Il était venu en faire la promotion au Québec en avril 2008 et depuis, cet opus s'est vendu à 900 000 exemplaires. De quoi rassurer le principal concerné, qui continuait à douter malgré ses 30 ans d'expérience, jusqu'à ce qu'il observe les chiffres. «On est rassuré», dit-il. «Avec les temps nouveaux, je ne m'attendais à rien mais apparemment, l'album est bien reçu.»
Dans ces conditions, il aborde la scène avec enthousiasme. Sur les planches, il ne connaîtrait en fait aucun problème, «si je n'avais pas toujours un peu peur d'oublier certains passages, d'oublier des paroles», dit-il. «Je me crée des inquiétudes», philosophe-t-il, «mais le trac ne dure généralement que les 15 première minutes.» Â
Au Québec, il prend plaisir à entrer en contact avec un public attentif, dit-il, et avec parfois quelques pointes d'exubérance qui lui rappellent les publics du sud de la France.
Pour sa tournée québécoise, il effectuera sensiblement le même spectacle que celui qu'il donne en France, en proposant de 20 à 25 titres, dont 8 ou 9 chansons du dernier album. Parmi ces pièces, il fera bel et bien Mademoiselle l'Aventure, une chanson qui imagine la mère de sa fille adoptive et qui lui a créé quelques problèmes.
Au printemps dernier, lors de la sortie de son album, il se demandait d'ailleurs s'il serait capable de l'interpréter en spectacle sans pleurer. Or il a choisi de la faire, mais dans des conditions favorables. «Je la chante dans l'ombre, avec un contre-jour qui fait que personne ne me voit», explique-t-il. «Je ne me sentais pas le courage de la faire autrement. Certains soirs, l'émotion est très forte.»
Pour le reste du spectacle, il puisera aussi évidemment dans son vaste répertoire pour gâter ses fans de la première heure, et pour se faire plaisir lui-même. Puisque Francis Cabrel espace ses tournées, l'exercice lui est salutaire, dit-il. «Comme je ne sors pas souvent, je ne les fais qu'une fois aux cinq ans. Ce n'est donc pas un effort. C'est comme si je les redécouvrais moi aussi. Les gens les chantent avec moi. C'est que des moments agréables.»
Sa timidité ne s'estompe toutefois pas réellement sur scène, dit-il, mais elle y cohabite sans problème. «Je ne parle pas souvent, je ne fais pas de grands discours mais ça va. Je suis comme le bègue qui ne bégaie plus une fois sur scène.»
D'ailleurs Francis Cabrel n'est pas du genre à y aller de recettes toutes faites, pas plus qu'il n'a recours à un metteur en scène. «Je n'écris rien. J'y vais avec ce qui me passe par la tête et ça dépend des soirs.»
Sur les planches, le truc le plus important pour lui repose bien davantage sur son entourage. Or cette année, il se dit choyé. À répétition pendant l'entrevue, il vante les cinq musiciens qui l'entourent. «Ce sont de très bons techniciens, des musiciens hors-pairs, des touche-à -tout. Je les admire beaucoup. J'aime beaucoup jouer de la guitare moi-même et ils font place à beaucoup d'innovations.»
Francis Cabrel a commencé sa tournée en novembre dernier, avec deux salles combles au Zénith à Paris. En janvier, il a pris quelques semaines de repos, et a poursuivi en France jusqu'à il y a quelques semaines, dans des villes de tailles plus réduites, qui s'apparentent à Trois-Rivières. «J'aime beaucoup les villes moyennes. La vraie proximité, c'est d'aller chez tout le monde.»













