Vice-protecteur du citoyen en semaine dans ses bureaux de Québec, le Trifluvien se transforme volontiers en metteur en scène les week-ends, quelques mois par année, histoire de s'adonner à sa passion de toujours pour le théâtre.
Avocat de profession, Marc-André Dowd vient de terminer un mandat de cinq ans au titre de vice-président à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse à Montréal. Il en ressort particulièrement fier de la Politique québécoise de lutte contre l'homophobie qui a été adoptée en décembre dernier par le gouvernement et qui s'inspire très fortement des travaux qu'il a conduits à cette Commission.
Depuis mai, il a déménagé ses pénates à Québec, là où son nouveau titre de vice-protecteur du citoyen l'amène à vivre un nouveau défi professionnel qui le ravit. Parmi les dossiers qu'il a sur son bureau, il se penche actuellement sur l'imposant dossier des personnes détenues qui présentent des problème de santé mentale, histoire de voir dans quelle mesure les services de santé sont organisés à ce niveau, tout en assurant la sécurité.
Voilà de très gros dossiers, qui ne l'empêchent toutefois pas de se pencher par les temps qui courent sur la pièce La leçon d'histoire. Chaque année, il se réserve une production au menu du Théâtre des Gens de la place (TGP) à Trois-Rivières. D'ailleurs au cours de la dernière décennie, les seules fois où il a passé son tour au théâtre, fatigué qu'il était au moment de soumettre un projet, il l'a regretté en cours de saison, une fois la fatigue passée, raconte-t-il.
Marc-André Dowd voit, dans cette double occupation, une très heureuse manière de combiner ses intérêts profonds. «Le théâtre, c'est mon petit côté givré. C'est ce qui me permet de m'éclater dans la fantaisie, dans l'humour et dans la folie. Au théâtre, tout est possible.»
Or entre son hobby et sa profession, il constate certains dénominateurs communs. «Je suis gestionnaire dans la vie et dans le fond, le théâtre, c'est une pure gestion de projet. Tu gères un projet, une équipe, et tu partages ta vision», observe-t-il. «On part de rien pour bâtir et ensemble, pendant trois mois, on va tous travailler vers une même vision. Dans l'interprétation, la musique, ou les décors, tous les éléments d'un spectacle vont dans le même sens. Le propre de la mise en scène, c'est que tout soit clair et cohérent.»
Mais encore, dans ses foncions officielles comme dans ses loisirs, il mise sur la créativité et l'innovation. «Des deux côtés, j'aime surprendre et sortir des sentiers battus.»
D'ailleurs selon lui, le théâtre n'est pas étranger à sa manière de travailler en hautes sphères. «Il y a une liberté que je dois prendre au théâtre. Avec un petit budget, tu dois monter un Château de Versailles», donne-t-il en exemple. «Ce côté-là nourrit l'imagination et dans mes fonctions professionnelles, je ne m'arrête plus à des questions de budgets. J'ai cette faculté d'être assez imaginatif.»
Direction théâtre, direction Trois-Rivières
Marc-André Dowd a monté sa toute première mise en scène en cinquième secondaire au Séminaire de Trois-Rivières. Il a continué de s'amuser au théâtre au Cégep de Victoriaville, en marge de ses études en sciences humaines, pour ensuite intégrer la Jeune Compagnie Théâtrale à Trois-Rivières, devenue le TGP.
Aussi bien dire que le théâtre a toujours été dans les coulisses de sa vie, et il y a fort à parier qu'il en sera encore longtemps ainsi. Ceci dit, Marc-André Dowd n'a jamais voulu s'en faire un métier. «Je pense que j'avais un besoin de sécurité trop important», analyse-t-il. «J'avais besoin d'une paye aux deux semaines et je ne regrette pas mon choix. Actuellement, j'ai vraiment le meilleur des deux mondes.»
Comme vice-protecteur du citoyen - Prévention et innovation, le gestionnaire se réjouit de pouvoir se réaliser en travaillant dans des domaines variés, touchant à des lois aussi bien en environnement qu'en justice, en immigration ou en santé, entre autres.
Dans tous ces domaines, il peut intervenir selon ses propres initiatives. Contrairement à son collègue qui travaille directement au traitement des plaintes du public, Marc-André Dowd peut voir si, au-delà des plaintes individuelles, le problème ne reposerait pas sur le mauvais fonctionnement d'un système dans son ensemble. Sa réflexion s'y approfondit.
Au théâtre, il aime aussi réfléchir sur un groupe. «Je me rends compte qu'en général, je choisis des pièces où il y a un groupe, une famille. J'aime la complexité des groupes et les relations entre tous ces gens.» Ces dernières années, il a visité les relations familiales dans Mambo Italiano et Un air de famille, alors qu'avec La leçon d'histoire actuellement, il visite les relations dans un groupe d'étudiants.
Pour s'adonner à son art, sa ville natale a toujours été son lieu de prédilection. «Ce que je trouve magnifique à Trois-Rivières, c'est qu'il y a là une qualité d'interprétation extraordinaire et une grande qualité sur le plan des installations techniques.»
Mais encore, Trois-Rivières lui permet de profiter d'un beau terrain de jeu. «À Montréal, il y a tellement d'offres de théâtre professionnel que le théâtre amateur ne parvient pas à s'y tailler une place mais à Trois-Rivières, on est capable d'aller chercher 600 à 800 spectateurs pour une production. Le théâtre semi-professionnel occupe ici une place prépondérante.»











