Demain, il renouera avec la région pour présenter ses Chroniques du dépanneur, une pièce de son cru qui nous ramène tout droit à son village, et à ses huit ans.
Depuis un an, sa pièce a voyagé dans quelques salles du Québec. Elle a d'ailleurs fait salle comble quasi à pareille date l'an dernier chez lui, à Saint-Léonard-d'Aston.
Demain, c'est au Théâtre Belcourt de Baie-du-Febvre qu'elle sera livrée, par Martin Boisclair lui-même. L'homme s'y trouve seul sur scène, pendant une heure et dix sans entracte, le temps qu'il faut pour livrer ses souvenirs en divers tableaux.
Le public est convié à rencontrer un personnage qui raconte son histoire, lui qui a grandi dans le dépanneur familial. Revenu dans ce lieu, plus précisément au sous-sol du dépanneur où s'entassent les boîtes de carton, il relate tout particulièrement l'été de ses 8 ans, une saison forte en rebondissements pour l'enfant qu'il était.
Évidemment, l'auteur a puisé aux sources de ses propres souvenirs, ce qui lui permet de parler aussi bien de la mort que de premières amours.
«Quatre-vingt pour cent de ce que je raconte est vrai», dit-il, précisant qu'il en va de même pour les gens du patelin qu'il évoque. «C'est un espèce d'hommage aux gens de la place. Je n'ai même pas changé les noms.»
Depuis le 25 octobre, sa pièce est publiée chez Dramaturges Éditeurs. C'est donc en littérature et en théâtre que Martin Boisclair véhicule désormais son propos, qui est doublé d'un hommage à son père.
En remontant ainsi le temps, Martin Boisclair se retrouve à décrire l'ambiance des années 1980, une décennie qui a été revisitée à quelques reprises depuis, et encore tout récemment avec le film 1981, de Ricardo Trogi. «Mais quand je l'ai créée, on n'en parlait pas.»
Le comédien et auteur évolue principalement à Montréal depuis sa sortie de l'école de théâtre de Saint-Hyacinthe en 2001. Pour lui, il s'agit d'un retour dans une région où il a commencé à pratiquer son art au fil des années 1990, que ce soit dans Le Cercle de craie caucasien ou Vol au-dessus d'un nid de coucou, au sein du Théâtre des Gens de la place.
La pièce avec laquelle il est de retour se fait avec peu de moyens, dit-il. Outre le décor de boîtes de carton et le grand escalier du sous-sol du dépanneur, des images seront projetées, présentant quelques faits saillants de cette époque, que ce soit le mariage de Lady Diana ou l'explosion de la navette Challenger.
Autofiction qui oscille entre drame et comédie, Martin Boisclair incarne peu les personnages et se voit bien davantage comme un chroniqueur que comme un conteur. «C'est plutôt une succession de tableaux et c'est davantage au 5e ou au 6e tableau que les gens comprennent là où je vais», avise-t-il.
Il s'agit d'une création de sa compagnie de théâtre Tout le monde s'appelle Alice, fondée avec son acolyte Émilie Gauvin, qui signe ici la mise en scène. Le rendez-vous de vendredi est fixé à 20 h.











