De retour du brasier de l'Ouest

Les pompiers forestiers Jonathan Tousignant et Steve Grand'Maison... (Photo: Gabriel Delisle)

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Les pompiers forestiers Jonathan Tousignant et Steve Grand'Maison sont de retour au Québec après avoir lutté contre les incendies aux côtés de leurs confrères britanno-colombiens pendant près de 20 jours.

Photo: Gabriel Delisle

 

Gabriel Delisle
Le Nouvelliste

(La Tuque) Les pompiers forestiers Jonathan Tousignant et Steve Grand'Maison ont combattu, avec cinq de leurs compagnons de la base de la SOPFEU de La Tuque, les violents incendies de forêt qui ont récemment fait rage en Colombie-Britannique. Ils sont de retour au Québec depuis le 20 août dernier après avoir lutté contre les incendies aux côtés de leurs confrères britanno-colombiens pendant près de 20 jours.

Steve Grand'Maison est chef de lutte au poste de La Tuque de la SOPFEU. Il combat les incendies de forêt depuis maintenant 22 ans. Il est responsable du déploiement des équipes sur le terrain.

Il étudie du haut des airs à bord d'un hélicoptère le comportement des incendies et informe les équipes de sapeurs au sol composé notamment de son collègue Jonathan Tousignant qui travaille à ses côtés depuis quatre ans.

Après un début de saison hâtif et chaud au Québec, ces sapeurs se sont envolés au début du mois d'août pour combattre les incendies qui menaçaient la petite ville de Williams Lake en Colombie-Britannique.

Cet incendie était très intense selon les deux pompiers. Les images rapportées par les bulletins de nouvelles télévisées ne réussissent pas à bien traduire la force d'un tel incendie de forêt.

«La fumée était tellement épaisse et abondante que la ville de Williams Lake, une municipalité de près de 10 000 habitants, a failli être évacuée», souligne Jonathan Tousignant.

Une topographie différente

De plus, la morphologie du territoire britanno-colombien est très différente de celle du Québec où les pompiers de la SOPFEU du Québec sont habitués de combattre. «Nous avions plus de montagnes à gravir, ajoute M. Tousignant. De plus, il y a beaucoup moins de plans d'eau qu'ici.»

Les deux pompiers forestiers expliquent que de nombreux lacs de cette région de la Colombie-Britannique sont asséchés à cette période de l'année. Ils se remplissent au printemps et disparaissent au cours de l'été.

«Nous trouvions des lacs sur nos GPS et sur les cartes, mais une fois rendu à l'endroit, il ne restait que de la boue. Alors qu'au Québec, nous pouvons toujours pomper l'eau quelque part», précise Jonathan Tousignant.

Le feu ne se comporte pas de la même façon dans les deux forêts. «Le feu grugeait la base des arbres comme un castor peut le faire. Les arbres, ainsi affaiblis, tombaient au sol. C'était le plus grand danger auquel nous devions faire face», affirme Steve Grand'Maison.

Par ailleurs, un insecte, la dendroctone du pin ponderosa ou mountain pine beetle, ravage les forêts de l'Ouest canadien. Un peu comme le fait la tordeuse des bourgeons d'épinette, le pine beetle parasite l'arbre et le tue après quelques années.

«Les arbres morts s'assèchent et deviennent d'incroyables combustibles. Il était très difficile de combattre ces feux. Et de ces arbres il y en a beaucoup. Cet insecte est un véritable problème là-bas», note Jonathan Tousignant.

L'aide apporté par les pompiers forestiers leur a permis, en quelques sortes, de rembourser une dette. Plusieurs pompiers des autres provinces canadiennes ainsi que de quelques États américains avaient, en mai et en juin dernier, combattu les incendies qui brûlaient le nord du Québec.

«C'est tout à fait normal d'aider nos collèges canadiens et américains. Sans eux, nous aurions eu beaucoup de difficulté à venir à bout de tous les incendies allumés au printemps dernier», affirme M. Grand'Maison.

«Il y avait tellement de feux que nous étions 22 à combattre un incendie qui requière normalement 80 pompiers.»

Aucune victime

Steve Grand'Maison a connu, depuis 22 ans, toutes sortes de saisons d'incendie. Il se souvient des grands brasiers de 1991, de 1995 alors qu'il était sur place à Parent lorsque l'enfer a failli brûler le village, et de 2002. Mais, il se souviendra toujours de l'été 2010 où tout est arrivé un mois plus tôt.

«Les incendies brûlaient en profondeur et étaient très violents dès le mois de mai ou juin», dit-il.

Heureusement, personne n'a été gravement blessé ou n'a péri dans ce vaste brasier. Les deux pompiers en sont enchantés.

«Notre priorité demeure la vie humaine. Nous ne pouvons qu'être heureux que personne n'ait été victime des incendies», explique Jonathan Tousignant.

La fumée, la cendre, la poussière et l'odeur de bois brûlé font partie du quotidien d'un pompier forestier. Même le sapeur d'expérience qu'est Steve Grand'Maison ne s'y est pas vraiment encore habitué.

«C'est le pire de notre travail. Nous avons quelques foulards pour nous protéger, mais c'est efficace jusqu'à un certain point. Nous devons nous y faire et l'accepter», dit-il tout sourire, car la saison 2010 est presque derrière lui.

La saison des pompiers forestiers de la SOPFEU de La Tuque est officiellement terminée. Leurs contrats sont venus à terme la semaine dernière. Ils restent toutefois libres pour d'éventuelles reprises des incendies. «Nous sommes toujours prêts à faire notre travail», conclut M. Grand'Maison.


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