Révision de structure de postes au CSSS de Maskinongé

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Nancy Massicotte

Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Louiseville) Le CSSS de Maskinongé se prépare à mettre en place une vaste révision de structure de postes touchant les infirmières et infirmières auxiliaires de l'établissement.

Selon le directeur général du CSSS, Yves Martin, personne ne va perdre son emploi mais il y aura assurément des changements de postes et ce, afin de rétablir une situation budgétaire de plus en plus précaire.

«Nous avons constaté qu'il avait un important déséquilibre: nous avons du personnel en surplus sur certains quarts de travail et pourtant, il y a du temps supplémentaire sur le quart suivant. En plus, nous n'avons jamais eu autant recours aux agences privées en soins infirmiers. Plus on embauche, plus il y a de temps supplémentaire et un recours aux agences. Il nous a donc fallu entreprendre un exercice de révision dans tous les secteurs et ce, dans le respect de la saine administration des deniers publics», a-t-il expliqué.

Après sept périodes, le montant attribué en temps supplémentaire aurait en effet largement dépassé les estimations budgétaires, atteignant la somme de 384 021 $. Quant au recours aux agences privées qui, dans le passé, était inexistant, il a atteint 282 000 $.

Toujours à la période 7 de l'année financière, le déficit envisagé était donc de 542 000 $, ce qui est considéré comme une situation hors de contrôle selon un communiqué interne émis par la direction émis le 26 novembre dernier.

Le CSSS a donc entrepris un exercice de révision en partenariat avec les syndicats et un médiateur. Le processus s'est étiré sur quelques semaines.

Or, si le personnel avait consenti pour la période estivale à reporter les vacances et à offrir davantage de disponibilités pour assurer le maintien des services, le CSSS aurait décidé d'aller de l'avant avec des mesures plus drastiques pour les prochains mois.

C'est du moins l'opinion du Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires du Coeur-du-Québec (SIIIACQ).

«Concrètement, l'employeur veut couper 25 postes, ce qui représente 159 quarts de travail par deux semaines dont 81 qui sont déjà occupés et 78 déjà vacants. Ce n'est pas rien! L'impact sera énorme au sein des équipes de travail et cela va nécessairement avoir un effet direct sur les services à la population», a mentionné Claire Montour, présidente du SIIIACQ.

Elle souligne qu'un humain ne se résume pas à trois chiffres sur une calculatrice.

«Même si l'employeur dit que personne ne va perdre son emploi, ce n'est pas en fermant des postes que la situation va s'améliorer. Le climat de travail va devenir plus malsain et l'insécurité va augmenter. Il y a des secteurs d'activités qui vont travailler avec moins de personnel, ce qui va obliger les infirmières en place à mettre les bouchées doubles. Assurément, des services ne seront pas rendus à la population», a-t-elle ajouté.

Le SIIIACQ se dit convaincu qu'il y a des meilleurs moyens de rétablir l'équilibre budgétaire que de sabrer dans les postes.

«Nous avions des pistes de solution pourtant. Nous sommes vraiment tannés que les employeurs passent leur temps à jouer dans les plates-bandes des soins infirmiers. Pour manifester notre désaccord, des actions seront entreprises. Nous allons notamment porter du noir», a annoncé Mme Montour.

Le directeur général, Yves Martin, est pour sa part étonné que le syndicat réagisse de cette façon.

«Il ne faut pas tirer des conclusions. Je le répète: personne ne va perdre son emploi. Nous voulons tout simplement réduire le temps supplémentaire et arrêter d'avoir recours aux agences privées. Nous faisons tout ce qui a été dit depuis le début de l'exercice de révision. Nous n'allons pas couper dans les services mais plutôt modifier des structures: je donne ici l'exemple de postes de travail qui ne sont pas sur les bons quarts. Le tout se fera selon les processus prévus dans les conventions collectives», a-t-il conclu.

 

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