«À la lumière du résultat de nos recherches, nous en arrivons à la conclusion que la modification proposée au conseil de ville, est une modification illégale et constitue un cas flagrant de spot zoning illégal» (zonage parcellaire), écrivent les deux hommes dans la lettre qui a été remise, séance tenante, aux membres du conseil.
Affirmant leur conviction que la Municipalité s'apprête à «favoriser des promoteurs au détriment déraisonnable des propriétés environnantes», MM. Bergeron et Cardinal préviennent les élus municipaux que le dépôt de cette lettre est la première étape dans leur processus de contestation du projet de modification au règlement de zonage et pour l'ensemble des raisons évoquées dans leur lettre, ils demandent au conseil de ville de surseoir à ce projet.
Cette controverse fait suite à la demande faite par les propriétaires de deux commerces nicolétains, soit Biondi Design/La Cadoterie et le Café-boulangerie Galoto, de modifier le règlement de zonage en vigueur à cet endroit pour leur permettre de construire un édifice commercial de 10 000 pieds carrés en lieu et place de la Maison Marie-de-Noël, située au 875, boulevard Louis-Fréchette, et d'y déménager leurs commerces.
Selon ce qu'a indiqué M. Bergeron en assemblée publique, si le projet commercial se réalise, le futur édifice aurait sa façade du côté de la rue Mgr-Suzor.
Ainsi, écrivent les deux opposants au projet, la rue Joseph-Alfred Gaudet deviendrait l'arrière-cour et la ruelle de service pour les commerces qui ont l'intention de s'y installer.
Il ajoute: «Quel bonheur, le vendredi matin, de voir notre rue décorée de 30 à 35 bacs et conteneurs à ordures et/ou à récupération de matières résiduelles! Quel plaisir aussi d'assister au va-et-vient des camions de livraison et de voir notre rue devenir le terrain de stationnement des 25 à 30 personnes qui seront à l'emploi de ces entreprises!».
Les deux hommes se demandent combien d'espaces de stationnement seront fournis par les promoteurs de ce projet et s'il y en aura en nombre suffisant. Ils se questionnent aussi à savoir si une boulangerie qui est un fournisseur de marchés d'alimentation publics est un commerce ou une industrie.
À la suite du dépôt de la lettre de quatre pages, le maire, Alain Drouin, a suspendu la séance publique durant quelques minutes afin de permettre aux membres du conseil d'en prendre connaissance.
De retour en séance publique, il a expliqué que le processus de modification au règlement de zonage avait été déclenché à la suite de la recommandation favorable faite au conseil municipal par les membres du Comité consultatif d'urbanisme (CCU).
À la suite de l'avis public qui sera publié le 17 mars, une assemblée de consultation et d'information se tiendra sur le sujet le 12 avril, à compter de 19 h, à l'hôtel de ville de Nicolet, soit une heure avant le début de l'assemblée régulière du conseil.
Si le conseil maintient son idée d'aller de l'avant avec ce projet, il adoptera le 2e projet de règlement lors de cette assemblée régulière et publiera un deuxième avis public le 21 avril puis un troisième quelques semaines plus tard, vraisemblablement vers la mi-mai.
Après une signature de registre, si suffisamment de contribuables réclament la tenue d'un référendum, le conseil aura alors à décider s'il met fin aux procédures ou s'il va de l'avant avec la tenue d'un référendum sur le sujet. Le cas échéant, les résidents de la zone concernée (32 maisons) et ceux des zones contiguës pourront se prononcer. Et si le règlement est approuvé lors du référendum, il restera à la MRC de Nicolet-Yamaska à l'approuver à son tour.
Le maire Drouin s'est dit conscient des enjeux concernant les individus dans ce dossier. Il s'est dit content de la présence à l'assemblée des gens concernés, de même que de leurs interventions. Rappelant que l'on vit dans une société démocratique, il a réitéré l'importance de ne pas avoir peur de s'exprimer et de défendre ses valeurs.










