À 25 ans, la native de Varennes vient de lancer son troisième album, et le succès la suit depuis que le grand public l'a découverte à Star Académie en 2003.
Le passage à cette émission-concours peut être perçu comme un tremplin trop facile par les lots de musiciens et chanteurs qui peinent depuis des années à tenter de vivre de leur art.
Mais à entendre Marie-Mai parler de son cheminement, on ne peut l'imaginer ailleurs que sur une scène. Tremplin «facile» ou non.
«J'ai composé ma première chanson à six ans! Ça disait: ?Que la guerre ne soit pas/Que la paix arrive/Tout l'amour me revient dans mon coeur/Toute la ville est heureuse/Nous avons chanté l'espoir?, et il y avait une petite musique avec ça!», se souvient celle qui a entrepris des cours de piano à sept ans.
Sept ans, c'est aussi l'âge auquel Marie-Mai Bouchard a annoncé à sa mère qu'elle voulait être chanteuse. Jamais elle ne changera d'idée, jamais un autre rêve ne l'habitera.
Elle avoue qu'elle n'était pas la meilleure élève. Parfois distraite, elle continuait d'écrire des chansons (ses agendas du secondaire en sont remplis!) et de s'imaginer sur une scène, à quelque part.
C'est en quatrième secondaire que les gens ont découvert le talent de Marie-Mai, dont seul l'entourage proche connaissait les ambitions artistiques.
Son talent s'est dévoilé à plus grande échelle au sein de la comédie musicale Rock'n'Nonne, à l'école qu'elle fréquentait.
Un an plus tard, elle entrait pour un an à l'Académie Johanne Raby pour y suivre une formation alliant théâtre, musique, comédie musicale...
Puis à 19 ans vint Star Académie, qui lui a permis de concrétiser les rêves qui l'animaient depuis l'enfance.
Son premier album, Inoxydable, est sorti en 2004, suivi par Dangereuse attraction en 2006 et Version 3.0 en septembre dernier.
«Mon premier album, je le vois comme une initiation à tout le processus artistique. Il y avait beaucoup de naïveté, sur cet album. Tout était frais, j'étais assez verte!», analyse-t-elle.
Son deuxième opus lui a permis de peaufiner son apprentissage, de se faire confiance et d'assumer les voies qu'elle privilégiait.
Ses trois albums ont été créés en compagnie de Fred Saint-Gelais, son complice musical et amoureux. Ils ont coécrit les pièces des deux derniers, alors que Marie-Mai avait ajouté sa plume sur quatre ou cinq titres du premier.
«Le troisième album, je le vois comme un aboutissement. Fred et moi, on se connaît par coeur. On sait ce qu'on aime, ce qu'on n'aime pas... C'est un album homogène où chaque chanson a sa place. Il est plus intense aussi. Pour les textes, je me suis posé des questions sur ce dont j'avais envie de parler», décrit Marie-Mai.
L'artiste s'est nourrie autant de ses expériences personnelles que de celles des autres pour les textes des 12 pièces de l'album.
Elle s'est inspirée de gens de son entourage, comme pour Plaisirs amers, qui évoque la dépendance aux drogues d'une personne proche, mais aussi d'événements de l'actualité, comme sur la pièce J'attendrai mon tour.
«J'ai été touchée par le texte publié dans les journaux par la mère d'Anne-Sophie et Olivier Turcotte, qui avaient été tués par leur père», explique Marie-Mai, qui a aussi écrit une chanson pour donner de l'espoir aux jeunes (Rebâtir notre histoire).
La dernière pièce de l'album, en anglais, témoigne des rêves de Marie-Mai, qui ne cessent de s'amplifier! Oui, elle aimerait percer le marché américain, mais elle savoure aussi son succès au Québec.
«Ça va bien! Mes albums vont bien, mes tournées vont bien. C'est encore plus beau que ce que j'avais imaginé. J'ai toujours des rêves encore plus grands. J'aimerais écrire des chansons pour d'autres artistes par exemple», note Marie-Mai, qui en a déjà composé deux pour Marc Dupré.
«Oui, j'aimerais partir à la conquête des États-Unis. Mais je vis tellement mon rêve, ici, je suis bien ici! Je suis tellement chanceuse de vivre ce que je vis», conclut-elle.
Faite pour la scène
Il suffisait d'être au spectacle d'ouverture des fêtes du 375e anniversaire de Trois-Rivières (Le Phénix) le 9 mai, pour constater à quel point Marie-Mai correspond à la définition de bête de scène.
Il avait plu à boire debout toute la soirée, et la rousse chanteuse était arrivée comme un tourbillon de soleil, sur scène, occupant l'espace avec énergie, dynamisme et fougue. La regarder faisait presque sécher nos vêtements!
«Sur scène, j'ai besoin de me déplacer partout!», reconnaît celle qui a toujours voulu faire ce métier. «Au primaire, j'étais lunatique. Je n'écoutais pas toujours... Je m'imaginais plutôt sur une scène», se souvient-elle.
Dans sa classe du primaire, Marie-Mai ne se visualisait peut-être pas au Centre Bell, qu'elle a rempli deux fois, les 14 novembre 2008 et 1er mai 2009, pour présenter son spectacle Dangereuse attraction.
Une belle expérience, dont elle a davantage savouré tous les moments avec émotion la deuxième fois.
Ces soirées au Centre Bell n'ont pas blasé Marie-Mai, qui n'ajuste pas ce qu'elle donne selon la grandeur de la salle.
«Que ce soit dans une salle de 200 personnes ou au Centre Bell, c'est un partage avec la foule. En tant que performance, c'est le même spectacle», considère-t-elle.
La jeune femme avait vécu un baptême de scène professionnelle assez consistant lors de la tournée de la première mouture de Star Académie, un périple ayant mené ses participants dans une aventure de 45 spectacles en 52 jours.
Six ans plus tard, plus de 51 000 spectateurs ont vu son spectacle Dangereuse attraction, présenté plus de 70 fois à travers le Québec.
La tournée soutenant le nouvel album débutera en février 2010 et s'arrêtera à la salle J.-Antonio-Thompson de Trois-Rivières le 10 avril.











