Apprendre et être stimulé

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Dans la peau d'un médecin, père d'une fillette... (Photo: La Presse)

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Dans la peau d'un médecin, père d'une fillette qui a été violée et tuée par un maniaque, Claude Legault a trouvé un rôle exigeant et confrontant qui lui a offert un défi à la hauteur de ses exigences.

Photo: La Presse

François Houde

François Houde
Le Nouvelliste

Il a beau être un des acteurs les plus visibles au Québec depuis quelques années, Claude Legault a quand même le luxe de choisir ses rôles. En adoptant la peau du Dr Bruno Hamel dans Les sept jours du talion, il a trouvé un personnage qui l'a profondément interpellé et qui lui a offert  un défi stimulant.

On devine aussi, et Legault en convient volontiers, que le rôle a impliqué une certaine forme de souffrance.

«C'était un défi très stimulant mais dur, aussi. Je me suis tellement demandé comment je pourrais l'interpréter. J'ai foncé et j'ai vécu de grosses angoisses. Finalement, Podz et moi, on a convenu que ça ne pouvait pas être une question technique, qu'il fallait juste être dans la vérité du personnage.»

Une vérité pas confortable du tout. Rappelons, pour ceux qui ne le savent pas, que le personnage de Bruno Hamel est un père dont la fillette a été violée et tuée par un maniaque. Quand la police met le grappin sur l'individu, Hamel trouve le moyen de l'enlever pour l'isoler et le torturer pendant sept jours avant de se rendre à la police.

«C'est un film sur la vengeance et la culpabilité. Il se venge en partie parce qu'il se sent coupable de ne pas avoir été là pour empêcher ce qui est arrivé à sa fille. Il le fait aussi à cause de sa grande souffrance. Perdre son enfant de cette façon, c'est l'horreur; ça doit être épouvantable à vivre.»

«C'était intéressant, parce que Bruno Hamel est quelqu'un qui, normalement, sauve des vies, mais dans les circonstances il traverse du côté sombre. Il pense que la vengeance va le soulager. Sauf que plus il se venge, pire est son état émotionnel. J'imagine que c'est une situation qui doit venir chercher toutes les failles morales qu'un individu peut avoir au fond de lui.»

La souffrance du personnage apparaît telle au spectateur qu'on se demande si le personnage avait vraiment le choix de se venger. Legault a son opinion sur le sujet.

«Oui, il aurait pu ne pas se venger. Malgré l'extrême douleur, la plupart des gens dans la même situation arrivent à survivre sans cette vengeance. J'imagine que chaque individu s'en sort avec les munitions intimes qu'il a. Certains tombent dans une profonde dépression. La réaction de haine est normale, mais je ne sais pas si c'est justifiable pour autant. On vit dans une société qui a ses règles, son éthique sociale. Le film remet beaucoup de choses en question comme la justice, les peines pénales, etc. Personnellement, je trouve qu'on devrait donner des peines plus sévères et travailler davantage dans le sens de la réhabilitation des criminels dangereux. Ceux qu'on ne peut réhabiliter, il faut faire en sorte qu'ils ne puissent pas nuire. Il faut mettre plus d'argent dans notre système carcéral pour protéger les gens.»

Les spectateurs trouveront sans doute que Legault atteint une vérité troublante dans son interprétation. Le truc?

«Avant chaque scène, Podz (le réalisateur) me disait de me rappeler ce que ce pervers avait fait subir à ma fille. Je me mettais en tête ce qu'ont dû être les derniers moments de cette fillette et j'étais toujours dans cette émotion-là. J'ai appris à travers les années que quand je nourris bien mon personnage au niveau émotionnel, ça se manifeste d'une certaine façon dans mon visage.»

«Ce qui m'intéresse d'abord et avant tout au bout du compte, c'est le public et je pense qu'il va embarquer. Je suis satisfait du travail qu'on a fait. Ç'a été un rôle compliqué et j'ai appris des choses à travers ça. C'est ça que je recherche dans mon métier.»

Par ailleurs, Claude Legault a pris une certaine pause dans son métier de comédien. Un besoin de se ressourcer après avoir été présent de façon constante pendant près de huit ans à la télévision.

«J'ai refusé de belles offres mais je n'étais pas là dans mon cheminement. Par honnêteté, j'ai préféré décliner.»

Il a pris de longues vacances l'été dernier et il est présentement à l'écriture de quelques projets dont un de série pour la télé mettant en vedette des policiers dans le cadre de leurs patrouilles quotidiennes.

«Écrire est plus épuisant que de tourner. Les journées sont lourdes, c'est confrontant mais en même temps, je me dis que j'ai la chance d'avoir un crayon avec lequel je pourrai, éventuellement, créer de la job pour 150 personnes. Ça me valorise.»

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