Pour ces célébrations du passé, elle a pensé à l'avenir et à la relève en arts visuels. Son regard s'est porté vers les filles, principalement parce qu'au départ, les noms d'artistes féminines de la relève lui venaient plus facilement en tête.
C'est une approche qui en vaut d'autres et qui a donné naissance à l'exposition Rose miel comme couleur présentée à la Maison de la culture jusqu'au 22 novembre prochain.
L'événement a ceci d'intéressant qu'il est autant l'exposition de sa commissaire que celle des artistes invitées, ce qui ne minimise évidemment en rien leur valeur.
Il reste que Marie-Andrée Levasseur a choisi les artistes, trouvé les paramètres de l'exposition, le thème et en a assuré l'accrochage ce qui n'est pas que formalité.
La commissaire a choisi des artistes qui s'impliquent dans le milieu culturel trifluvien en y travaillant en plus de poursuivre une démarche artistique autonome.
Elle a porté son attention sur quinze jeunes femmes, sans égards à leur médiums de prédilection.
Ce sont, par ordre alphabétique: Isabelle Ayotte, Suzie Bergeron, Marie-Ève Bérubé, Chantal Berthiaume, Évelyne Boutet, Isabelle Clermont, Marie-Jeanne Decoste, Isabelle Gauvin, Joanie Gélinas, Sophie Guillemette, Valérie Guimond, Fontaine Leriche, Marie-Ève Proteau, Josiane Vincent et Ève Tellier-Bédard.
À chacune, on a demandé d'interpréter un thème issu de l'imagination de la commissaire.
«Dans ma réflexion, j'avais accroché à la seconde partie du titre: «comme couleur». Par la suite, j'ai écrit trois feuilles d'associations de mots qui m'interpellaient pour finalement, avec l'aide de collaboratrices, fixer mon choix sur «rose miel».
Je ne savais pas que ça pourrait susciter des réflexions aussi intéressants de la part des artistes Je ne pensais pas qu'elles pourraient aller aussi loin à partir de ces deux simples mots.»
Chaque artiste a eu droit à un mur des deux salles d'exposition et devait présenter sa démarche dans un court texte. Alors que ces textes sont souvent accessoires dans des expositions, ceux-ci sont particulièrement intéressants.
Comme toutes les artistes partent d'un même point de départ, on peut voir se définir le processus créatif alors qu'elles nous entraînent dans leur démarche.
Chacune joue avec le thème à sa façon et se dévoile ainsi plus qu'elles ne le pensent, probablement.
Certaines offrent une explication technique, d'autres laissent vibrer leur coeur ou leur imagination, y allant de réflexions qui nous entraînent dans les méandres du processus créatif. Elles nous invitent assurément à une réflexion sur l'art même.
Aucun des textes ne supplante les oeuvres, évidemment. Rose miel comme couleur a non seulement le grand intérêt de nous présenter des artistes qu'on a peu vu, leurs carrières étant encore jeunes.
Voici une exposition vibrante qui témoigne d'une très belle et prometteuse vitalité et d'une variété tout aussi satisfaisante.
Ces talents qui représentent 50 % de ce que sera le domaine des arts visuels trifluviens nous disent déjà qu'il sera riche et qu'il fera notre fierté.
On est rapidement captivé par les différences dans les approches. Aussi par la force symbolique de cette couleur rose qu'on pourrait croire inoffensive mais qui se révèle incendiaire, touchant à l'identité même de ces femmes.
On ne peut pas ne pas être frappé par combien profondément les artistes s'impliquent, combien profondément elles sont interpellées quand vient le moment de créer. Elles ne créent pas avec des pinceaux ou des matériaux mais avec leur âme.
Auréolée d'un titre provincial, Marie-André Levasseur vient de réaliser un de ses meilleurs coups en carrière avec Rose miel comme couleur.
Si elle n'avait que le mérite de nous faire connaître la relève féminine, ce serait déjà beaucoup, mais elle a trouvé une ruse pour que ces jeunes femmes aillent plus loin et se révèlent d'une façon assez troublante.
C'est à voir, assurément. Et pour les hommes qui se sentent, fort justement, victimes de discrimination, la commissaire garantit qu'elle leur donnera la vedette dans une exposition sur la relève masculine mais qu'on ne la verra pas avant 2011 puisque 2010 est déjà complet au Centre Raymond-Lasnier.
Place aux femmes, elles le méritent.











