«Je suis désolé de voir que rien n'a changé à La Tuque depuis mon dernier passage il y a cinq ans. Il y a trop de vitrines dégueu et de panneaux de signalisation sans aucun rapport. La ville est sale, il y a du sable partout. Je le dis sincèrement, ça m'a choqué», a déclaré Rick Stubbe en conférence hier devant la Chambre de commerce et d'industrie du Haut-Saint-Maurice. Il est le responsable des événements et des relations publiques à la Chambre de commerce et de tourisme de la Vallée de Saint-Sauveur.
M. Strubbe a fait des études en hôtellerie à Lausanne en Suisse avant d'y faire ses débuts professionnels. Il a, par la suite, occupé plusieurs fonctions en lien avec le développement touristique aux quatre coins du globe avant de se retrouver à Saint-Sauveur. Chaque année, on estime à près de 6,2 millions de touristes qui débarquent à Saint-Sauveur pour admirer les paysages et profiter de ses sept centres de ski et de surf des neiges d'envergure ainsi que des deux parcs aquatiques.
Lors de son arrivée à La Tuque mardi, Rick Strubbe s'est fait passer pour un entrepreneur qui projette de construire un hôtel de luxe dans la région. Il a apostrophé au hasard plusieurs quidams dans la rue afin de sonder le terrain. «Les gens me disaient: Quoi? Un hôtel de luxe à La Tuque, ben voyons donc, ce n'est pas sérieux!», explique-t-il en entrevue. Bien des habitants du Haut-Saint-Maurice ne voient pas leur région comme un lieu qui intéresse les touristes.
Rick Strubbe a lancé un appel au civisme des citoyens de La Tuque en faisant l'apologie de la propreté urbaine. Il a aussi vertement critiqué les commerçants qui négligent l'entretien de leurs façades et la propreté du trottoir. «Si chacun balaie le devant de son commerce, les récalcitrants auraient de la pression pour le faire. En relation publique, on fait ce qui est bon pour l'autre en premier, car c'est pour vos affaires», souligne-t-il.
Position géographique intéressante
Le conférencier a rappelé aux gens présents lors du déjeuner que La Tuque n'est pas si loin, même que sa position présente des avantages. «Vous avez la chance à La Tuque d'être bien positionné géographiquement. Votre clientèle touristique regroupe aussi bien les gens de Shawinigan, de Trois-Rivières, de Québec, de Montréal, de Sherbrooke et du Nord-Est américain. Je suis arrivé trois heures à l'avance tellement j'étais convaincu que La Tuque était loin. Vous êtes à moins de 300 km de Montréal et de Québec», affirme Rick Stubbe.
Il invite tous les Latuquois à visiter leur ville comme un touriste le fait, avec un regard neuf, différent. «Demandez-vous ce que vous avez», dit-il. «Vous avez de grandes richesses, mais vous ne le savez même pas.»
M. Strubbe est convaincu qu'il y a beaucoup de gens qui veulent découvrir le Haut-Saint-Maurice. «Gardez en tête que votre plus grande richesse est sans doute la chasse. Les Européens et les Asiatiques rêvent de visiter une région avec tant de richesses naturelles, une si belle rivière, un centre de ski et un barrage hydroélectrique, le tout au centre-ville.»
Il cite l'exemple du petit train du Nord, cet ancien tronçon de chemin de fer de 200 km entre Mont-Laurier et Saint-Jérôme converti en piste cyclable. La piste a été développée en premier. Par la suite, tout un réseau de gîtes et d'auberges s'est implanté pour en faire ce que l'on connaît aujourd'hui.
Il précise que l'offre d'hébergement touristique d'une région comme La Tuque se doit d'être diversifiée. «Il y a de la place aussi bien pour les campings que les cinq étoiles», lance-t-il. Si la Haute-Mauricie et la ville de La Tuque veulent attirer des visiteurs, elles se doivent d'avoir un plan d'urbanisme clair, croit Rick Strubbe. «Le règlement d'affichage commercial est très strict à Saint-Sauveur. Les enseignes commerciales doivent respecter des mesures précises et avoir été conçues par des artisans. Il n'y a pas de place aux néons», affirme-t-il.










