Le Centre de santé et de services sociaux de Bécancour-Nicolet-Yamaska (CSSSBNY) en a fait l'annonce, hier, via le président du conseil d'administration, Hervé Dionne.
Le Centre d'hébergement Deschaillons compte 16 lits dont 14 sont présentement occupés par des gens des environs. D'ici le mois d'avril 2010, ces 14 personnes devront être dirigées vers un autre CHSLD du secteur Bécancour ou «vers tout autre lieu, selon ce qui sera convenu avec la famille», a précisé M. Dionne.
Le maire Christian Baril, n'est pas très surpris mais surtout déçu de la décision annoncée hier. «On est perdants sur toute la ligne», a-t-il réagi.
«Ce n'est pas vraiment une surprise, a-t-il indiqué, dans la mesure où ça fait longtemps qu'on sentait aller la décision dans ce sens-là.» Il se dit déçu parce que la solution qui a été retenue en est une basée sur des chiffres.
«C'est de l'administration. On nous dit que des petits centres comme le nôtre, ça coûte trop cher à faire fonctionner. On vit en région. La Politique nationale de la ruralité est là pour essayer de revitaliser le régions mais aussitôt que le gouvernement a une occasion de fermer des services, parce que c'est toujours une affaire de rentabilité, ce sont les petites municipalités qui écopent», a donné à entendre le maire de Deschaillons.
Selon lui, ce n'est pas toujours facile pour une personne de 80 ans qui a toujours vécu dans son milieu, de se voir transférer ailleurs parmi des personnes qu'elle ne connaît pas, la plupart du temps.
«C'est désolant», a-t-il laissé tomber, en se montrant également déçu de voir que des gens de Deschaillons qui travaillent dans leur municipalité et qui vont devoir aller travailler à l'extérieur, vont être portés à déménager dans le but de se rapprocher de leur futur lieu de travail.
M. Baril a rappelé que sa municipalité et l'ex-Comité de sauvegarde du Foyer de Deschaillons avaient proposé des solutions au CSSS Les blés d'or dans le passé dans le but de sauver les acquis. Le dossier avait soulevé une vive controverse dans le milieu et fait souvent les manchettes au début des années 2000.
Ainsi, en décembre 2002, les deux organisations avaient présenté un projet d'amendement au Plan directeur immobilier (PDI) qui avait auparavant été déposé sur la table du conseil d'administration du CSSS.
L'an dernier, à pareille date, le CSSS avait procédé, au Centre d'hébergement Deschaillons, à une réorganisation des services qui s'était notamment soldée par le retrait de 23 lits CHSLD. Le nombre était alors passé de 39 à 16. Le 3e étage de la résidence avait alors été loué par bail au promoteur privé Claude Demers qui héberge présentement 13 résidents à la Ressource La Douce Vie.
Transferts
En plus des 14 résidents, le personnel effectuant des tâches en lien avec le CHSLD, soit une douzaine de personnes, sera aussi transféré dans une autre installation du CSSSBNY et ce, «dans le respect des conditions de travail prévues dans la convention collective», a pour sa part mentionné la directrice générale de l'organisme, Danielle Gamelin.
Le CSSS soutient que cette décision a été prise dans une optique d'amélioration des soins et des services offerts à la population, mais également de saine gestion des ressources.
En entrevue, M. Dionne a indiqué que dans un sens, cette décision avait été difficile à prendre «parce que le déplacement de personnes touche l'être humain» mais que dans un autre sens, «c'était tellement clair en termes de gestion de ressources que ça s'imposait». Il a d'ailleurs signifié que la décision avait été prise à l'unanimité des membres du conseil d'administration.
Selon le CSSS, la transformation de l'offre de service pour les personnes en perte d'autonomie liée au vieillissement, vise à répondre au désir des gens de demeurer le plus longtemps possible à domicile, tout en leur permettant de conserver une plus grande autonomie et, par conséquent, une meilleure qualité de vie.
Quoique la population soit vieillissante et que la proportion du groupe d'âge de 65 ans et plus soit en augmentation, le CSSS dit observer depuis quelques années une diminution de la demande pour l'hébergement en CHSLD et dit constater, de ce fait, une diminution naturelle du nombre de lits occupés sur le territoire et ce, spécifiquement dans le secteur Bécancour. Le CSSSBNY affirme avoir en moyenne, pour ce secteur, une dizaine de lits libres.
La disparition des 16 lits en CHSLD du Centre d'hébergement Deschaillons va permettre au CSSS d'économiser de 700 000 $ à 800 000 $. Les dirigeants font valoir qu'on peut toutefois parler d'un déplacement de budget puisque le Centre de santé et de services sociaux a investi, depuis les cinq dernières années, plus de 750 000 $ dans les services à domicile en plus de procéder, en 2008, à l'ajout de cinq places en ressources intermédiaires, une place pour de la convalescence et une autre place en hébergement temporaire.
Il faut comprendre, selon eux, qu'avec seulement 14 lits occupés (sur 16 disponibles), les coûts de fonctionnement du Centre d'hébergement Deschaillons sont très élevés, étant de 48% supérieurs à la moyenne des autres centres d'hébergement du territoire.
Le personnel des autres services qui sont présents au Centre d'hébergement Deschaillons, soit les services de soutien à domicile, le centre de jour, la physiothérapie et l'ergothérapie, continuera de travailler à cette installation.











