«Le Festival est bien enclenché, mais il y a des éléments qui nous rentrent dans le corps. La journée de samedi est ratée, tout simplement», confie le numéro un de l'organisation.
Ce dernier refusait de se laisser abattre hier, mais n'avait rien d'un organisateur emballé. Avec la pluie tombée samedi, une journée importante pour le Festival et souvent annonciatrice de la semaine à venir, de gros sous se sont envolés. Et Yvon Picotte en est bien conscient.
«Je ne veux pas être négatif et faire peur aux gens. Mais je veux être réaliste. Je suis inquiet», dit-il.
Dans les faits, plus ou moins 15 000 personnes ont foulé les rues de Louiseville au cours de ce premier week-end d'activités. En temps normal, quatre fois plus de festivaliers auraient dû emboîter le pas. Conséquence: les ventes de bière, de petits macarons, de billets de spectacles et de produits dérivés ont chuté.
Exemple évocateur, seuls 500 spectateurs étaient présents en soirée samedi pour le grand spectacle chapeauté par Jean-François Bastien. On en espérait le double.
Du coup, reste seulement à souhaiter que Dame Nature se mette à collaborer pour sauver les meubles. Mais rien n'est moins sûr, à en croire les prévisions.
«On a un déficit pour la fin de semaine, mais ça peut se replacer. Sauf que, même si on avait une belle fin de festival, ça ne nous mettra pas dans une situation adéquate pour se préparer l'année prochaine. Et quand je regarde la température, ça ne m'impressionne pas», explique Yvon Picotte.
Selon les données soumises par l'organisation louisevilloise hier, l'événement engendrerait des «dépenses incompressibles» de 355 000 $ pour la présente édition. Impossible de prédire si les revenus pourront assumer ces sorties d'argent.
Pis encore, compte tenu des caprices de Dame Nature et des difficultés rencontrées dans la recherche de partenaires corporatifs et gouvernementaux, c'est aussi le coussin de 30 000 $ dont s'était doté le Festival qui pourrait y passer.
«On pourrait repartir à zéro avec la situation de cette année», prévient l'ancien ministre québécois.
Des affaires désastreuses
Même si le soleil s'est pointé le bout du nez hier et qu'il a attiré les festivaliers, ce ne fut pas assez pour faire oublier la journée de samedi, désastreuse sur le plan des affaires. En début de soirée, déjà, la majorité des kiosques de vente avaient fermé leurs portes, faute de clientèle.
«Désastreux ou désolant? Ça peut ressembler à ça. Mais on le savait quand on regardait les prévisions pour la météo», a dit Luc, dans un point de vente de nourriture, en hochant la tête à la vue de sa caisse enregistreuse vide.
Cette situation incontrôlable est aussi difficile à accepter pour bon nombre d'organismes sans but lucratif, impliqués dans la tenue de ce rendez-vous des adeptes du sarrasin.
Ceux-ci récoltent en effet une partie des revenus de vente des différents produits. Pour le Noël du pauvre, qui occupait un kiosque cette fin de semaine, les revenus ont chuté de 80 % en comparaison avec l'année dernière.
«On espère seulement qu'on va se rattraper dans la prochaine semaine», a confié un responsable, Robert Baril.
Notons en terminant que les activités se poursuivent toute la semaine, du côté de Louiseville. Le tout culminera par la traditionnelle parade, dimanche prochain, qui accueille habituellement plusieurs dizaines de milliers de personnes.
Un spectacle d'humour comptant en ses rangs Laurent Paquin, Alexandre Barette et Charlie Pop aura également lieu samedi soir.
Pour plus d'informations, www.festivalsarrasin.com.











