Dany Carpentier anime Gérard D. Laflaque

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Dany Carpentier... (Photo: Stéphane Lessard)

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Dany Carpentier

Photo: Stéphane Lessard

Louise Plante
Le Nouvelliste

(Saint-Maurice) La chose va sans doute vous étonner mais l'âme de Gérard D. Laflaque réside... à Saint-Maurice.... dans un sous-sol. Plus précisément, chez l'animateur 3 D, Dany Carpentier.

Personne ne conteste la paternité du caricaturiste Serge Chapleau quant au truculent chef d'antenne de Radio-Canada qui, les dimanches soirs, livre sa version décapante de l'actualité avant d'entraîner les téléspectateurs dans des épisodes surréalistes de sa vie personnelle et sentimentale.

Toutefois, si Gérard nous est si sympathique ou... très antipathique, c'est beaucoup grâce à Dany Carpentier qui se charge de lui donner des expressions et de le rendre le plus vivant possible... bref de lui donner une âme grâce à l'informatique et des logiciels.

Le jeune homme est l'un des diplômés du collège multimédias C.R.A.C.K. qui a ouvert ses portes à la fin des années 90 dans le voisinage du Cégep de Trois-Rivières, alors que le cinéma d'animation connaît un essor sans précédent.

De contrat en contrat (dont Météore Studio pour la CBC), il aboutit chez Vox Populi après qu'un ami lui eut parlé du projet Et Dieu créa... Laflaque. Dany est engagé.

«Quand je suis arrivé, ce n'était que pour trois mois seulement. J'ai animé le pilote de l'émission qui n'existait pas encore sous sa forme actuelle. J'étais seul en studio avec le gars de la comptabilité», raconte-t-il en riant.

Mais, comme on ignore encore si Radio-Canada va embarquer,  une fois le pilote terminé, Dany se retrouve au chômage pour environ trois mois. Grâce aux références des réalisateurs du projet Gérard D. Laflaque, il travaille ensuite pour le film Spookley the Square Pumpkin (Obdvious Animation) dont l'histoire est basée sur un livre pour enfants.

Il s'y fait à nouveau beaucoup de contacts qui seront déterminants pour son avenir. On lui parle entre autres du show pour adultes de Teletoon, Tripping The Rift, qui entreprend sa deuxième saison.

Mais entre-temps, les réalisateurs du projet Et Dieu créa... Laflaque obtiennent enfin le feu vert et s'empressent de rappeler le jeune animateur.

«J'ai travaillé à Montréal un an et demi. Au début, j'ai fait un peu d'animation comme telle. Mais aujourd'hui l'animation corporelle de Gérard, la capture de ses mouvements, est faite par modélisation 3D. Je reçois ici (à Saint-Maurice) le rough d'une scène. Le bonhomme bouge mais pas ses mains, la tête bouge mais sans expression et il y a beaucoup d'interpénétrations des images à corriger. L'animation corporelle est presque déjà toute faite. Sinon, ce serait impossible de faire une émission à toutes les semaines. Ça revient vite.»

On sait que Et Dieu créa... Laflaque est aussi une émission d'actualité ce qui impose forcément un travail de dernière minute. «Ce qui est fait en dernière minute et qui concerne l'actualité est complété à Montréal. L'émission compte neuf animateurs. On ne prend pas de chance au cas où je perdrais Internet... ce qui n'est pour ainsi dire jamais arrivé en cinq ans.»

Dany est surtout spécialisé dans la partie téléroman de l'émission. Il a aussi travaillé plusieurs fois au spécial jour de l'An. Les éditoriaux (Laflaque se mouille), Chez Pierre, chez Madame Loulou sont aussi des segments d'émission sur lesquels il bosse régulièrement.

C'est donc dire qu'il touche à tous les personnages. Ses préférés? Marcel, le fils de Gérard.

«Marcel est cool avec sa drôle de voix, et il est plus l'fun à animer. J'aime bien aussi Me (Guy) Bertrand. Il est très caractérisé, il se trouve beau. Je le trouve comique.»

Côté politiciens, Dany adore Sarkozy. «Il est très expressif à cause du côté Louis de Funès qu'on lui a donné et qui nous permet de lui donner des expressions plus grandes que nature. Pour nous les dessinateurs, Louis de Funès devient une sorte de référence.»

Et chez les femmes? «La blonde de Marcel, Laurence, répond-t-il sans hésiter. Elle est facile à animer et elle a de bonnes répliques. J'aime son personnage. Pauline (Marois) n'est pas pire non plus mais je dois dire qu'elle représente un défi pour les animateurs, car ils la veulent très pincée», concède-t-il.

Travailler dans la maison de son enfance

Mais comment et surtout pourquoi quitte-t-on un studio branché de Montréal pour atterrir dans le sous-sol même pas fini de la maison de son enfance, à Saint-Maurice?

Dany Carpentier ne s'en cache pas, il a beaucoup aimé son enfance dans ce petit village de la Mauricie et c'est le genre de vie dont il rêvait pour ses propres enfants: Ulysse et Tomas.

«Je ne me voyais pas élever des enfants à Montréal et encore moins en banlieue. J'ai eu une enfance très heureuse ici.»

Or, voilà que pendant qu'il travaillait depuis un an et demi pour Et Dieu créa... Laflaque, une offre alléchante arrive du côté de l'équipe d'animation de Tripping The Rift qui débutait sa deuxième saison.

«On me demandait si ça m'intéressait de joindre leur équipe. En plus, c'était de l'animation Key Frame, sans capture de mouvements. C'est de la vraie animation. Je devais faire un choix. En plus, j'avais un peu envie de changement. On venait d'avoir notre premier enfant. Alors, j'ai dit à ma boss: je suis prêt à partir, j'ai une offre intéressante. C'est là que j'ai négocié. Je restais avec Vox populi, mais à la condition de pouvoir travailler de mon domicile. Deux jours après, on m'a répondu que Vox populi voulait bien essayer le travail à distance.»

Il  y a quatre ans, Dany Carpentier revient donc non seulement dans son village natal mais dans la maison de son enfance qu'il s'empresse d'acheter.

Ses parents avaient transformé la grande maison de Saint-Maurice en deux loyers après le départ de leurs enfants. Dany habite maintenant un des loyers avec sa petite famille et sa mère, Madeleine Pouliot, le deuxième.

Dany utilise Internet via sa ligne téléphonique et ça fonctionne très bien. «Pour mes besoins, c'est parfait. En quatre ans, j'ai eu une panne d'au plus 20 minutes. Je n'ai pas à me plaindre.»

L'animateur 3D se dit comblé à Saint-Maurice et ne souhaite pas retourner travailler à Montréal.

Mais le plus grand avantage, c'est sans doute de voir le petit Ulysse rejoindre papa au travail le matin, tous les deux toujours en pyjama, et se jucher sur sa chaise pour voir par-dessus son épaule les bonhommes qui s'animent sur son écran.

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