Tapiskwan Sipi: un hommage à la diversité de la culture d'ici

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Tapiskwan Sipi: un hommage à la diversité de la culture d\'ici

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Tapiskwan Sipi sera présenté samedi au parc portuaire.

Photo: François Gervais

François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Pour le 375e anniversaire de Trois-Rivières, la fête a tous les visages qu'on veut bien lui donner. Christian Laflamme, musicien aussi connu que respecté, de même que Charles Guillemette, metteur en scène chevronné, donneront le leur au grand spectacle commémoratif du 4 juillet intitulé Tapiskwan Sipi.

Ce sera un spectacle unique tant par sa teneur que par le fait qu'il ne sera présenté qu'une seule fois. Les deux hommes ont mis sur pied une oeuvre singulière, qui ne ressemblera à rien de ce qu'on connaît déjà, surtout pas au spectacle d'inauguration des Fêtes, mais qui demeurera accessible à tous aussi bien dans sa forme comme dans son contenu.

C'est Laflamme qui a conçu le tout et convaincu Charles Guillemette d'en assurer la mise en scène. «L'argument qui m'a vraiment convaincu de monter à bord, c'est la volonté de Christian d'assurer un mélange des genres, dit Charles Guillemette. Il y a un bassin extraordinaire d'artistes représentant tous les genres et tous les styles, ici. Il y a un vrai bouillon de culture à Trois-Rivières et le spectacle représente ça. Quand tu mets des gens dans des contextes de mixité, les gens sont inspirés différemment et il en sort des choses extraordinairement riches. Il y a des couleurs hallucinantes qui sortent de ça. Ça donne une facture très actuelle au spectacle même s'il a des points d'ancrage historiques.»

«Ce n'est pas parce que tu es né à Trois-Rivières et que tu y vis que tu es un vrai Trifluvien, ajoute Laflamme. Si tu vis à Trois-Rivières et que c'est ton espace de travail, tu es aussi Trifluvien que moi, peu importe d'où tu viens. Ton art est inspiré par les mêmes choses, aussi. C'est clair que le spectacle veut refléter l'hétérogénéité qu'on retrouve ici. Bien sûr, c'est plus varié à Montréal parce que c'est plus gros, mais si on compare en fonction de la taille des villes, je soupçonne que Trois-Rivières est particulièrement riche à ce niveau-là.»

«Moi, je suis revenu à Trois-Rivières à cause des possibilités qu'on retrouve, ici, d'initier des trucs. C'est un beau tremplin. On peut y trouver de l'appui pour des projets moins conventionnels. C'est une ville bien plus éclatée que les gens ne le croient en général.»

«L'argument est vrai au niveau créatif mais aussi pécuniaire, de poursuivre Charles Guillemette. Je ne ferais pas ce métier-là si je ne pouvais pas en vivre et c'est vrai pour un paquet d'artistes. Ça veut dire qu'il y a une vie artistique qui permet à des gens d'en vivre.»

Donc, le spectacle sera marqué par l'hétérogénéité mais aussi par la liberté. «C'est si rare qu'on a la chance d'avoir carte blanche pour monter un spectacle, je n'avais pas le droit de refuser ça, dit le concepteur. J'avais la liberté de dire ce que je voulais et la liberté, c'est l'identité. Cette liberté-là, c'est la nôtre, les artistes, mais c'est aussi celle du public parce que les six tableaux du spectacle sont poétiques et ils laissent complètement au public le soin d'y voir ce qu'il a envie d'y voir et chaque vision est parfaitement légitime. Il n'y a pas un message que les gens doivent comprendre.»

S'il faut définir un thème, Laflamme parle de celui du voyeurisme. «J'ai créé un personnage un peu omnipotent qui jette un regard sur les choses avec le recul que donne le temps. Il ne donne pas son interprétation, mais il a quand même des réactions émotionnelles sur certains aspects. Il pose des questions: ça peut faire sourire le spectateur comme ça peut le faire grincer des dents. Ça ouvre des portes sur chacun des six tableaux. Bien sûr, il y a des points d'information, mais c'est avant tout un spectacle qui a pour but de faire vibrer les gens.»

Les deux hommes ont été touchés par l'attitude des artistes qui ont accepté de tenter l'aventure. Des artistes d'ici et d'ailleurs. «Tout le monde s'est laissé aller avec une grande générosité. Il s'est créé une sorte de communion entre les différents paliers de la production. Même si les interprètes sont tous très compétents dans leur créneau respectif, ils ont tous accepté de se fondre dans une oeuvre globale: ils ont accepté de s'oublier pour le bien du spectacle.»

«Certains ont accepté de sortir complètement de ce qu'ils font habituellement, de préciser Charles Guillemette. Je pense à Marielle Fortier-Landry, par exemple, une grande chanteuse classique qui a accepté d'interpréter une chanson mi-techno, mi-religieux avec un House Band dans un contexte multimédia. Non seulement elle a accepté mais ça a donné des résultats extraordinaires et elle trippe complètement.»

«J'ai engagé un chanteur qui chante du Venom ou du AC/DC et je lui fais chanter un remix de Charlebois avec du Claude Dubois. Finalement, il adore ça! Avec la générosité dont tout le monde a fait preuve, ça me dit qu'ils ont adhéré complètement au symbole de la fête de Trois-Rivières au moins autant qu'au concept artistique que je leur proposais, soutient Christian Laflamme. On fête Trois-Rivières mais en même temps, je savais d'avance que ça se ferait dans le contexte des nombreuses manifestations des Fêtes du 375e et aussi dans le cadre du FestiVoix, alors, je voulais quelque chose qui soit différent. Je ne pouvais pas faire la même chose que ce qui se faisait déjà.»

«On a vécu la générale et on sait que tout fonctionne. En plus, il s'est créé une énergie extraordinaire. On sait que la magie est là. Ça ne peut qu'être plus fort quand les spectateurs seront là.»

Un spectacle con�§u pour le grand public

Quand on pose la question aux deux maîtres d'oeuvre principaux de Tapiskwan Sipi à savoir quel a été l'obstacle le plus difficile à surmonter, la réponse est immédiate: «Les horaires! Essayer de réunir plus de 80 personnes pour une répétition, c'est un casse-tête incroyable. Il nous a fallu faire la générale en deux parties sur deux jours différents», de raconter Christian Laflamme, quand même satisfait d'y être arrivé.

Comme le spectacle implique la mise à contribution de disciplines artistiques différentes, de médiums différents, il a fallu s'assurer que les concepts mis de l'avant étaient efficaces et fonctionnels. «Comme le spectacle n'a lieu qu'une fois, ça nous prenait des concepts sûrs, dit Charles Guillemette. Ils le sont tous. Il nous faut aussi faire totalement confiance aux artistes. On sait qu'ils vont tous livrer la marchandise parce que ce sont des gens d'expérience et très compétents.»

La ligne de force du spectacle, son axe, c'est la trame sonore. Quatre-vingt-dix minutes de musique conçue par Christian Laflamme et dont 60 % sont des compositions originales et 40 % constituent des relectures de chansons qui existent déjà. «C'est un peu monter un film à partir d'une trame sonore», illustre Charles Guillemette.

«C'est vrai que le spectacle est différent de ce à quoi les gens sont habitués, mais c'est très accessible. On a conçu le spectacle pour que le grand public aime ça. Il s'agit simplement que les gens se laissent aller et s'abandonnent au plaisir du concept et du spectacle. Ils vont y prendre plaisir, je n'en doute pas.»

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