Rejointe par Le Nouvelliste, Jeanine Proteau, épouse de Gérard Proteau, a refusé de répondre clairement lorsqu'on lui a demandé si cette entreprise, avec qui la Municipalité de Batiscan fait affaires occasionnellement, comme ce fut le cas au début du mois de novembre, avait l'intention de se conformer aux exigences du ministère de l'Environnement. Elle a toutefois confirmé avoir reçu l'avis du ministère.
Mme Proteau qui se pose en victime dans cette affaire, a confié que c'est la troisième fois qu'une plainte de cette nature est portée contre sa sablière par un concurrent et que les deux premières plaintes «s'étaient arrangées et que tout était rentré dans l'ordre».
Or, au ministère de l'Environnement, Lise Vaillancourt, directrice par intérim de la direction régionale, réplique qu'il est inexact de prétendre que les deux premières plaintes contre cette sablière «se sont arran- gées», tout simplement parce que lorsque le ministère est arrivé sur place pour constater les infractions, les opérations étaient terminées.
«Quand on arrivait sur place, il n'y avait plus rien. On voyait qu'il y avait eu de l'exploitation, mais comme il n'y avait personne sur les lieux, on ne pouvait donner d'avis d'infraction. On a écrit à deux reprises à M. Proteau, en 2005 et en 2007, pour lui dire qu'il lui fallait un certificat d'autorisation. Il n'en a pas. Alors, il est faux de dire que ça s'est arrangé. Ça ne s'est pas arrangé.»
Mme Vaillancourt ajoute ne pas comprendre pourquoi cette sablière s'obstine depuis 2005 à ne pas demander un certificat d'autorisation qui ne coûte pas cher et qui lui permettrait d'opérer sans problème.
Mme Proteau laisse entendre quant à elle que si des plaintes sont portées contre sa sablière, «c'est pour d'autres raisons» et répète «qu'elle a en main tous les documents pour exploiter la sablière depuis longtemps.»
Lorsqu'on lui demande si le ministère de l'Environnement fait fausse route, elle répond que l'avenir le dira. «Moi, je suis pour la paix et non la guerre et je me contente de répondre avec les pièces justificatives que j'ai présentées par le passé.» Elle refuse toutefois de dire lesquelles.
Par ailleurs, Mme Proteau a confirmé que la conseillère municipale de Batiscan, Solange Leduc-Proteau, était l'épouse de son fils. Elle a précisé, non sans un mouvement d'humeur, que la carrière est exploitée au nom de Gérard Proteau, que sa bru et son fils «n'ont rien à voir là-dedans et qu'ils ne sont pas décisionnels». Elle n'y voit aucune apparence de conflit d'intérêts de la part d'une élue.
Le Nouvelliste a tenté de joindre la conseillère municipale mais c'est le maire Christian Fortin qui a rapidement retourné l'appel, disant que c'est le maire qui parle au nom de la Municipalité.
Le maire Fortin a déjà fait savoir que même si la Municipalité a reçu un avis d'infraction, (car un tracteur de Batiscan et des employés de la municipalité ont été trouvés sur les lieux de la sablière par des inspecteurs du ministère), ce dossier devait se régler entre la sablière et le ministère de l'Environnement.
Au ministère, on réplique que si la Municipalité est à nouveau trouvée en faute, d'autres avis d'infraction seront émis contre elle aussi. Pour l'instant, il ne s'agit que de simples avis et non d'amendes.










