Ken Scott veut divertir en premier

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Ken Scott

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Photo: La Presse

Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est dans l'imagination de Ken Scott qu'ont germé les histoires de La vie après l'amour, La grande séduction et Guide de la petite vengeance. Avec Les doigts croches, il signe non seulement le scénario d'un autre long métrage, mais se lance aussi dans sa première réalisation.

«Scénariste et réalisateur sont deux métiers qui se ressemblent. Dans les deux, on raconte une histoire et dans les deux, on doit avoir une vision. Mais la différence, c'est que comme scénariste on invente, et comme réalisateur on crée», nuance celui qui a fait partie des Bizzaroïdes avant de se consacrer à l'écriture pour le cinéma et la télévision.

«Quand on écrit, on invente, c'est notre imagination, il n'y a pas de limite. Quand on réalise, on crée la vision. On est dans la réalité avec des acteurs, des décors, des contraintes de temps... On est au combat», précise-t-il.

L'inspiration dans les cafés

Ken Scott raconte que l'étincelle de laquelle est né le film Les doigts croches a été allumée il y a six ou sept ans dans un café, son endroit de prédilection pour écrire. Son intérêt s'est porté sur les discussions d'un groupe de membres des Narcotiques anonymes, à côté de lui.

Le scénariste s'est étonné du contraste entre l'allure de durs à cuir de ces hommes et le discours introspectif qu'ils exprimaient. Le cheminement de ces toughs (en apparence) n'hésitant pas à partager leurs émotions a intrigué Ken Scott. Leur désir de guérir leurs blessures et de changer l'a aussi inspiré.

Cette inspiration a engendré l'histoire de cinq petits bandits forcés de parcourir le chemin de Compostelle pour mettre la main sur leur part du magot d'un vol n'ayant pas tourné comme prévu. Pour s'approprier l'argent, les voleurs bas de gamme devront avoir complété le pèlerinage et démontré qu'ils ont changé.

Le drame de ces personnages, combiné au contraste entre leur apparence et leurs tourments émotifs a donné une comédie dramatique plus près de la comédie que du drame. D'ailleurs, le souci de divertir est au coeur de la démarche de Ken Scott.

«Avant tout, je veux que les gens rient, sourient. Je veux les faire sortir de leur quotidien et les faire voyager», décrit le scénariste et réalisateur.

Compostelle en Argentine

Les cinéphiles peuvent voyager aux sens propre et figuré à travers Les doigts croches, une coproduction entre le Canada, la France et l'Argentine. L'équipe a tourné pendant 33 jours en Argentine les scènes devant se dérouler sur le chemin de Compostelle, dont le (vrai) point culminant est à Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne.

Question budget, tourner en Amérique du Sud coûtait moins cher qu'en Europe. Aussi, comme l'histoire se déroule dans les années 1960, le paysage des chemins argentins pouvait davantage ressembler à celui de l'Espagne des années 1960 qu'à celui de l'Espagne contemporaine.

L'idée d'intégrer l'élément du chemin de Compostelle dans son histoire n'est pas étrangère au fait que la conjointe de Ken Scott a elle-même déjà complété le pèlerinage. «Je trouvais intéressante l'idée d'amener de très petites personnes, avec de très petites préoccupations, marcher sur un chemin aussi mythique», soutient le scénariste et réalisateur.

Ken Scott est satisfait de sa première réalisation. «C'est un film dont je suis fier parce qu'il a un univers à lui, une signature à lui. Les acteurs sont bons et offrent tous une performance que je trouve exceptionnelle. J'ai pu les amener dans ma vision», confie-t-il en parlant des Roy Dupuis, Patrice Robitaille, Claude Legault et autres, qui composent la distribution du film.

«C'est bien de pouvoir aller au bout de quelque chose, du début à la fin. Quand on ne fait que scénariser, on a l'impression d'organiser un party et de ne pas y aller!», compare-t-il en parlant de son oeuvre, sur les écrans le 31 juillet.

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