Les critiques envers La Tuque créent des remous

La conférence de Rick Strubbe devant la Chambre de commerce et d'industrie du... (Photo: Gabriel Delisle)

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Gabriel Delisle
Le Nouvelliste

(La Tuque) La conférence de Rick Strubbe devant la Chambre de commerce et d'industrie du Haut-Saint-Maurice n'est pas passée sous silence à La Tuque.

Les propos directs et crus sur la ville qu'il a livrés ne sont pas restés ignorés. Son jugement sur La Tuque et sur son industrie touristique est toutefois perçu comme fragmentaire et incomplet.

«La conférence de M. Strubbe de la Chambre de commerce et de tourisme de la Vallée de Saint-Sauveur mercredi était celle de quelqu'un qui s'est fait une opinion rapide sur La Tuque. Il n'a rencontré personne d'ici pour lui expliquer ce qui a été fait, ce que nous faisons et ce que nous voulons faire», affirme la directrice de Tourisme Haut-Saint-Maurice, Hélène Pelletier.

«Il ne connaît pas suffisamment le portrait de la région pour aller au fond des choses. C'est dommage, car les gens peuvent avoir un arrière-goût sur les propos de M. Strubbe.»

Mme Pelletier cite l'exemple de la suggestion de Rick Strubbe de faire une patinoire sur le lac Saint-Louis situé à deux pas du centre-ville.

Les problèmes d'algues bleues dans ce lac requièrent d'importantes modifications à la structure du plan d'eau. Un système de filtration d'eau en continu l'empêche désormais de geler en hiver.

«Le lac n'est pas sécuritaire pour une patinoire. Nous avons amorcé, il y a deux ans, un projet de parc et de plage au lac. L'invasion des algues bleues a forcé la suspension du projet», explique-t-elle.

Tourisme Haut-Saint-Maurice souligne qu'une augmentation de 50 % du nombre d'entrées a été notée au Parc des chutes ces quatre dernières années.

De plus, la majorité des touristes qui choisissent le Haut-Saint-Maurice demeurent plus de deux nuitées.

La revitalisation du centre-ville est bien amorcée

Plusieurs commerces ont subi une cure de rajeunissement ces dernières années.

Les propriétaires ont investi d'importantes sommes d'argent pour donner une nouvelle image à leurs magasins et ainsi contribué à la revitalisation du centre-ville.

Réjean Leclerc est propriétaire d'une boutique d'électronique. Il prend avec un grain de sel les propos de Rick Strubbe concernant l'immobilisme de La Tuque. «Il est venu pour brasser la cage. Il a soulevé des points intéressants, mais il ne faut pas croire tout ce qu'il avance», croit-il.

Le président de l'Alliance des chambres de commerce de la Mauricie, Jean Spain, était aussi présent lors de la conférence de Rick Strubbe.

Il est le propriétaire d'une des plus vieilles entreprises familiales de La Tuque. La revitalisation du centre-ville est un sujet qui lui tient à coeur. Il a lui-même fait d'importants investissements de rénovation. Il ne partage pas l'opinion de Rick Strubbe comme quoi La Tuque n'a pas changé depuis cinq ans.

«L'ensemble de la communauté est mobilisé pour réaliser de belles choses, pour se donner une super belle ville. La Tuque offre une excellente qualité de vie rarement égalée», estime Jean Spain. «Il y a, bien entendu, encore du travail à faire. Mais il y a beaucoup de volonté.»

Le conférencier de la Chambre de commerce de Saint-Sauveur a également déploré la forte présence de sable sur les rues et les trottoirs de la ville. Hélène Pelletier remet en perspective cette situation.

«Nous sommes une ville plus au Nord. Il n'y a pas si longtemps, il y avait encore beaucoup de neige dans les rues. M. Strubbe juge de la propreté des rues à la mi-mars alors que nous ne sommes pas à l'abri d'une autre chute de neige. Les employés municipaux sont déjà à l'oeuvre pour nettoyer les rues mais, tout le monde doit faire des efforts pour le nettoyage. Par ailleurs, on ne peut pas dire que la ville est très sale en été», explique-t-elle.

30 000 km2 de terrain de jeux pour les touristes

Malgré tout, la directrice de Tourisme Haut-Saint-Maurice ne pense pas que le centre-ville de La Tuque puisse devenir une destination touristique de premier choix. L'immense territoire et ses richesses demeurent le centre d'attraction.

«Le centre-ville urbain de La Tuque n'est pas une destination touristique en soi et je ne crois pas qu'il puisse le devenir. Il peut toutefois être un endroit plus agréable et plus accueillant pour les visiteurs», souligne Hélène Pelletier.

«Mais nous ne deviendrons pas non plus une ville de magasinage comme Saint-Sauveur.»

Car elle précise qu'il ne faut pas considérer uniquement le secteur urbain de La Tuque comme destination touristique.

Rick Strubbe aurait dû, selon elle, davantage évaluer la situation de la Haute-Mauricie.

«Notre région, c'est 30 000 km2 de terrain de jeux. Il y a une grande variété de pourvoiries qui offrent des services de toutes gammes très diversifiés», précise-t-elle.

La directrice de Tourisme Haut-Saint-Maurice estime que les organismes de développement économique, touristique et social travaillent de concert.

«Il y a une belle volonté politique à La Tuque», dit-elle en soulignant au passage que son organisme participe à sept salons du tourisme par année.

«Tourisme Haut-Saint-Maurice fait d'ailleurs la promotion des attraits de la région au Salon national de la pourvoirie 2010 qui débute aujourd'hui à Sherbrooke.»

 

 

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