Sans vouloir plastronner, je ne peux m'empêcher de rappeler que j'ai à plusieurs reprises écrit dans ces pages que l'autoroute de la Réserve des Laurentides coûterait au moins un milliard. Je passais pour un rabat-joie et un pisse-vinaigre. Le maire de Saguenay a même jugé bon, du haut de son autorité et de sa popularité, de déclarer sans ambages qu'après avoir examiné tout ça, le chiffre de 550 millions était indubitable. Débat inutile!
Donc, les coûts seront de plus d'un milliard et le chantier ne sera pas complété avant 2013. Sur ce dernier aspect des choses, rappelons-nous que les politiciens de tous bords (le maire Tremblay inclus) étaient formels: ça sera terminé en 2009! Ce qui était totalement chimérique. Je l'avais dit aussi. Et je peux vous dire que ce sera davantage 2015 que 2013. On verra bien! Mais ayant été à la tête du ministère des Transports pendant trois ans, et par conséquent connaissant bien les contraintes et les lourdeurs inhérentes à des projets d'une telle envergure, je ne pense pas me tromper.
Et sans vouloir encore une fois jouer les trouble-fête et les empêcheurs de danser en rond, je me permets de signaler les effets pervers d'un investissement aussi massif sur une période aussi longue. Concrètement, je veux dire par là qu'un milliard cent millions sur une dizaine d'années pour un seul projet, cela signifie que, à toutes fins pratiques, tous les autres sont gelés pour la même durée. Comment pensez-vous que ça fonctionne dans les hautes sphères de l'appareil de l'État et au Conseil du Trésor? En matière de travaux routiers, dès qu'il est question du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le chiffre d'UN MILLIARD clignote comme une grosse enseigne au néon. Et tous les autres projets concernant notre région sont ipso facto mis en dormance. Ce qui veut dire par exemple que le parachèvement de l'autoroute Alma-La Baie est reporté aux calendes grecques.
Et tous ceux qui, autre exemple, empruntent la 169 dans la Réserve des Laurentides pour aller à Québec se rendent déjà compte qu'ils circulent sur une route qui se transforme inéluctablement en piste afghane. Et vous n'entendez pas un élu protester. Ils sont tous résignés!
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