipaux se disent préoccupés et même inquiets des impacts qui sont susceptibles d'être causés par les travaux de forage actuels et à venir sur le territoire.
L'exploitation du gaz naturel qui se fera éventuellement dans la Vallée du Saint-Laurent est donc dans la mire des MRC qui ont bien compris qu'il s'agit là d'un enjeu important pour elles et les municipalités dans les prochaines années.
À la mi-octobre, trois MRC, à l'initiative de celle de Nicolet-Yamaska, ont convenu de regrouper leurs forces afin de faire front commun dans le dossier du gaz naturel.
Outre la MRC de Nicolet-Yamaska, celles de Bécancour et de Pierre-de-Saurel, ont adopté une résolution en ce sens.
Le directeur général de la MRC de Nicolet-Yamaska, Donald Martel, a indiqué que les MRC de l'Érable et de Lotbinière avaient aussi manifesté de l'intérêt pour le front commun.
Le maire d'Aston-Jonction et 2e vice-président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Pierre Gaudet, a ajouté que les MRC de Montmagny et de Chaudière-Appalaches pourraient aussi se joindre au groupe.
Pour le préfet de la MRC de Nicolet-Yamaska, le maire Raymond Bilodeau, la rencontre entre les trois MRC de la région et l'adoption d'une résolution commune marque le début d'un processus.
Il note qu'il y a plusieurs sites de forage dans la Vallée du Saint-Laurent mais selon son constat, les compagnies qui font de l'exploration ne sont pas très bavardes sur les résultats de leurs recherches.
«Les informations viennent au compte-goutte», fait-il observer.
À cause des impacts possibles sur l'environnement, il est temps, selon lui, que les municipalités et les MRC aient un questionnement qui va un peu plus loin et qu'elles se renseignent davantage sur le sujet tout en faisant montre de plus de vigilance dans leurs relations avec les compagnies pétrolières et gazières qui viennent forer sur le territoire.
En entrevue à «Maisonneuve en direct» à la radio de Radio-Canada, le préfet de la MRC de Bécancour, Maurice Richard, disait pour sa part que l'objectif des élus était d'abord d'améliorer leurs connaissances dans ce dossier.
Il se désolait lui aussi du manque d'informations fournies par les compagnies sur les résultats de leurs travaux d'exploration.
Et il ne cachait pas son inquiétude quant aux impacts environnementaux des travaux de forage qui se font sur le territoire, notamment au niveau des nappes phréatiques, des réserves d'eau potable.
«On n'est pas contre le principe de l'exploitation de cette ressource qu'est le gaz naturel. Ça peut être à l'avantage de tous les citoyens éventuellement. Ce dont nous voulons nous assurer, c'est qu'il n'y ait pas d'impacts négatifs au plan environnemental», disait-il.
Pour Donald Martel, deux éléments majeurs sont en cause dans ce dossier, soit tout ce qui concerne l'aspect environnemental et aussi celui ayant trait aux retombées économiques ou aux redevances que les municipalités pourraient tirer de cette exploitation du gaz naturel.
Selon lui, un signal important vient d'être lancé. Du fait que les MRC se mobilisent ensemble, les compagnies gazières ne pourront pas les ignorer. «On va devenir un interlocuteur incontournable par rapport à l'industrie», prédit-il.
«Ce dossier-là chemine et il va être long. Il faudra être patient», prévient de son côté Pierre Gaudet.










