Les producteurs et l'auteur privilégiaient une réalisation féminine pour cette histoire illustrant l'amour entre une femme de 52 ans et un jeune homme d'à peine 20 ans. «Je suis allée rencontrer Michel Marc Bouchard pour parler du projet. Le propos de l'histoire m'intéressait», raconte Sophie Lorain.
«C'est le dernier tabou, une femme dans la cinquantaine qui tombe en amour avec un jeune de 20 ans. Ça m'intéressait de voir les rouages qui font que le personnage franchit la barrière», ajoute la comédienne qui signe ici sa première réalisation pour le cinéma.
Le rôle de l'amoureuse, Gisèle, est tenu par Marie-Thérèse Fortin. «Je voulais une femme de l'âge du personnage, belle, avec une sensibilité et une profondeur. Je voulais une femme à laquelle les autres pouvaient s'identifier. Je ne voulais pas une version glamour de la femme de 50 ans», décrit la réalisatrice.
C'est François Arnaud qui donne la réplique à Marie-Thérèse Fortin dans le rôle de Yannick, son jeune amant. Diplômé du Conservatoire d'art dramatique de Montréal en 2007, le comédien incarne entre autres le fils de Patrick Huard dans Taxi 22, a joué au théâtre et figure à la distribution du film J'ai tué ma mère.
«Pour le personnage du jeune homme, je trouvais que François avait la fougue et l'arrogance du jeune délinquant, et en même temps la grande naïveté du jeune adulte pas tout à fait à l'aise dans son corps d'homme», illustre Sophie Lorain.
Québec comme personnage
L'histoire de Gisèle et Yannick se déroule dans la capitale nationale. Le fleuve sépare les tourtereaux, Gisèle habitant Québec et Yannick Lévis. Sophie Lorain fait remarquer que le choix de la ville de Québec comme décor du film en sert le propos sous plusieurs aspects.
«La ville est comme un personnage. Ça prenait un écrin particulier pour une aussi belle histoire, fragile. Aussi, la ville sert le propos parce que c'est plus difficile de vivre un amour comme celui-là de façon anonyme dans une ville comme Québec comparativement à Montréal. Les obstacles et les embûches sont plus grands», observe la réalisatrice.
Le traversier qu'empruntent les amoureux pour se rejoindre se révèle aussi comme une métaphore de leur relation. «Ils sont chacun de leur côté. Ça illustre leur rapport», croit-elle.
Du petit au grand écran
Connue pour ses rôles dans des séries comme Scoop, Omerta et Fortier, la comédienne de 50 ans a aussi assuré la réalisation de deux séries télévisées, La galère et Un homme mort, ainsi que de la dernière saison de Nos étés.
«Le cinéma par rapport à la télévision, c'est un autre souffle. On a travaillé en plan large, avec un visuel adapté. C'est une autre façon de raconter l'histoire. Ce n'est pas comme à la télévision, où on fonctionne par blocs avec des pauses publicitaires», remarque Sophie Lorain.
De l'expérience des Grandes chaleurs, elle retient «une rencontre très intéressante avec Michel Marc Bouchard», et le plaisir d'avoir travaillé avec une équipe composée en partie d'artisans avec qui elle avait déjà collaboré.
Pour ce qui est de la réception du public, elle souhaite simplement qu'à la sortie de la salle de cinéma, «les gens aient passé un bon moment et vu une belle histoire».











