«Ça n'a pas de sens que la réalisation ou non d'un tel projet repose sur 98 personnes. Il faut cesser de faire du développement de cette façon. Toutes les décisions qui sont prises sur la rivière Batiscan ont un impact en aval, et donc un impact sur le projet d'une rivière au naturel», clame Johane Germain, présidente de Héritage Vallée de la Batiscan et fondatrice du Convivium Slow Food de la vallée de la Batiscan.
Mme Germain fait référence à la séance d'information qui aura lieu demain, à Notre-Dame-de-Montauban, où une nouvelle version du projet de barrage sera présentée à la population par la municipalité, alors que les citoyens seront invités à signer le registre dès le lendemain. 98 signatures seront nécessaires pour que le projet fasse l'objet d'un référendum.
Mme Germain souhaiterait avoir plus de temps à sa disposition afin de présenter à tous les maires des municipalités riveraines de la rivière Batiscan les conclusions d'une vaste étude sur le potentiel de cette rivière réalisée l'an dernier par Lucie Chevalier de l'Université d'Angers, spécialiste de l'ingénierie du patrimoine et dont le rapport s'intitule «La Batiscan, une rivière, une histoire, un terroir.»
Rappelons que le document dresse un important inventaire patrimonial et naturel de la rivière Batiscan, un plan d'eau peu touché par l'industrialisation des deux derniers siècles.
Les possibilités de développement touristique dans le respect de la nature y sont présentées comme importantes.
Or, ce rapport, peu de maires l'ont lu jusqu'à maintenant. Mme Germain estime que leur vision du développement de la rivière changerait du tout au tout s'ils en prenaient connaissance surtout que la plupart considèrent que le développement de leur région passe principalement par le développement écotouristique.
«J'aimerais bien voir combien de centrales hydroélectriques figurent dans le top 10 touristique», ironise celle qui croit fermement que le développement de la rivière Batiscan doit davantage passer par ses gens et non par «des industries non imputables.»
«Auparavant, les gens de Notre-Dame-de-Montauban comme de la vallée de la Batiscan n'avaient pas de projet citoyen. On était simplement pour ou contre un barrage. Maintenant, il n'y a pas seulement qu'un barrage, il y a un projet citoyen sur la table et qui vise à garder les jeunes ici.»
Mme Germain fait référence à un laboratoire rural qui miserait sur l'éducation comme thème porteur. Pour les deux organismes, le développement en milieu rural passe par des projets qui visent d'abord des personnes.
«C'est par les personnes qui le développement existe. Par des gens qui gagent leur vie avec le tourisme, qui sont des guides, qui louent des embarcations, qui ont des gîtes dans des maisons ancestrales. Mais ils ont toujours une épée de Damoclès au-dessus de la tête et qui retarde tous ces projets-là, à cause de ce type de construction, comme une micro centrale qui modifie le paysage à jamais.»
La dame rappelle par ailleurs que des citoyens se sont mobilisés pour protéger la Batiscan, que trois mémoires ont été présentés et que les signatures de milliers de personnes ont été déposées aux différents partis au pouvoir pour obtenir la reconnaissance patrimoniale de la rivière.
Mme Germain qui réalise maintenant qu'une course contre la montre s'est engagée, déplore que les nombreux problèmes vécus à la MRC de Mékinac aient retardé la présentation du rapport en question aux élus.









