Du groupe initial de 1998 ne reste que deux membres fondateurs, Denis Massé et Dominique Lemieux. Les départs successifs de Fred Pellerin, d'Anne Tessier et de Jeannot Bournival ont amené des changements de personnel au fil des albums.
Le quatrième est coloré des talents de Pascal «Per» Veillette, Luc Murphy, Mario Giroux et David Robert, en plus de ceux du duo fondateur. L'ancien membre Jeannot Bournival signe la réalisation de l'album qui a été enregistré au studio Champagne à Terrebonne ainsi qu'au chalet de création Aux berges du Lac Castor à Saint-Paulin.
«Moi, j'ai grandi dans une famille de musiciens et j'ai commencé à jouer de la guitare. Le fait de privilégier notre genre de musique est une question d'intérêt et non une question de se conformer à un style. Denis et moi, on a commencé à faire de l'animation ensemble et on s'est intéressés à la chanson traditionnelle», raconte Dominique Lemieux.
Denis Massé et Dominique Lemieux sont amis depuis l'école secondaire. S'auto-qualifiant d'entertainer, le premier était particulièrement attiré par le conte. L'ajout de la chanson traditionnelle dans les collaborations des deux amis a mené à la formation des Tireux d'Roches, un groupe dont les attaches demeurent en Mauricie.
Si deux des membres du groupe demeurent à Montréal, les autres ont leur adresse à Saint-Sévère, Saint-Léon-le-Grand, Saint-Élie-de-Caxton et Saint-Étienne-des-Grès. «C'est important pour nous de tenir nos pratiques en Mauricie. J'y tiens!», lance Denis Massé avec conviction.
Le premier album du groupe, La boîte de silence, a été lancé en 1999, avant J'joue mon air en 2002 et Roches... papier, ciseaux en 2006. Le nouveau, Cé qu'essé, a été lancé à Montréal mardi et à Trois-Rivières mercredi.
«En spectacle, on a un son assez rock. Sur disque, c'est différent. Le groupe est composé de très bons solistes. On ressort chacun avec nos solos. L'approche est plus subtile. En show, il s'agit plus de faire sauter le plafond!», décrit Denis Massé.
«Quelques chansons et airs appartiennent au domaine public, mais je dirais que 75 % de l'album est composé par nous», note-t-il. Cet album est façonné de la touche des six musiciens actuels. «L'autre album (Roches...) avait été créé à trois et enregistré à six», fait remarquer Dominique Lemieux en évoquant l'arrivée des nouveaux membres.
Des horizons différents
L'harmoniciste Pascal Veillette a joint le groupe lors de l'enregistrement de Roches... Luc Murphy s'y est également ajouté en 2005 au retour d'un séjour de cinq ans en Asie («Je jouais et chantais du répertoire plus pop-rock dans les hôtels chics», précise-t-il). Le batteur David Robert a remplacé Francis Roberge plus tard, entre les deux derniers albums.
«Je ne connaissais pas beaucoup la musique trad, mais j'aimais la musique irlandaise. En connaissant Les Tireux d'Roches, j'ai découvert une musique et des musiciens qui avaient beaucoup de coeur, une musique sincère, qui venait des tripes», commente Luc Murphy, qui joue de la flûte traversière, des saxophones et clarinettes sur l'album.
Pascal Veillette ne se laisse pas définir par les style musicaux non plus. Ce diplômé en musique a déjà joué avec Céline Dion et participé à des dizaines d'enregistrements d'albums de divers artistes. «Pour moi, il n'y a pas de contraintes de genre, tant que ça sonne bien. Le but n'est pas de faire une toune trad, mais de faire une bonne toune», considère-t-il.
Les musiciens du groupe mentionnent aussi le plaisir de jouer ensemble, de «communiquer par la musique». «Aussi, on apprend. Moi, je le prends comme une espèce de formation. On se créé par les Tireux. C'est comme aller à l'école», commente Pascal Veillette. «...mais que t'as le goût d'y aller!», ajoute Dominique Lemieux.
Les Tireux internationaux
Insister pour s'enraciner en Mauricie n'implique pas que les Tireux d'Roches se contentent du marché local pour diffuser leur musique. Le groupe a déjà joué dans les États de New York, de la Californie et du Vermont, dans huit des dix provinces canadiennes et en France à plusieurs reprises.
«On a un bon public en France», se réjouit Denis Massé. À l'occasion des célébrations du 400e anniversaire de fondation de la ville de Québec, la région d'origine de Samuel de Champlain, le Poitou-Charentes, a organisé des événements commémoratifs.
Dans ce cadre, Radio France 2 recherchait un groupe québécois «festif», a découvert Les Tireux d'Roches et les a invités.
«On a fait une grosse tournée, jumelée avec un groupe français. On a eu beaucoup de visibilité par les spectacles et la couverture médiatique. Entre 15 000 et 20 000 personnes ont dû nous voir en spectacle, soutient Denis Massé, en évoquant des noyaux de fans plus intenses dans les régions de Dijon et de Poitiers.
Le succès du groupe en France est assez considérable pour que les musiciens incluent ce public dans les remerciements de leur pochette de CD («Au public de France qui ne compte pas les kilomètres pour venir nous entendre et pour les nombreuses bouteilles offertes»).
Bouteilles? C'est que les hôtes et les fans français des Tireux d'Roches sont très généreux dans les cadeaux, la plupart alcoolisés. «Comme on ne peux pas ramener tout ça dans l'avion, on redonne les bouteilles avant de partir!», sourit Dominique Lemieux, étonné que des Français fassent des centaines de kilomètres pour voir un spectacle du groupe.
Deux tournées sont prévues en France en 2010 pour la formation mauricienne, en mai et en octobre. Même s'il a joué dans de nombreux festivals de musique folk au Canada anglais, le groupe souhaite se concentrer sur le marché francophone. «On raconte beaucoup entre les chansons, alors c'est plus la francophonie qui nous intéresse», conclut Denis Massé.











