À Saguenay, donc, la candidature tardive de Michel Potvin aura modifié le scénario. La propagande, les annonces spectaculaires de grands projets comme l'inauguration pompeuse de réalisations impressionnantes, ne suffiront plus. Le peuple souverain souhaitera un véritable débat des affaires publiques de Saguenay. Et ce, même s'il approuve en très grande majorité, selon les sondages, la façon dont les élus gèrent la septième ville du Québec.
La démocratie selon Lincoln
Car, le slogan passe-partout «le citoyen d'abord» perd tout son sens si le pouvoir prend des allures de monarchie. La démocratie, c'est le gouvernement de tous, «le gouvernement, selon la formule d'Abraham Lincoln, du peuple, par le peuple, pour le peuple». Les plus grands esprits ne résistent pas à l'ivresse du pouvoir absolu où germe le patronage. Malgré les mécanismes de protection, les scandales éclatent partout dans le monde où l'opposition est absente ou tout simplement anéantie.
La transparence et la discussion ouverte des affaires publiques sont les plus efficaces remèdes aux maux qui assaillent la démocratie. À Saguenay, la population aimerait sans doute assister à un véritable examen de la situation municipale. Plusieurs questions du candidat Michel Potvin demeureront-elles en suspension jusqu'au scrutin? Notamment, sur le présumé déficit de la présente année financière et sur la dette.
Au lancement de sa campagne comme devant le Cercle de presse, l'ancien président du syndicat des producteurs laitiers du Saguenay?Lac-Saint-Jean a prétendu, qu'après avoir administré les deniers publics comme un bon père de famille, l'exécutif de Saguenay dépense sans retenue avec la carte de crédit. La dette a gonflé de 168 à 196 millions$ de 2004 à 2008. Il se demande aussi quelles dépenses cachent l'article «autres» dans le budget.
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