Le chemin tranquille de Vincent Vallières

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Le chemin tranquille de Vincent Vallières

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Vincent Vallières lance son cinquième album, Le monde tourne fort.

Photo: Olivier Croteau

Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Vincent Vallières fait partie de la génération de jeunes auteurs-compositeurs-interprètes québécois qui cheminent peut-être plus discrètement que d'autres artistes plus commerciaux, mais tout aussi sûrement dans leur créneau.

À peine âgé de 31 ans, l'Estrien lance son cinquième album, Le monde tourne fort. Ses deux premiers opus, Trente arpents et Bordel ambiant, il les a enregistrés alors qu'il étudiait à l'université en enseignement du français et de l'histoire au secondaire.

Son troisième disque, Chacun dans son espace, a été créé à moitié dans sa ville natale de Sherbrooke et à moitié à Montréal, où il a vécu pendant quelques années et a fait naître son quatrième album, Le repère tranquille.

Avec sa petite famille (il a trois enfants!), il est revenu dans sa région d'origine et s'est installé à Magog.

«C'est beaucoup pour la famille que nous sommes revenus en Estrie. Étant plus jeune, j'avais connu cette proximité avec la nature. Nous sommes près du mont Orford, du lac Memphrémagog...», énumère-t-il.

C'est pendant son adolescence à Sherbrooke que Vincent Vallières a développé son intérêt pour la musique.

«Quand j'étais jeune, ma mère m'avait fait suivre des cours de piano. Ça avait duré deux mois et demi, je n'aimais pas ça!», raconte celui qui a finalement eu la piqûre pour la musique au début du secondaire, et qui a reçu sa première guitare à l'âge de 14 ans.

Comme plusieurs ados, Vincent Vallières a formé un groupe avec des amis, et dès la fin du secondaire, il jouait ses propres compositions.

Il a aussi commencé à jouer dans les bars et dans des événements comme des mariages. Le bassiste qui l'accompagne encore aujourd'hui, Michel-Olivier Gasse, est le même qui jouait avec lui à l'adolescence.

«On gardait l'argent que le groupe gagnait et au Cégep, on a pu enregistrer un premier démo qu'on a vendu à 1000 copies en Estrie!», relate l'auteur-compositeur-interprète.

«Six mois après la sortie du démo, j'ai eu mon premier contrat de disque», ajoute-t-il.

Le nouveau disque

Les 13 chansons du nouvel album de Vincent Vallières traduisent son évolution en tant que personne et en tant qu'artiste.

«Je le sens comme la fin d'un cycle. Un cycle qui a commencé avec Chacun dans son espace. C'est la fin de quelque chose, mais c'est aussi comme une porte qui s'ouvre sur autre chose», décrit-il.

Inévitablement, la maturité qui vient avec l'âge et l'expérience influence la création. «Mon rapport à la chanson comme auteur est plus personnel. Il y a beaucoup de choses que je n'aurais pas pu écrire il y a cinq ans, parce que je puise dans ce que je vis, dans ce que je connais», témoigne l'artiste.

Quant à la musique, Vincent Vallières ne cherche pas à l'inscrire dans un créneau particulier ou à faire en sorte qu'elle corresponde aux moules préfabriqués.

«C'est un disque en continuité avec ce que j'ai fait avant, sans toutefois qu'il soit pareil! C'est de la chanson folk, un peu rock. Il n'y a pas de désir d'être à la mode ou au goût du jour».

Le monde tourne fort est coréalisé par Vincent Vallières et Olivier Langevin. À son équipe de musiciens s'ajoutent comme invités spéciaux Jean-Louis Cormier à la guitare sur une pièce, et Marie-Pierre Arthur à la voix sur une autre.

Le jeune auteur-compositeur-interprète est conscient que le défi de la pérennité passe par le renouvellement. «Pour durer, il faut trouver comment vieillir avec son public, trouver comment faire en sorte que les gens nous suivent», analyse-t-il.

Un métier qui lui plaît

Le cheminement de Vincent Vallières démontre qu'il est possible de gagner sa vie comme auteur-compositeur-interprète. Si on y investit les efforts requis, insiste-t-il par contre.

Le métier d'artiste ne figure pas à la liste des professions les plus conventionnelles et les plus adaptées aux gens insécures. Vincent Vallières, lui, se plaît dans la formule.

«J'ai appris à aimer l'incertitude, les surprises qui viennent avec ce métier-là, les rencontres qu'on y fait. J'aime aussi qu'il se fait par cycles», indique-t-il en évoquant la rotation écriture d'un disque, tournée de promotion, tournée de spectacles.

En parlant de spectacles, le chanteur se nourrit aussi de ce volet de son travail. «C'est ce que j'ai fait le plus, c'est l'aspect du métier que je maîtrise le plus», affirme-t-il en parlant de la scène.

«J'aime l'énergie de la scène, j'aime que les gens viennent et se rassemblent autour des chansons. J'aime que les spectacles soient rock and roll, qu'on réussisse à s'oublier pour que  les spectateurs réussissent aussi à oublier leur quotidien, qui est parfois pénible», dit-il.

En 10 ans de carrière et avec plus d'une soixantaine de titres enregistrés, Vincent Vallières a reçu plusieurs témoignages qui valorisent l'essence de ce qu'il fait et valident la signification de son travail.

Si on le lui demande, il peut citer plusieurs exemples de gens qui lui ont confié soit s'être connus à un de ses spectacles, avoir fait jouer une de ses chansons à leur mariage ou avoir voyagé avec un de ses albums comme trame sonore.

Une jeune femme atteinte de cancer en attente de traitement lui a même dit qu'une de ses chansons la réconfortait et l'encourageait.

L'artiste apprécie que ses créations revêtent une dimension toute personnelle pour les gens qui se les approprient, qu'elles trouvent une autre vie à travers ceux et celles qui les écoutent.

Vincent Vallières avoue également avoir été étonné de voir sur You Tube des musiciens interpréter ses chansons.

«Quand d'autres reprennent tes chansons, c'est un peu là que tu entres dans le folklore», considère-t-il avec la même humilité qui caractérise l'ensemble de son discours.?

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