De l'école Chavigny aux scènes du monde

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Marie Brassard

Agrandir

La comédienne d'origine trifluvienne Marie Brassard a collaboré pendant une quinzaine d'années avec l'auteur, concepteur et metteur en scène, Robert Lepage, avant de se lancer dans la création solo.

Photo: La Presse

Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si le visage de Marie Brassard vous est familier, ce n'est certainement  pas parce qu'il inonde les pages des magazines de vedettes. Vous avez plus de chances d'avoir aperçu la comédienne trifluvienne au théâtre et au cinéma dans ses nombreuses collaborations avec Robert Lepage et dans ses créations solo.

Si Marie Brassard n'est pas une figure de proue du jet set artistique québécois, ce n'est pas parce que son parcours est banal. Sa passion pour le théâtre et la création l'a menée de l'auditorium de l'école secondaire Chavigny aux scènes d'Europe, d'Asie et d'Australie. «J'ai joué dans 22 pays!» décompte cette native du secteur Trois-Rivières-Ouest.

C'est à l'adolescence que Marie Brassard a vraiment été séduite par les arts, et particulièrement par le théâtre. En évoquant cet éveil, elle mentionne l'influence de l'enseignant Pierre Corbeil, à Chavigny, de même que son implication au sein du Théâtre de Face, avec des gens comme Gilles Devault et Renée Houle, entre autres.

«C'était un théâtre très créatif», se souvient-elle.

Les années Lepage

Pendant ses études au Conservatoire d'art dramatique de Québec, elle a rencontré Robert Lepage, celui qui allait marquer le début, et même une bonne partie de sa carrière. Son premier spectacle professionnel, La trilogie des dragons, a été créé au milieu des années 1980 avec Robert Lepage et d'autres artistes dont Marie Gignac et Lorraine Côté.

Toujours avec Lepage, sur scène, elle a participé à l'écriture et à l'interprétation de Geometry Of Miracles, Le polygraphe et Les sept branches de la rivière Ota, et au cinéma, elle a tenu un rôle dans et a repris celui de Lucie Champagne dans l'adaptation du Polygraphe au grand écran.

Sous la mise en scène de Robert Lepage, la comédienne a aussi prêté ses traits à Lady Macbeth, Ariel et Virgilia dans les productions Macbeth, La tempête et Coriolan, de Shakespeare.

L'élan de la création

Après 15 ans de collaboration avec Robert Lepage, Marie Brassard a répondu à l'appel de la création, qui la titillait depuis des années. «C'était un peu par nécessité. C'est normal je crois, comme artiste, de vouloir aller vers la création, de ressentir un désir d'indépendance et d'être totalement soi», formule-t-elle.

«Ça faisait longtemps que je voulais faire mes propres projets. Avec Robert, je sentais que j'avais fait le tour. Je ne voulais pas me sentir dépendante de lui et je ne voulais pas qu'il se sente obligé de me faire travailler», explique celle qui a fondé sa compagnie de production, Infrarouge, en 2001.

Son premier spectacle solo, Jimmy, créature de rêve, a été présenté dans le cadre du Festival de théâtre des Amériques. «Contre toutes attentes, contre mes attentes, ça a été un succès!», partage-t-elle en parlant de l'oeuvre qui a pris l'affiche dans des endroits comme Francfort, Melbourne, Paris et New York.

Quatre autres spectacles ont suivi, soit La noirceur, Peepshow, The Glass Eye et L'invisible, et un sixième est en préparation.

Le tour du monde

Autant avec Robert Lepage que dans ses projets solo, Marie Brassard a pratiquement fait le tour du monde. Un bonus professionnel plus qu'apprécié par celle qui confie: «Mon rêve premier était de voyager. Je voulais faire ça, dans la vie!»

Quand on lui demande des exemples de pays dans lesquels elle a pu partager son art, la comédienne, auteure et metteure en scène énumère le Portugal, l'Espagne, l'Autriche, la Pologne, la Norvège, l'Écosse, le Japon, Hong Kong, l'Australie, et plusieurs autres...

Les grandes chaleurs

C'est sans hésitation que Marie Brassard a accepté de tenir le rôle de Marjo dans le film de Sophie Lorain Les grandes chaleurs, inspiré de la pièce de Michel Marc Bouchard. Pas tant pour le rôle lui-même que pour s'intégrer à la démarche de deux artistes auxquels elle voue un grand respect.

«J'aime beaucoup Michel Marc Bouchard, qui a fait beaucoup pour le théâtre québécois. Sophie Lorain est très intelligente et d'une grande indépendance. Je la connais depuis longtemps. C'est donc le combiné de Michel Marc Bouchard et Sophie Lorain qui m'a attirée. Sans avoir vu le scénario, j'aurais accepté», raconte Marie Brassard.

Le scénario des Grandes chaleurs a tout de même plu à la comédienne qui incarne la soeur du personnage principal interprété par Marie-Thérèse Fortin. La comédie dramatique qui prendra l'affiche le 7 août explore la relation entre une femme de 52 ans et un jeune homme d'à peine 20 ans.

«C'est une très belle histoire, un beau thème qui parle de l'amour sans frontière, sans préjugé. Je crois à ça! Je ne suis pas très moralisatrice quand il est question de sentiments, d'amour. Je ne vois pas de limite réelle aux sentiments», confie-t-elle.

Du cinéma, Marie Brassard dit surtout apprécier la période du tournage, avec l'équipe qui forme une «grande famille» appelée à relever le défi de traduire la vision du réalisateur.

«J'aime le processus de lecture, de tournage. Le cinéma est un travail qu'on donne au tournage, et qu'on remet après aux autres intervenants», décrit-elle en faisant référence à toutes les étapes de tri et de montage des scènes, de mixage de la musique et à tous les autres aspects de la production, préalables à la sortie du film.

Même si elle s'épanouit dans la création, l'artiste trifluvienne trouve aussi du plaisir dans l'interprétation.

«Comme interprète, on doit être expert à répondre aux désirs des autres, à respecter l'idée du réalisateur ou du metteur en scène, la traduire le mieux possible. On devient une forme d'instrument. C'est un autre degré de satisfaction», conclut celle qu'on pourra également voir bientôt dans Signes vitaux, le deuxième long métrage de Sophie Deraspe.

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer