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Denis Bouchard
Le Quotidien

Seize ans à la barre d'une ville! Jean Tremblay entrera dans l'histoire moderne des municipalités québécoises à la fin de son mandat. Ironiquement, il rejoindra celui qu'il a battu en 1997, dans l'ancienne ville de Chicoutimi, le défunt Ulric Blackburn, qui avait duré 16 ans jusqu'à ce que le notaire Jean Tremblay délaisse son étampe pour le martinet.

Le maire-roi atteint donc un niveau d'appui hors du commun, ce qui constitue un exploit en démocratie. Cela relègue son challenger Michel Potvin dans l'ombre, un sort qui n'a rien à voir avec sa personnalité et ses capacités. Michel Potvin aura fait face à un phénomène incroyable de popularité. Son adversaire marche sur les eaux! Potvin aurait intérêt à se faire connaître et un poste de conseiller aurait certainement contribué à sa notoriété.

Nombreux chantiers

D'ici 2013, Jean Tremblay ne devra pas s'asseoir sur l'appui exceptionnel que les électeurs de Saguenay lui ont accordé, car les défis sont nombreux. Outre les grands chantiers en cours, notamment le village portuaire de La Baie, la relance des centres-villes de Chicoutimi, Jonquière et Kénogami et la salle de spectacles, la prochaine administration devra prendra en compte le ras-le-bol et le cynisme démobilisateur de l'ensemble des Québécois à l'égard des moeurs de certains élus.

Comme le maire Tremblay aime bien les nouvelles initiatives et se targue souvent d'être un précurseur en matière de gestion municipale, il pourrait marquer le pas dans ce domaine. Il ne fait plus aucun doute que les contribuables souhaitent que leurs élus lavent plus blanc que blanc et que la transparence, l'ouverture et les règles d'attribution des contrats et des emplois municipaux soient respectées sans aucune mais aucune concession.

Le maire devrait régler cette question dans les premières heures de son nouveau mandat en offrant aux électeurs la possibilité de suivre, en temps réel sur l'internet, l'attribution de tous les contrats de quel que nature qu'ils soient, avec ou sans soumission, que la ville consent. C'est vrai que les lois municipales permettent à quiconque d'obtenir ces informations à travers des procès verbaux, mais l'heure est à la simplification et la transparence.

Toujours en cette matière, le maire aura à concilier dans ce mandat sa vision du rôle des conseillers municipaux avec celle exprimée par des électeurs dans le dernier sondage de la firme Segma Recherche effectué pour le compte du Quotidien et Astral Media. D'une part, le maire affirme qu'une opposition autour de la table du conseil est si improductive qu'elle a un impact négatif sur le compte de taxes et l'endettement, alors que «pour une bonne gestion de la Ville, un peu plus de trois répondants sur quatre (77%) affirment qu'il est préférable d'avoir des conseillers qui peuvent exprimer leur dissidence sur certains dossiers que des conseillers unis derrière le maire (21%); 71% des partisans du maire préfèrent des conseillers libres d'exprimer leur dissidence», nous a appris le sondage.

// La suite de ce texte est disponible dans votre Quotidien.

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