L'abandon d'Ottawa

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Carol Néron
Le Quotidien

Les producteurs de bois d'oeuvre de quatre provinces canadiennes, dont le Québec, viennent de se voir infliger une taxe à l'exportation vers les États-Unis de 10% par le Tribunal international d'arbitrage de Londres. La ponction prendra fin quand les Américains auront empoché 50 millions$.

Cette amende fait suite à une plainte déposée il y a quelque temps par nos voisins. Ceux-ci se plaignaient d'un dépassement des quotas de livraison, chez eux, de bois canadien. «Ça ne peut arriver à pire moment», résume, fataliste, André Tremblay, de Produits forestiers Saguenay (PFS).

 

Est-ce que cette mécanique infernale s'arrêtera un jour? La question, en effet, est sur toutes les lèvres de ce côté-ci de la frontière. D'ailleurs, de plus en plus d'industriels et de syndicats oeuvrant dans le secteur de la forêt se doutent de la réponse. Tous refusent de croire, cependant, que les choses se rendront jusqu'au point de non-retour!

Au chevet de l'agonisant

L'intermède du long congé pascal n'enlève rien à la gravité de la crise au sein de l'industrie forestière. Jeudi prochain, la Conférence régionale des élus (CRÉ) fera le point avec les principaux intervenants de ce secteur d'activité. Les députés provinciaux et fédéraux, toutes couleurs confondues, les ministres Lebel, Blackburn et Simard, ont aussi été appelés au chevet de l'agonisant dans l'espoir, probablement vain, de mettre la main sur le remède-miracle qui pourrait lui sauver la vie.

Pendant que, au Canada, les experts débattent entre eux du droit ou non du gouvernement fédéral, de venir en aide légalement à l'industrie forestière, les usines continuent de fermer, le flot de chômeurs grandit et le sort d'AbitibiBowater «notre GM, ainsi que l'illustrait récemment, de belle façon, la chef de l'Opposition officielle à l'Assemblée nationale, Pauline Marois demeure toujours incertain. Le plus décourageant, c'est que les deux paliers de gouvernement, en particulier Ottawa, ne donnent pas du tout l'impression de vouloir s'intéresser de très près au dossier.

Chez Stephen Harper, le mot d'ordre peut se résumer à ceci: «Nous avons les mains liées par l'entente sur le bois d'oeuvre avec les Américains, point à la ligne!» Québec semble satisfait de s'inscrire dans cette logique. En autant qu'Ottawa soit concerné, cette attitude se décrit de façon plutôt simple: manque de volonté politique!

// La suite de cet éditorial de Carol Néron est disponible dans votre Quotidien.

 

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