Les arrangements qu'il signe sur cet album sont charmants, allant jusqu'à donner à certaines mélodies de Noël quelques airs tout droit sortis des années 60. Quant à elle, Noël se colle aisément à sa voix. «Ce sont des chansons que j'ai entendues toute mon enfance, toute ma jeunesse, et pourtant, je n'avais jamais chanté de chansons de Noël...»
Autour d'elle, Marie-Élaine Thibert avoue qu'au départ, certaines personnes ont hésité à accepter cette alliance professionnelle-conjugale, et qu'elle-même avait peu de crédibilité pour les convaincre. «Moi, j'étais convaincue à 100 %, mais c'était mon chum... C'est comme essayer de faire travailler sa famille dans son restaurant», sourit-elle.
Sauf qu'avec la présentation d'un premier démo, réalisé dans leur petit studio à la maison, l'entourage de Marie-Élaine Thibert a rapidement été conquis par la petite touche motown et tous les saxophones qui confèrent au-jourd'hui à son album une personnalité propre. «La compagnie de disques a découvert un nouveau réalisateur... Je pense qu'il ne le fera plus juste pour moi maintenant», rigole-t-elle.
La joie d'abord
Pour cet album de Noël, Marie-Élaine Thibert avait autant envie de ballades que de chansons plus rythmées, en autant que ce soit joyeux et non pas triste. C'est ce qu'elle retrouve sur les notes de C'est l'hiver, J'ai vu maman embrasser le père Noël, C'est l'hiver et Vive le vent, notamment.
Du côté plus sacré, elle interprète l'Ave Maria de Schubert, le Minuit Chrétiens et Sainte Nuit, alors que du côté plus contemporain, elle s'offre Happy xmas (War is over), de John Lennon, ou se paye un duo avec Grégory Charles pour Un jour Noël, une traduction d'une chanson de Stevie Wonder.
Pour effectuer sa recherche, elle a écouté quelque 200 chansons, aussi bien sur iTunes qu'en achetant de vieux albums. La chanson Danser autour du sapin vert, donne-t-elle en exemple, elle l'a trouvée sur un vieil album de Michèle Richard.
Au final, elle en a retenu 12, dont une tout à fait méconnue, qu'elle a trouvée en Europe et qu'elle fait connaître sous le titre Le Noël des enfants du monde. «C'est une chanson que les enfants chantaient dans les écoles françaises», dit-elle.
En studio, l'aventure de Noël s'est fait belle et le travail avec son amoureux lui a plu. «Je pensais que ce serait plus dur que ça. On avait un peu peur que ça tourne mal, tellement qu'on a fait attention tout le long.» Et la complicité naturelle a indéniablement provoqué quelques avantages. «On se connaît par coeur, ça aide. Il connaît mes peurs, il connaît la chanteuse et ses défauts. Il ne m'amènera pas là où je ne veux pas aller. Il sait l'endroit où j'aime chanter et dans quelle ambiance j'aime me retrouver.»
Quant à l'ambiance de son propre temps des Fêtes, elle privilégiera les fêtes en famille, histoire de se mettre à jour dans les histoires de l'un et l'autre, dit-elle. «C'est le seul moment où on est tous vraiment réunis, avec les cousins et cousines.» Et elle compte bien en profiter. «Ces dernières années, j'ai été obligée de négliger certaines fêtes, mais à Noël, c'est plus facile.»
Le spectacle
Marie-Élaine Thibert ne donnera que six spectacles dédiés à son album de Noël, soit trois à Montréal, un à Québec, un à La Baie et l'autre à Gatineau, entre les 11 et 20 décembre. «On a essayé de cibler les places les plus centrales», plaide-t-elle.
Ce spectacle sera entièrement consacré à cet album, et complété par d'autres chansons de Noël, le tout selon une mise en scène signée par son concepteur à l'éclairage et elle-même. «J'ai même fait un dessin, pour expliquer ce que je voulais», dit-elle. «Ce sera très simple, très beau et très classe. On va mettre de la magie là-dedans.»
Et au-delà de son album de Noël, elle mise sur un nouvel album original en 2009, sinon en 2010. Ce faisant, elle rêve de la France et ne s'en cache pas. Et quand elle a un rêve en tête, elle le visualise, l'écrit, et ne le lâche pas jusqu'à sa concrétisation. «Je veux essayer là-bas. J'ai très hâte, mais on y va au jour le jour.»











