Pourtant, la jeune femme dispose d'atouts qui devraient la rassurer, à commencer par une expérience solide et variée, malgré son âge.
Lors de notre conversation mardi dernier, alors qu'elle se rendait à Chicoutimi pour promouvoir son film, la réalisatrice se trouvait dans une zone de points d'interrogation.
Personne du public ou du monde des critiques ne lui avait encore fait part de ses réactions devant sa première réalisation d'un long métrage.
Mariloup Wolfe est connue pour son travail de comédienne dans des séries comme Tag, Deux frères, Jean Duceppe et C.A., et surtout pour son rôle de Marianne dans la série jeunesse Ramdam. Au cinéma, elle a notamment figuré dans les distributions des films C.R.A.Z.Y. et À vos marques... PARTY!
La comédienne ne s'est pas improvisé réalisatrice. Forte de ses études en production cinématographique à l'Université Concordia, elle a réalisé plusieurs courts et moyens métrages récompensés de divers prix.
En télévision, elle a signé la réalisation de plusieurs épisodes de la série Kif-Kif, en plus de travailler en publicité, en créant notamment des messages pour le Ministère de la santé et des services sociaux et la Commission des normes du travail.
Un long processus
Les pieds dans le vide tient ses bases sur la détermination. «C'est un projet qui a débuté il y a plusieurs années. Le producteur Claude Veillet cherchait à faire un film sur la génération des 20-30 ans. Il a demandé à Vincent Bolduc d'écrire un scénario», commence Mariloup Wolfe en parlant de la genèse de l'aventure.
Le comédien Vincent Bolduc a travaillé pendant deux ans pour élaborer son premier scénario, qui allait devenir Les pieds dans le vide. Quand vint le temps de proposer le nom d'une personne pour réaliser le film, le scénariste a suggéré celui de Mariloup Wolfe, avec qui il avait déjà travaillé.
«Le producteur était un peu sceptique. Il me voyait plus comme la Marianne de Ramdam, et trouvait que je n'avais pas beaucoup d'expérience. Mais je suis une fille de défi!» raconte la jeune trentenaire en évoquant les efforts qu'elle a investis pour convaincre Claude Veillet de la choisir parmi les trois réalisateurs en lice.
«Claude encourage la relève. Il a commandé un scénario à Vincent, qui n'en avait jamais écrit, et il a choisi la réalisatrice avec le moins d'expérience!» constate-t-elle. L'équipe a déposé son projet à la Sodec et à Téléfilm Canada deux fois avant qu'il ne soit accepté lors de la troisième et ultime tentative.
Entre chaque dépôt, le scénariste et la réalisatrice ont modifié des éléments. «Pour la troisième fois, on a travaillé le scénario pendant un an. On a ajouté l'élément parachutisme. C'était au départ un film de danse!» relate Mariloup Wolfe.
«Le parachutisme est presque devenu un personnage. Je trouvais que c'était un sujet hyper cinématographique. J'aimais le côté extrême, l'adrénaline, l'aspect de frôler la mort pour se sentir vivre», ajoute-t-elle. Ainsi, les relations entre les trois personnages principaux sont reliées à la pratique du parachutisme.
Une des vedettes du film, Guillaume Lemay-Thivierge, est d'ailleurs un adepte de ce sport extrême. «Il a fait ses cascades lui-même!» précise Mariloup Wolfe en parlant de son conjoint dans la vie. Laurence Leboeuf et Éric Bruneau complètent le trio dont les relations vont s'entrecouper et s'entredéchirer pendant l'été.
La piqûre
La réalisation de son premier long métrage fut «une belle école» pour Mariloup Wolfe, qui a avait déjà retenu plusieurs leçons de ses expériences antérieures. «Comme comédienne, j'ai travaillé avec plusieurs réalisateurs. J'ai aimé certaines choses, d'autres moins. J'ai pu m'en inspirer, ou ne pas m'en inspirer!»
Aussi, le travail de la réalisatrice a été facilité par la longue gestation du projet. «Ma démarche artistique était fixée depuis longtemps. Tout était très limpide dans ma tête au moment du tournage. J'étais bien préparée», observe-t-elle.
«J'ai vraiment eu la piqûre. Je veux faire d'autres longs métrages. Mais les semaines à venir vont être déterminantes, vont en dire long sur la suite des choses», conclut-elle en espérant que le public, les critiques et les producteurs apprécieront son oeuvre.?










