En Normandie pour rendre hommage à deux vétérans

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Alexandre Tremblay et Samuel Lafrenière (à l'avant) sont... (Photo: Stéphane Lessard)

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Alexandre Tremblay et Samuel Lafrenière (à l'avant) sont retournés sur les lieux où leur grand oncle et leur grand-père respectif sont débarqués il y a 65 ans pour combattre le régime nazi. Également sur la photo: Maude Lépine, Sophie Chateauvert, Jean-Pierre Frigon (enseignant), Valérie Savard et Isabelle Lafontaine-Trudel.  

Photo: Stéphane Lessard

Isabelle Légaré

Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Saint-Tite) Décédé en 2003 à l'âge de 83 ans, le grand-père de Samuel Lafrenière, 16 ans, a d'abord été un soldat. «L'homme que j'ai connu n'était pas à mes yeux d'enfant un grand guerrier. Pour moi, il était mon grand-papa, un grand-papa très généreux et très attachant», raconte avec beaucoup de fierté l'élève de l'école secondaire Paul-Le Jeune, à Saint-Tite.

Il y a quelques semaines, l'adolescent a marché sur la plage de Bernières-sur-Mer, en Normandie, où son grand-père maternel, Raymond Renière, a livré bataille il y a 65 ans.

C'était le 6 juin 1944, une date qui vient de prendre une toute autre signification pour Samuel et la trentaine d'élèves de 5e secondaire de l'école secondaire Paul-Le Jeune qui étaient aussi du voyage organisé par leur enseignant en histoire, Jean-Pierre Frigon.

Récemment, il se voyait remettre le Prix du premier ministre pour l'excellence de son approche pédagogique. En 2008, il avait été récompensé par le Prix du Gouverneur général pour la qualité exceptionnelle de son enseignement.

C'est à la suite d'un voyage effectué en 2005 au Centre Juno Beach, en France, (un lieu de mémoire permanent consacré aux Canadiens ayant servi leur pays lors de la Seconde Guerre mondiale) que M. Frigon a eu l'idée d'y retourner avec ses élèves. «C'est un endroit où s'est jouée l'histoire. Cette guerre est à l'origine du monde actuel», commente-t-il.

Alors qu'ils étaient en 3e secondaire, 33 élèves ont été choisis pour faire partie de l'aventure qui, deux ans plus tard, prend toute sa signification. Jean-Pierre Frigon voulait ainsi s'assurer qu'avant de fouler le sol de la Normandie, ces jeunes avaient bien saisi les enjeux de cette guerre et la portée des sacrifices de ceux qui y ont participé.

«Et cette année, on a été chanceux puisque deux élèves avaient un lien direct avec des anciens combattants», précise l'enseignant qui parle ici de Samuel et de son grand-père, mais aussi d'Alexandre Tremblay et d'un grand-oncle, Rosaire Gagnon, un sergent qui a malheureusement trouvé la mort à 24 ans, sept jours seulement après être débarqué en Normandie.

«Mais avant d'être tué, il avait eu le temps de libérer tout un village (Rots)», a découvert Alexandre qui a d'ailleurs profité de son passage au cimetière de Bény-Rouviers pour se recueillir sur la tombe de celui qui avait rencontré l'amour lors de son bref passage en terre hostile. Elle s'appelle Micheline Graves.

Les élèves de Paul-Le Jeune ont retracé la dame qui vit toujours et qui, à l'époque, avait fait parvenir une lettre à la mère de Rosaire Gagnon. Elle lui confiait que son fils s'était montré rassurant envers sa famille au moment des bombardements.

«(...) C'est en sortant de la tranchée, au milieu des maisons en feu, que nous avons fait la rencontre de votre fils», a-t-elle écrit en précisant que le major, qui avait fait preuve d'un courage et d'une bravoure incroyables, lui avait donné son adresse militaire dans le but de lui écrire. Le 14 juillet 1944, la jeune femme qu'elle était apprenait cependant la terrible nouvelle.

«Chaque fois que je vais au cimetière, mon coeur est bien lourd en pensant à votre fils et à votre douleur de mère», avait également confié Micheline Graves.

«Ça m'a vraiment ému», raconte Maude Lépine qui avoue avoir versé des larmes en prenant connaissance de cette histoire d'amour au destin tragique.

 

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