Depuis deux semaines, ils étaient gardés à la maison par leurs parents qui voulaient ainsi s'objecter contre la décision de la Commission scolaire de l'Énergie d'abolir un poste d'enseignant au primaire.
«C'est sûr qu'on va faire évaluer nos enfants à la fin de chaque trimestre. C'est sûr qu'on va assurer un gros suivi», avertit Stéphane Saint-Amour, porte-parole des parents dans ce dossier controversé.
«Si les enfants ne passent pas leurs examens, c'est parce que la job n'est pas bien faite», soutient-il en parlant de la qualité d'enseignement qui est maintenant dispensée aux écoliers.
Les parents en ont contre le regroupement dans la même classe des 14 élèves de la maternelle à la 6e année, et ce, avec une enseignante secondée dans sa tâche par une autre enseignante dont le poste a été aboli.
En décidant de se prévaloir d'une clause empêchant sa réaffectation à plus de 50 kilomètres de son lieu de travail, cette enseignante en disponibilité est aujourd'hui appelée à soutenir sa collègue officiellement titulaire du groupe.
Cette situation n'a rien de rassurant pour les parents qui rappellent que l'enseignante détentrice de l'unique poste au primaire entend profiter, à compter de janvier prochain, d'un congé sabbatique à traitement différé d'une demi-année.
Les parents craignent une surcharge de travail pour celle qui demeurera en fonction.
La communauté de Parent n'a pas oublié l'épisode de l'automne 2006, alors que le nombre d'enseignants était passé de six à cinq pour 49 élèves de la maternelle à la 3e année du secondaire.
À la suite de cette décision également justifiée par la décroissance constante du nombre d'enfants dans cette région du Haut-Saint-Maurice, deux membres du personnel avaient été rattrapés par l'épuisement professionnel.
Faute de trouver du personnel qualifié et prêt à se rendre à Parent pour faire du remplacement, la direction de l'école Notre-Dame-de-l'Assomption avait dû faire appel aux services de la conductrice d'un autobus d'écoliers et de la concierge pour s'occuper d'une dizaine d'écoliers pendant une période allant de trois semaines à deux mois.
Présent plus tôt cette semaine à l'assemblée des commissaires à Shawinigan, M. Saint-Amour a tenté de convaincre les élus de revenir sur leur décision d'abolir un poste au primaire. En vain.
Le directeur général, Claude Leclerc, s'est montré formel: pas question de séparer les 14 élèves dans deux classes distinctes. Selon lui, la réalité de Parent oblige maintenant l'équipe d'enseignants à travailler autrement, davantage en équipe.
Même s'ils ont accepté de retourner leurs enfants à l'école, les parents demeurent sceptiques et aux aguets. M. Saint-Amour indique qu'il a entrepris des démarches auprès de spécialistes qui pourraient évaluer l'enseignement reçu par les élèves de Parent.
«Si la job n'est pas faite comme il faut à l'école, quelqu'un devra payer pour ça et ce ne sera pas nos enfants. Les enfants sont mieux de passer leur trimestre comme il faut. Cette année en tout cas», avise M. Saint-Amour avant de laisser entendre que trop souvent, les jeunes qui ont fréquenté l'école de Parent rencontrent des difficultés d'apprentissage importantes lorsqu'ils se retrouvent dans un autre établissement scolaire.
C'est la preuve selon lui que les ressources humaines et les services complémentaires étaient insuffisants ou inadéquats à l'école Notre-Dame-de-l'Assomption.
«Les enfants vivent l'enfer lorsqu'ils arrivent dans les vraies écoles», déclare M. Saint-Amour qui tient à préciser: «Si ça se passe bien, que les enfants réussissent, nous serons bien contents mais bon, on va voir comment ils vont s'en sortir.»











