Le scénariste, la réalisatrice et les comédiens, tous dans la vingtaine ou le début de la trentaine, présentent un film qui reflète leur génération.
Les jeunes comédiens sont souvent associés à des séries ou films jeunesse ou sont confinés à des rôles de «fils ou fille de», dans des productions où les têtes d'affiches sont le monopole des figures connues du showbiz québécois.
Les pieds dans le vide a été écrit par Vincent Bolduc, réalisé par Mariloup Wolfe, et raconte l'histoire d'un groupe d'amis l'espace d'un été dans un centre de parachutisme. Guillaume Lemay-Thivierge, Laurence Leboeuf, Éric Bruneau, Adam Kosh et Vincent Bolduc se partagent la vedette du film tourné à l'été 2008.
L'équipe semble avoir apprécié cette expérience «entre jeunes». «On a vite parlé le même langage. On se comprenait sur les enjeux. On se comprenait tout de suite, comme si on venait de la même place», observe Éric Bruneau, qui tient le rôle de Rafaël, un jeune parachutiste avide de sensations fortes et de défis risqués.
«On est de la même génération et on partage la même passion pour le cinéma, le jeu. Et on s'est fait offrir une belle proposition de style de jeu, avec des personnages de nos âges», ajoute Guillaume Lemay-Thivierge, qui incarne Charles, le propriétaire du centre de parachutisme. Un rôle pas si loin de sa réalité, lui qui possède une école de parachutisme dans Lanaudière. Le comédien de 33 ans a découvert ce sport extrême à l'âge de 18 ans, a suivi les formations lui accordant les permis de type professionnel et compte plus de 1500 sauts à son actif.
Un jeu dans la nuance
Les jeunes comédiens ont apprécié le niveau de complexité et la nuance qu'ils ont pu explorer dans leur interprétation, sous la direction de Mariloup Wolfe. «Les personnages ne sont pas des clichés de jeunes. Ce sont des humains comme on les connaît, avec tout ce qui fait que l'humain est ce qu'il est», note Éric Bruneau.
«Quand un personnage est fâché, il ne reste pas fâché pendant tout le film», illustre Guillaume Lemay-Thivierge, en commentant le côté réaliste de la personnalité des personnages, de leurs émotions et de leurs réactions.
«Quand on joue un personnage de notre âge qui est comme nous, parfois notre personnage devient linéaire. On est un peu plate. Quand c'est loin de notre personnalité, on a beaucoup de nuances à jouer, comme le personnage d'Adam. Ou toi, Laurence, tout était dans la subtilité, en retenu...» remarque-t-il en regardant ses collègues.
Adam Kosh a dû soutenir le rôle d'un jeune en quête de son identité sexuelle. «J'ai été intéressé par le défi posé par mon personnage. Il aurait pu tomber dans la caricature. Il fallait le jouer sobre et nuancé», analyse le comédien qui a notamment joué dans Watatatow et Kif-Kif.
Quant à Laurence Leboeuf, elle personnifie une jeune femme de 20 ans dont le coeur balance entre Raf et Charles.
«Ce sont des relations vraies, qu'on a dans nos vies. L'amour et l'amitié entre gars et filles, c'est parfois dur à gérer. C'est ça, un peu, le triangle», dit celle qu'on a entre autres pu voir dans le film Ma fille mon ange, et dans la série Les Lavigueur, la vraie histoire.?











