Lac Mékinac

Un projet de 30 millions $

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Un projet de 30 millions $

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Le compte à rebours final est amorcé pour la réalisation du projet du lac Mékinac, évalué à 200 millions $.

Photo: Ève Guillemette

Éric Lallier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Alors que le compte à rebours est amorcé et qu'aucun promoteur intéressé ne s'est encore manifesté pour la réalisation du projet récréotouristique du lac Mékinac, le développement d'un centre de villégiature thématique prend parallèlement son envol, à Trois-Rives. Et pas le moindre. Trente millions $ devraient y être investis en cinq ans.

Sans faire de bruit, les promoteurs de ce tout nouveau projet ont construit un premier chalet haut de gamme, sur les berges de la rivière Mékinac, dans le secteur Saint-Joseph-de-Mékinac. Déjà, plus d'un million de dollars y ont été injectés, notamment pour l'acquisition de trois kilomètres de terrains aux abords du cours d'eau.

 

Résultat, en 2014, le paysage ne sera tout simplement plus le même. Une vingtaine, voire une trentaine de chalets (locatifs et privés), une auberge, un centre de santé et des écuries accueilleront clients et touristes. Ce que l'on nomme le Ranch Time out devrait y être bien en selle.

«Dans mon esprit, pour un projet, ça prend une thématique de base. Nous, c'est un ranch. Et l'activité équestre, en Europe, c'est très populaire. Ça, et les chalets de bois rond», explique Jean Cloutier, qui sera associé à deux partenaires de Joliette et de Repentigny dans cette aventure.

Des études de faisabilité et des plans d'aménagement ont été produits, confirmant la rentabilité à court terme de ce nouveau joueur dans l'industrie touristique de la région. Le public cible, ici, en est un bien nanti. «On a décidé de se faire un dortoir touristique entre le lac Mékinac et la rivière Saint-Maurice (...) On veut en faire un produit d'appel», explique le Shawiniganais qui se retrouve à la tête de cette initiative.

Du même souffle, Jean Cloutier, un conseiller en tourisme, assure que le groupe a les reins assez solides pour mener à terme le projet.

Pour le moment, le consortium n'a toutefois pas frappé à la porte de Québec et Ottawa pour obtenir une aide financière. Mais ça ne saurait tarder. «Éventuellement, on va demander un coup de main», glisse le promoteur.

Jean Cloutier sait par ailleurs très bien que la petite communauté de la MRC de Mékinac a été échaudée par le feuilleton du développement du lac Mékinac (voir autre texte).

«On est des promoteurs privés et on n'a de comptes à rendre à personne. Mais on y croit. Selon nous, il y a 95 % des chances que tout soit fait à temps et il pourrait y avoir plus encore», dit-il.

Le maire confiant

À la Municipalité de Trois-Rives, le maire Lucien Mongrain dit avoir confiance en la réalisation de ce nouveau développement récréotouristique.

Le projet n'a peut-être pas l'envergure de celui qui attirait tous les regards sur les rives du lac Mékinac, à quelques kilomètres de là, mais il est lui aussi ambitieux. En somme, pour la petite localité de 400 âmes, ce revirement de situation ne sera peut-être qu'un mal pour un bien.

«On les a rencontrés et ils nous ont montré ce qu'ils voulaient faire. Puis, le conseil a approuvé leur plan. Je ne sais pas comment ça va aller, mais c'est très beau leur affaire (...) Il faut avoir confiance. Ce sont des gens qui ont de l'expérience», laisse d'ailleurs tomber le premier magistrat.

 

«C'est pas mort, mais c'est lent»

Le temps passe, mais personne ne lève la main pour obtenir la subvention promise par les gouvernements pour la réalisation du développement récréotouristique au lac Mékinac, un projet évalué à 200 millions $.

Qu'à cela ne tienne, la Municipalité de Trois-Rives ne désespère pas. Elle rêve même d'y voir deux promoteurs au lieu d'un seul. Le champ est d'ailleurs libre depuis le désistement du Groupe Hines, qui devait au départ réaliser les travaux. Or, depuis décembre 2008, on ne se bouscule pas aux portes.

«Ce n'est pas mort, mais c'est lent. Ça prend de la patience», insiste le maire de Trois-Rives, Lucien Mongrain.

Actuellement, le ministère des Ressources naturelles en est à effectuer le dézonage, tout autour du plan d'eau situé dans le secteur Saint-Joseph-de-Mékinac.

Ensuite, croit-on à la Municipalité, l'endroit pourrait devenir d'autant plus attrayant pour les promoteurs. «On attend que le travail soit terminé au ministère. Mais ils sont en train de faire de la place pour deux promoteurs. C'est logique», lance le maire Mongrain.

Pendant ce temps, les dix millions $ promis par Québec, Ottawa et la Municipalité de Trois-Rives dorment toujours dans les coffres. La somme attend désespérément de trouver preneur. Au moment où l'annonce avait été confirmée par les instances gouvernementales, 2010 avait été ciblée à titre de date butoir pour la réalisation de la phase 1 évaluée à 35 millions $.

La ministre régionale pense toujours qu'un dénouement favorable est possible. Les attentes envers l'ampleur du développement sont toutefois réduites.

«Je pense toujours qu'il y a un potentiel extraordinaire. Mais est-ce que le projet peut prendre une autre allure? Peut-être», confie Julie Boulet.

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