La requête déposée par M. Baril pour demander un dépouillement judiciaire du scrutin du 1er novembre a été rejetée par la Cour du Québec.
La juge Nicole Mallette a annoncé sa décision hier à Trois-Rivières, quelques heures après avoir entendu les avocats représentant M. Baril et Barbara Paillé, la mairesse élue par trois voix.
«J'imagine que les arguments n'étaient pas valables. Je suis un peu déçu, mais ça partie du contrat», admet M. Baril.
Ce dernier soutenait que le dépouillement du vote s'est fait de façon accéléré vers la fin du processus.
Selon lui, cela aurait pu être à l'origine d'erreurs. M. Baril rappelait que trois votes le séparent de Mme Paillé et que les responsables du dépouillement ont rejeté 11 bulletins.
La juge Mallette indique que l'argument du grand nombre de votes rejetés «ne peut à lui seul amener à une conclusion d'irrégularité en l'absence d'autres indicateurs».
Le taux de rejet étant de 2,37 %, cela ne crée pas une présomption d'irrégularité. Pour ce faire, il faut avoir des taux de bulletins rejetés de 3,5 % ou de 5 %.
La juge poursuit en rappelant que le président d'élection, Jean Charland, a livré un témoignage indiquant que «tout le processus s'est déroulé sans anomalie».
Dans son jugement, la juge rappelle que «le scrutateur avait comme instruction de ne reprendre le décompte que s'il n'y avait pas correspondance entre le nombre de bulletins de vote reçus du président d'élection avec l'addition des votes en faveur de chaque candidat, des bulletins annulés, rejetés et non utilisés».
Mme Mallette indique «qu'aucun décompte n'a été nécessaire, bref il n'y a aucun élément qui laisse croire à l'existence d'une anormalité».
C'est d'ailleurs ce que croyait Barbara Paillé. La mairesse de Sainte-Angèle-de-Prémont ne voulait pas présumer du verdict de la juge Mallette, mais elle était confiante de voir la requête être rejetée.
«Selon moi, ce n'était pas suffisant de penser qu'il y avait une possibilité d'erreur. On était là. J'ai vu le déroulement. De ce que j'ai vu, il n'y avait pas de problème. Le dépouillement s'est fait dans l'ordre.»
Cette décision de la juge Mallette sera vraisemblablement le chant du cygne pour le politicien Baril. Ce dernier a été maire de Sainte-Angèle de 1981 à 2005. Il y a quatre ans, il avait été battu par Barbara Paillé par... trois voix.
«Je ne pense pas revenir. L'âge avance. Et quand ça fait deux fois que les gens disent qu'ils ne veulent pas de toi, tu finis par comprendre. J'ai presque eu 50 % du vote. Je n'ai pas d'amertume. Je voulais en avoir le coeur net», raconte l'homme de 64 ans.
Barbara Paillé a maintenant l'assurance qu'elle sera la mairesse de Sainte-Angèle-de-Prémont pour les quatre prochaines années. Elle est heureuse de passer à autre chose.
«Mon adversaire avait amplement le droit de présenter sa requête même si je m'interrogeais sur ses motifs. C'est sûr que s'il n'y avait pas eu de contestation, on n'aurait pas perdu huit jours. On a des dossiers à la Municipalité et ils doivent avancer vite. Mais c'était de bonne guerre de le faire. Je me demande pourquoi il ne l'a pas fait il y a quatre ans», commente Mme Paillé, qui affirme qu'une victoire par trois votes est une victoire. «Il n'y a pas de petites victoires. Il y a des victoires et des défaites.»










